Doha, capitale du Qatar, a accueilli une signature historique entre la République Démocratique du Congo et la République du Rwanda. Une déclaration dite « des principes », censée ouvrir une nouvelle page dans les relations tumultueuses entre les deux pays. Mais à Goma, Bukavu, Bunagana ou Rutshuru, une question revient avec force : “Qui aura réellement gain de cause ?”
Pour la communauté internationale, l’accord signé à Doha est un signe positif. Il marque l’aboutissement d’intenses négociations, et laisse croire à un avenir pacifié dans la région des Grands Lacs.
Mais pour de nombreux Congolais, ce texte reste flou, sans engagement concret sur les vraies douleurs du peuple : les massacres, les déplacements forcés, les pillages miniers, et surtout le rôle présumé du Rwanda dans l’appui au M23.
Personne n’ignore que l’Est de la RDC subit depuis des décennies l’un des conflits les plus meurtriers au monde depuis la Seconde Guerre mondiale.
Plus de 6 millions de morts, des millions de déplacés, des femmes violées, des enfants soldats… Et tout cela, dans l’indifférence de nombreux dirigeants étrangers qui connaissent les faits.
Le peuple congolais ne demande pas seulement la paix, il réclame la justice, longtemps écrasée.
Les Congolais attendent que :
Le Rwanda reconnaisse clairement son rôle dans les violences en RDC.
Les groupes armés comme le M23 soient désarmés et neutralisés.
Les populations déplacées puissent rentrer chez elles.
La justice soit rendue pour les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité.
La souveraineté de la RDC soit pleinement respectée, sans compromission.

Doha pourrait être le début d’un processus de paix, si – et seulement si – les actes suivent les mots, selon les calendrier déjà tracé.
Mais si cette déclaration reste lettre morte, elle ne fera qu’ajouter une page de plus à la longue liste des promesses non tenues dans l’histoire congolaise.
Dans les rues de Goma, les avis sont partagés.
Certains espèrent un vrai changement. D’autres dénoncent une diplomatie naïve face à un agresseur déterminé.
Un habitant, rencontré dans l’axe Rond point Soda et Rond point Tchikudu, confie anonymement :
« On signe pendant que nos villages brûlent. Est-ce ça, la paix ? Kibiriezi est sous le feu depuis des années».
Un autre rétorque :
« Il faut tenter le dialogue. C’est mieux que de mourir chaque jour. Le dialogue réconcilie»
L’accord de Doha ne doit pas être une illusion diplomatique.
Il doit être le début d’un processus sincère, durable, respectueux de la dignité du peuple congolais.
Car après 30 ans de souffrance, le Congo mérite non seulement la paix, mais aussi la vérité et la réparation.
La Rédaction.