Ma nouvelle nomination dans la paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya me donne une occasion de recherche. Avec le Pape François qui exhortait que les homélies soient courtes au maximum 10 minutes, alors comme prêtre de 24 ans, proche de mon jubilé d’argent (25 ans) d’ordination sacerdotale, je peux proposer aux confrères et à d’autres chrétiens de prendre l’essentiel.
Chers frères et sœurs, aujourd’hui c’est la solennité du Sacré-Cœur de Jésus. On célèbre cette solennité le troisième vendredi après la Pentecôte. En République Démocratique du Congo, cette solennité est renvoyée au dimanche. Dans beaucoup de paroisses, le premier vendredi du mois, on célèbre le Sacré-Cœur de Jésus, voilà l’origine historique. Partout le cœur, c’est le symbole de l’amour. Jésus nous a aimé jusqu’à la croix. Il est doux et humble de cœur.
Dans l’histoire de l’Eglise, c’est le 20 octobre 1672 que le prêtre normand Jean Eudes célébra la fête pour la première fois. Mais la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus avait déjà été cultivée chez certaines mystiques allemandes du Moyen Age et chez le bienheureux dominicain Henri Suso (1295-1366). Mais ce sont les révélations reçues du Seigneur par l’intermédiaire de la religieuse Marguerite Marie Alacoque (1647-1690) qui vont contribuer à la diffusion du culte. La fête a été rendue obligatoire pour toute l’Eglise en 1856 par le Pape Pie IX (Ordo, 2025-2026).
Vivre, c’est aimer comme Dieu aime. La fête du Sacré-Cœur de Jésus nous invite à nous recentrer sur la réalité fondamentale de la Nonne Nouvelle : l’amour de Dieu manifesté en Jésus. De cet amour, l’apôtre Jean a vu le symbole dans le cœur du Christ transpercé sur la croix. En célébrant ce cœur nous réaffirmons notre foi au mystère pascal.
Dans la 1ère lecture (Dt 7,6-11), ce passage offre une relecture de l’Exode composée sous forme de testament de Moïse. C’est une méditation spirituelle sur la sortie d’Egypte, la libération de l’esclavage. « C’est par amour pour vous, et par fidélité au serment fait à vos pères, que le Seigneur vous a fait sortir par la force de sa main, et bous a délivrés maison de l’esclavage ». Conscients des fautes commises contre l’alliance, le Deutéronome insiste fortement sur le caractère gratuit de l’élection du peuple par Dieu et sur la fidélité de celui-ci, malgré les trahisons répétées tout au long de l’histoire. « Tu es un peuple consacré au Seigneur ton Dieu : c’est toi qu’il a choisi pour être son peuple particulier, parmi tous les peuples de la terre ». Au temps de l’exil, les auteurs sacrés appellent ainsi leurs compatriotes à la conversion et à l’espérance.
Nous le nouveau peuple de Dieu à partir de notre baptême pensons à notre conversion, à l’espérance malgré les temps difficiles de notre histoire. Dans un pays à la recherche de la paix ayons la foi et Dieu va répondre un jour.
Le psaume responsorial 147, qui pour refrain : « Béni soi-tu, Seigneur, Dieu de tendresse et d’amour », l’amour de Dieu se manifeste de multiples façons et en particulier par le pardon à l’humanité dont il connait la fragilité.
Dans la 2e lecture (1 Jn 4,7-16), l’idée-force de saint Jean : Dieu est amour. Il y a un très beau chant intitulé « Dieu est amour, Dieu est lumière, Dieu notre Père ». Dieu montre son amour par des signes. Le signe fondamental c’est Jésus, se livrant à la mort pour sauver l’humanité. En tant que chrétien, nous devons entrer dans ce courant d’amour. « Celui qui n’aime pas ne connait pas Dieu, car Dieu est amour ». Quand nous nous aimons nous avons part l’Esprit Saint.
Dans l’Evangile (Mt 11, 25-30), la Bonne Nouvelle est annoncée aux ‘’pauvres’’, qui ont le cœur ouvert à Dieu. Seuls ceux-là peuvent comprendre le don du Père. Cette découverte, faite en la personne de Jésus, devient source de paix et de joie, au milieu des difficultés de la vie. Le même message qui peut sembler intolérable aux uns, est douceur pour les autres.
Jésus est doux et humble de cœur. « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos ». a chaque fois que nous participons à l’Eucharistie nous devons nous poser la question si aimons vraiment Dieu et le prochain. Sans cet amour, notre culte est nul. Notre sacrifice n’est qu’un simulacre, une pièce de théâtre, qui contredit, qui détruit l’amour du Christ pour nous. Il est mort pour nous pauvres pécheurs.
Au cours de cette Eucharistie demandons la grâce de la douceur. Nous vivons dans un pays violent où l’égocentrisme gagne du terrain. Il suffit de voir la saleté de nos villes. Personne ne se pose la question à ce sujet. Ayons ce cœur qui aime à l’instar de Jésus. Que la Très Sainte Vierge Marie intercède pour nous auprès de son Fils qui est mort sur la croix afin de nous sauver.
Abbé Eugène HALERIMANA BAZIMENYERA
Paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya
Nyiragongo, le 14 juin 2026