Kinshasa, RDC – 3 septembre 2025 – Une polémique est née au sein même du gouvernement congolais à propos de la gratuité de l’enseignement primaire dans les zones de l’Est sous occupation du groupe armé M23/AFC.
Lors d’un point de presse tenu mardi2 septembre 2025 à Kinshasa, le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a affirmé que «le gouvernement congolais ne pourra continuer à supporter la scolarité des enfants étudiant dans les zones occupées par l’AFC/M23». Une déclaration qui a immédiatement suscité des réactions et des inquiétudes dans l’opinion publique.

Mais, dans un communiqué officiel daté du 3 septembre 2025 et signé par la cellule de communication du gouvernement – département de l’Éducation – une autre version des faits a été présentée. Contrairement à l’annonce de l’Intérieur, le texte précise que la gratuité demeure une politique nationale intangible, et qu’aucune instruction n’a été donnée pour suspendre son application, même dans les zones en crise.

Selon ce communiqué, le gouvernement central réaffirme que « la gratuité de l’enseignement primaire reste un droit pour tous les enfants congolais » et que des mécanismes spéciaux seront envisagés afin de garantir ce droit dans les territoires sous occupation.
Cette divergence entre les deux ministères jette le trouble sur la réelle orientation de la politique éducative du pays. Pour certains analystes, la déclaration du ministre de l’Intérieur traduirait une frustration liée au contrôle limité de l’État dans certaines zones, tandis que le Ministère de l’Éducation insiste sur la continuité d’une réforme considérée comme l’un des principaux acquis sociaux du quinquennat présidentiel.
Au-delà de la controverse politique, ce sont des milliers d’élèves qui risquent d’être les premières victimes de ce flou institutionnel. Les familles des zones concernées attendent des clarifications urgentes et des garanties pour la rentrée scolaire.
La Rédaction