Crise en RDC : Des organisations locales au chevet de l’environnement et de la prévention sanitaire.

Crise en RDC : Des organisations locales au chevet de l’environnement et de la prévention sanitaire.

Les Organisations communautaires comme FUDEI, FEJADI Asbl, VCD, UFDCO et AVPH en province du Nord-Kivu, sont intervenues dans les activités de développement, ce 26 septembre 2026 en ville de Goma et en territoire de Nyiragongo. C’est à l’occasion de la Journée Mondiale du nettoyage que ces organisations se sont décidées de se rapprocher de la communauté pour assainir le marché Ki30 à Goma. 

A l’Est de la RDC, les crises qui affectent les communautés ne se limitent non pas seulement aux questions de la sécurité mais bien plus aux conditions de vie, à l’environnement, à la santé et à l’accès à certains services communautaires de base. Dans cette optique, les organisations humanitaires tentent de faire un plus pour atténuer les crises. Depuis le 20 septembre, la démarche de ces organisations a reposé sur des actions simples mais valorisantes : mobiliser les habitants pour maintenir leur milieu propre, les sensibiliser sur les conséquences de l’insalubrité et renforcer les connaissances sur les moyens de prévention contre les maladies de mains sales, les épidémies comme la maladie à virus d’Ebola. 

Cette mobilisation a réuni une trentaine de membres, et mis en avant la participation des femmes dans la recherche des solutions locales face aux difficultés qui touchent les communautés de l’Est de la République Démocratique du Congo. 

Du nettoyage de la Ville de Goma pour protéger la communauté

Ces organisations communautaires n’ont pas choisi le marché Ki30 par hasard dans la commune de Karisimbi ; elles ont préféré embellir ce lieu public au motif qu’il est le berceau de la vie, c’est là où la communauté s’approvisionne et se procure à manger.

« Nous sommes venues nettoyer notre base de restauration, nous voulons accompagner les mamans de petit commerce à faire mieux leurs activités dans un coin assaini. »

De la sensibilisation aux actions concrètes, les membres de ces organisations ont procédé au nettoyage du marché avant de sensibiliser la communauté sur la nécessité de maintenir cet espace propre et de contribuer à son assainissement. L’activité ne s’est donc pas limitée au ramassage des déchets. Elle a également cherché à encourager une prise de responsabilité collective, notamment autour de la gestion des déchets et de la réduction de l’utilisation du plastique.

Pour Rachel MULULU KISONIA, coordonnatrice de Femmes Unies pour le Développement Endogène et Intégral (FUDEI), l’action environnementale doit partir de la communauté elle-même.

« Notre organisation veut que chaque membre de la communauté comprenne que la propreté de notre ville est une responsabilité partagée. Nettoyer un marché aujourd’hui ne suffit pas : il faut surtout apprendre à le garder propre chaque jour et réduire les comportements qui favorisent l’accumulation des déchets. Cette activité illustre ainsi une forme de réponse locale à un problème quotidien. Elle montre que les habitants peuvent être directement associés à l’entretien de leur environnement et à la prévention des risques liés à l’insalubrité », a-t-elle enrichit.

De la prévention sanitaire

Le travail communautaire de ces organisations ne s’arrête pas à l’environnement. Elles interviennent également dans la sensibilisation de la population sur les questions sanitaires. Parmi les préoccupations abordées est figurée la prévention contre la maladie à virus Ebola. La sensibilisation a visé notamment à rapprocher les informations sanitaires des communautés et à encourager l’adoption des comportements préventifs recommandés par les autorités sanitaires.

Pour Rachel KASIKILA, de la FEJADI ASBL, la prévention passe d’abord par une population correctement informée. «La prévention commence par l’information communautaire. Lorsque la communauté connaît les signes de la maladie, les comportements à éviter et les mesures à prendre en cas de suspicion, elle peut mieux contribuer à protéger les familles et les personnes qui l’entourent et ainsi éradiquer la maladie.»

Cette approche a placé la sensibilisation au cœur de la prévention pour pérenniser l’activité. Elle permet aux organisations communautaires de rapprocher les messages de santé des populations et de rappeler que la prévention ne repose pas uniquement sur les structures sanitaires.

Des femmes pour des réponses locales

L’approche par le genre permet de regarder ces initiatives sous un autre angle. Les femmes sont souvent directement concernées par les conséquences des crises sur la santé, les familles et les conditions de vie. Mais elles participent également à la recherche et à la mise en œuvre des réponses.

La présence de Rachel MULULU KISONIA à la coordination de la FUDEI, de Rachel KASIKILA à la FEJADI ASBL et de Stefanie KANYALI au niveau de l’UFDCO montre la participation des femmes dans la conduite d’organisations engagées auprès des communautés. Rachel MULULU KISONIA pourrait également mettre l’accent sur cette responsabilité féminine: « Les femmes, tel qu’elle le répète, ne doivent pas être considérées uniquement comme des personnes affectées par les crises. Elles sont aussi capables d’organiser, de sensibiliser et de proposer des solutions. Lorsqu’une femme participe à une action communautaire, elle peut aussi mobiliser sa famille et son entourage autour de cette action. » 

L’enjeu du genre consiste ainsi à rendre visibles les femmes non seulement comme personnes concernées par les crises, mais aussi comme actrices des réponses apportées sur le terrain.

VCD et UFDCO: renforcer la mobilisation communautaire

La participation de VCD et de l’UFDCO, représentées par Madame Stefanie KANYALI, élargit également le champ des acteurs engagés dans cette mobilisation.

Stefanie KANYALI tente d’expliquer cette approche: « Nos communautés ont besoin d’être associées aux solutions. Une organisation peut sensibiliser, mais le changement devient réel lorsque les habitants eux-mêmes comprennent leur responsabilité et commencent à adopter les bons comportements. »

Cette vision permet de rapprocher les actions de sensibilisation des réalités vécues par les habitants. Elle donne également aux femmes une place dans la mobilisation communautaire et dans la transmission des messages de prévention.

AVPH : la proximité comme moyen de prévention

L’AVPH, représentée par Monsieur KAMBALE SAAMOJA Victoire, vient également compléter ce dynamisme d’acteurs locaux. La prévention sanitaire et la sensibilisation, selon Victoire, «nécessitent une présence proche des populations, particulièrement lorsque les communautés sont confrontées à plusieurs difficultés simultanément. Face aux difficultés que connaissent nos communautés, nous devons privilégier les solutions qui partent du terrain. La sensibilisation permet de rapprocher l’information des familles et de leur rappeler qu’elles ont aussi un rôle à jouer dans la prévention et la protection de leur milieu de vie ». 

Hommes et femmes : une responsabilité partagée

Quant à l’approche genre, elle ne concerne pas uniquement la participation des femmes. Elle implique également de réfléchir à la manière dont les hommes peuvent prendre part aux actions communautaires. La protection de l’environnement, l’assainissement et la prévention sanitaire sont des responsabilités qui concernent l’ensemble de la population. Les hommes peuvent participer aux activités de nettoyage, aux campagnes de sensibilisation et à la diffusion des messages de prévention au sein de leurs familles et communautés.

C’est dans cette perspective que la masculinité positive a été abordée, fondée notamment sur la responsabilité, la coopération, le respect et la participation à la vie communautaire.

Des réponses locales face à des défis multiples

Le travail mené par la FUDEI, la FEJADI ASBL, VCD, l’UFDCO et l’AVPH montre que la réponse aux crises peut également partir de la communauté. Le nettoyage de la ville et la sensibilisation contre la maladie à virus Ebola constituent deux exemples d’actions qui rapprochent les réponses des réalités quotidiennes de la population.

Ces initiatives ne remplacent pas les responsabilités des autorités sanitaires ou publiques. Elles peuvent toutefois contribuer à renforcer la prévention, à diffuser l’information et à encourager les communautés à participer à la protection de leur environnement et de leur santé. À travers leurs activités, ces organisations rappellent ainsi que les réponses aux difficultés vécues par les communautés peuvent également se construire sur le terrain : dans les marchés, les quartiers et les espaces communautaires, à travers l’assainissement, la sensibilisation sanitaire et la participation des femmes et des hommes.

Le défi reste désormais de transformer ces actions ponctuelles en habitudes collectives et durables, afin que la protection de l’environnement et la prévention sanitaire deviennent des responsabilités partagées au sein des communautés.

La Rédaction

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