Le Burkina Faso a marqué un tournant historique en Afrique en annonçant, le 11 septembre 2025, la gratuité des visas pour l’ensemble des ressortissants africains. Cette décision, à forte portée symbolique et pratique, s’inscrit dans une logique panafricaniste et vise à renforcer l’intégration du continent. Pendant ce temps, des pays comme la République Démocratique du Congo (RDC) maintiennent encore des frais de visa pour les citoyens africains.

À Ouagadougou, les autorités de transition ont insisté sur le fait que la gratuité n’équivaut pas à la suppression des visas. Les voyageurs doivent toujours soumettre une demande en ligne, mais ils ne paieront plus aucun frais. Une mesure qui, selon le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, veut “raffermir les liens historiques de fraternité entre les peuples africains”.

En RDC, la réalité est tout autre. Les ressortissants africains doivent s’acquitter de frais pour obtenir un visa, parfois jugés élevés. Selon le barème officiel, un visa d’entrée unique coûte environ 105 USD, tandis qu’un visa d’affaires à entrées multiples peut atteindre 250 USD, des tarifs qui restent un frein à la mobilité intra-africaine.
Le Burkina Faso espère tirer profit de cette mesure par une augmentation du tourisme, des voyages d’affaires, des échanges culturels et de la mobilité académique. Le pays rejoint ainsi le club restreint des États africains pionniers dans la facilitation des déplacements, comme le Rwanda et le Bénin.
La RDC, quant à elle, dispose d’un immense potentiel touristique et économique, mais le maintien de frais de visa décourage certains voyageurs africains. Dans un contexte continental où l’Union Africaine encourage la libre circulation des personnes et l’adoption d’un passeport unique africain à travers son Agenda 2063, Kinshasa apparaît comme restant en retrait.
Le contraste est saisissant : d’un côté, Ouagadougou choisit l’ouverture et l’accessibilité, envoyant un signal fort en faveur de l’unité africaine. De l’autre, la RDC persiste dans une logique classique de tarification des visas, privilégiant des recettes immédiates mais freinant l’intégration continentale.
Cette divergence met en lumière deux approches opposées de la construction africaine : une vision panafricaniste tournée vers l’intégration et la mobilité, et une vision encore marquée par les frontières héritées.
La Rédaction, depuis Ouagadougou.