
Lubumbashi, 21 septembre 2025 – Après plusieurs mois de fermeture suite à une profanation, la Paroisse Saint François d’Assise a rouvert ses portes ce dimanche, lors d’une célébration eucharistique présidée par Mgr Fulgence Muteba, archevêque métropolitain de Lubumbashi.
Fermée le 3 juin dernier à la suite d’actes de profanation perpétrés par des individus non encore identifiés, la paroisse retrouve désormais sa vie pastorale. La liturgie a débuté par un moment de « kitubio » (repentance, en swahili), invitant les fidèles à implorer la miséricorde de Dieu, avant de se poursuivre par la liturgie de la Parole du 24ᵉ dimanche de l’année impaire.
Dans son homélie, l’archevêque a exprimé sa profonde indignation face aux actes qui avaient conduit à la fermeture du lieu de culte. « La maison de Dieu n’est pas un poulailler, c’est un lieu sacré, un lieu de partage de la Parole, de réconciliation, d’amour et de conservation du corps du Christ », a-t-il déclaré.
Mgr Muteba a rappelé l’exemple du Christ chassant les profanateurs du Temple de Jérusalem, justifiant ainsi la fermeture provisoire de la paroisse pour réparation spirituelle. Il a assuré que les auteurs de ces actes ne resteront pas impunis, même si leurs identités n’ont pas été dévoilées. «Les objets liturgiques méritent un grand respect, car Dieu a le pouvoir sur toute chose et fait preuve d’une patience infinie », a-t-il ajouté.
Avant de clore la première partie de son intervention, l’archevêque a insisté sur la nécessité de renforcer la sécurité de la paroisse et de veiller à ce que de tels actes ne se reproduisent plus. «Aucune force du mal ne saura ébranler l’Église catholique. Ceux qui pensent mener une guerre contre elle ne réussiront pas », a-t-il martelé, appelant les fidèles à un sursaut de foi et de détermination.
Dans la deuxième partie de son message, Mgr Muteba a établi un parallèle entre les mises en garde du prophète Amos et la situation sociale actuelle à Lubumbashi. « La capitale du cuivre reste paradoxalement le fief d’une population pauvre et exploitée », a-t-il dénoncé, rappelant que « Dieu ne peut jamais être heureux tant qu’il y a exploitation des pauvres ».
S’appuyant sur l’Évangile du jour, il a dégagé trois enseignements majeurs :
La prévoyance spirituelle : «Soyons prévoyants comme le gérant de l’Évangile, en évitant la fraude et en suivant le Christ avec intelligence et fidélité. »
Le rapport à l’argent : « Nul ne peut servir Dieu et l’argent. Cherchons l’argent avec dignité, sans recours à des stratégies malhonnêtes. Ne soyons pas esclaves de l’argent, mais utilisons-le pour nous rapprocher de Dieu et du prochain. »
La reconnaissance de la grâce : « Beaucoup cherchent du travail et, une fois comblés, oublient le Seigneur. Restons reconnaissants à Dieu en toutes circonstances. »
La célébration a marqué un tournant pour la communauté chrétienne locale, qui retrouve son église après des semaines de tristesse et de silence. L’archevêque a conclu en invitant les fidèles à faire de la paroisse Saint François d’Assise un lieu de prière, de paix et de protection, désormais à l’abri des forces du mal.
La Rédaction.
Source: Alphonse de Lubumbashi