Près de soixante jeunes religieuses issues de plusieurs congrégations du Cameroun ont participé, du 5 au 10 juillet, à une session de formation consacrée aux défis du numérique dans la vie consacrée. Cette rencontre, organisée au Centre spirituel « La Feuillette » de Ngoya, dans le diocèse d’Obala, s’inscrivait dans le cadre du programme de formation « La Locomotive ».
Pendant cinq jours, les participantes ont été outillées et invitées à porter un regard critique sur les transformations induites par les écrans, les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle dans la vie religieuse contemporaine. Bien plus qu’un simple outil technique, le numérique façonne désormais les modes de pensée, les relations humaines ainsi que le rapport à l’autorité, à la vérité et à Dieu.
Sans condamner les technologies numériques, la formation a mis en avant leur potentiel pour l’évangélisation, la formation permanente et la pastorale vocationnelle. Elle a néanmoins souligné plusieurs risques : les dépendances affectives virtuelles, l’érosion du silence intérieur, la dispersion cognitive, l’affaiblissement du discernement et les nouvelles formes de conflits communautaires liés aux écrans.
Le numérique étant devenu un continent missionnaire, les religieuses ont été exhortées à l’habiter avec discernement. D’où la nécessité de s’interroger sur le devenir de la femme consacrée lorsque le numérique façonne davantage son identité que l’Évangile.
S’appuyer sur l’enseignement du pape Léon XIV
Une part importante des travaux a porté sur les intuitions développées dans Magnifica Humanitas, concernant la dignité humaine, les nouvelles formes d’aliénation numérique et la nécessité de préserver une présence humaine authentique face aux logiques algorithmiques. La formule « traiter le numérique avant qu’il ne nous traite » a servi de fil conducteur tout au long de la semaine.
Les sessions ont également abordé des aspects pratiques : la cybersécurité, la gestion du temps d’écran, l’usage responsable de l’intelligence artificielle et la préservation de la vie communautaire, de la chasteté consacrée et du silence intérieur.
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Au terme de la session, les participantes ont adopté les « douze commandements de la religieuse à l’ère du numérique », une charte destinée à favoriser la maturité affective et à protéger la dignité humaine dans les espaces numériques. Parmi les recommandations figurent la préservation des temps communautaires face aux sollicitations numériques, la résistance à l’immédiateté, la vérification des informations avant leur diffusion et le refus de toute forme de double vie numérique.
Sœur Marie-Louise Manga, membre de la congrégation des Sœurs de la Croix de Chavanod et principale responsable de « La Locomotive », a dressé un bilan largement positif de cette session 2026, qu’elle qualifie de véritable temps de grâce et de prise de conscience pour les jeunes professes. Elle s’est dite particulièrement touchée par l’intérêt, l’écoute et l’engagement manifestés par les participantes tout au long des travaux.
Selon elle, les jeunes religieuses ont pris conscience que le numérique, mal maîtrisé, peut devenir « un voleur de joie, de paix intérieure et de temps », mais qu’il peut aussi devenir, lorsqu’il est utilisé avec discernement, un véritable instrument de mission. Sœur Manga a souligné que la formation a permis aux participantes d’apprendre à mieux gérer leur exposition aux écrans, à discerner leurs habitudes numériques et à réguler leur présence sur les réseaux sociaux, tout en renouant avec les repères fondamentaux de la vie religieuse : la prière, le silence, la fraternité et la recherche de Dieu.
Elle a par ailleurs salué la qualité des échanges menés durant les travaux de groupe, qu’elle a jugés « édifiants », estimant que la session a suscité chez les jeunes consacrées le désir d’un usage responsable du numérique, ainsi que celui d’approfondir leur vie intérieure.
La session a également comporté un temps fort spirituel, avec une adoration du Très Saint-Sacrement organisée le jeudi soir, au cours de laquelle les prêtres de la communauté ont proposé le sacrement de la réconciliation aux participantes. La rencontre s’est conclue par une soirée récréative, marquée par des sketches, des chants et des mises en scène restituant avec créativité les enseignements reçus durant la semaine.
La prochaine session de « La Locomotive » se tiendra du 2 au 7 août 2026, toujours à Ngoya, dans le diocèse d’Obala, avec des ateliers destinés à approfondir les enseignements reçus.
La Rédaction
Autres sources consultées : Vatican news