Les leaders religieux de la ville de Goma ont pris part à une séance de sensibilisation, à Goma, consacrée au reboisement et à la protection des forêts urbaines et périurbaines. Cette rencontre a réuni plusieurs acteurs engagés dans la sauvegarde de l’environnement, parmi lesquels le Révérend Abbé Emmanuel BAHATI, Attaché à la Caritas Goma.
À cette occasion, le Chef des Travaux SHABANI BIN KASONGO a présenté les résultats préliminaires de sa recherche doctorale intitulée « Gouvernance des forêts urbaines et périurbaines dans et autour de la ville de Goma en République démocratique du Congo : état des lieux et perspectives d’action ».
Le chercheur a expliqué que cette étude, entamée en 2023, analyse l’évolution des espaces forestiers de Goma depuis 1990 jusqu’en 2025, afin d’évaluer leur état de conservation, leur importance pour les populations ainsi que les mécanismes de gouvernance susceptibles d’assurer leur protection durable.
Selon lui, la ville de Goma est confrontée à un développement urbain rapide et souvent anarchique. Les espaces forestiers cèdent progressivement la place aux constructions, entraînant une disparition inquiétante des arbres et une dégradation accélérée du couvert végétal.
« Les forêts urbaines et périurbaines de Goma sont aujourd’hui en voie de disparition. Pourtant, elles constituent un patrimoine indispensable à la survie de la population et à l’équilibre écologique de la ville », a-t-il affirmé.

Au-delà de l’analyse de la dynamique spatiale des forêts, la recherche s’intéresse également à leur rôle écologique. Elle évalue notamment leur capacité à séquestrer le carbone, un facteur essentiel dans la lutte contre les effets du changement climatique.
Le scientifique a indiqué qu’un autre objectif majeur consiste à proposer un modèle de gouvernance adapté aux réalités locales, capable d’assurer une production durable des services écosystémiques au bénéfice des habitants de Goma.
Les résultats obtenus révèlent une régression spectaculaire du couvert forestier. Dans les quartiers urbains, les forêts représentaient environ 41,49 % de la superficie en 1990. En 2025, elles ne couvrent plus que 7,41 %.
La situation est tout aussi préoccupante dans les quartiers périurbains, notamment Bujovu, Lac Vert et Mugunga, où le couvert forestier est passé de 74,8 % en 1990 à seulement 8,41 % en 2025.
Pour le Chef des Travaux SHABANI BIN KASONGO, ces chiffres traduisent une déforestation massive qui menace directement l’avenir de la ville.
Les projections scientifiques réalisées dans le cadre de cette recherche sont particulièrement alarmantes. Si aucune mesure n’est prise, d’ici à 2050, l’ensemble de la ville de Goma ne disposerait plus que d’environ 1,74 % de couverture forestière, dont 0,24 % dans les quartiers urbains et 0,38 % dans les quartiers périurbains.
« Le mal est profond », a-t-il averti, estimant que la ville se dirige vers une grave crise environnementale si les tendances actuelles se poursuivent.
Face à cette réalité, le chercheur a lancé un appel à une mobilisation collective en faveur du reboisement. Il a exhorté les autorités, les confessions religieuses, les organisations de la société civile ainsi que les citoyens à s’engager activement dans la restauration des espaces verts.
Selon lui, préserver les forêts de Goma revient à protéger une ville bâtie au pied du volcan Nyiragongo, sur les rives du lac Kivu et à proximité du Parc national des Virunga, un environnement particulièrement fragile et exposé à de multiples risques naturels.
La présence des leaders religieux à cette séance de sensibilisation témoigne de la volonté d’impliquer toutes les composantes de la société dans la protection de l’environnement. Les organisateurs espèrent que ces responsables spirituels deviendront des relais communautaires pour promouvoir la culture du reboisement et sensibiliser les fidèles à la sauvegarde de la création.
J-Rostand VUSANGI M,