Homélie du 14e dimanche du Temps Ordinaire/A

Homélie du 14e dimanche du Temps Ordinaire/A

Ma nouvelle nomination dans la paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya me donne une occasion de recherche. Avec le Pape François qui exhortait que les homélies soient concises, alors comme prêtre de 24 ans, proche de mon jubilé d’argent (25 ans) d’ordination sacerdotale, je peux proposer aux confrères et à d’autres chrétiens de prendre l’essentiel.

Homélie du 14e dimanche du Temps Ordinaire/A

Chers frères et sœurs, en ce 14e dimanche du Temps Ordinaire/A, la liturgie de la parole est riche d’enseignements. Jésus-Christ révèle la personne de Dieu le Père, Créateur du ciel et de la terre. Etre chrétien c’est reconnaître aussi cette relation filiale de Jésus. Par conséquent, nous sommes aussi enfants de Dieu.  

Dans la 1ère lecture (Za 9,9-10), après le retour de l’exil, vers 520 av.J.C, les Juifs sont découragés. L’espoir d’une restauration glorieuse du Royaume est déçu. Jérusalem n’est plus qu’un chef-lieu de l’immense empire perse. Pour redonner confiance, le prophète Zacharie décrit en termes surréalistes, l’action de Dieu se poursuivant dans le monde : « Voici ton roi vient vers toi : il est juste et victorieux, humble et monte sur un âne ». Il rappelle la promesse d’un Messie qui fera naître un univers nouveau. Mais paradoxalement, il présente ce Messie comme un humble roi cheminant sur un âne au milieu de son peuple, au lieu de monter sur un cheval, un animal utilisé pour les batailles rangées. Le royaume qu’il vient instaurer diffère totalement des empires humains. Il est celui des gens au cœur simple. Ce Messie n’est pas un guerrier, ni un politicien qui prend le pouvoir par la malignité en passant par la force et l’injustice. Ce Messie vient briser l’arc de guerre et proclamer la paix aux nations. A nous de le reconnaître dans l’Eglise qui ne prêche que la paix aux nations. Jésus, comme Messie est déjà préparé dans l’Ancienne Alliance. Nous qui vivons dans un pays en guerre, nous sommes découragés comme les Juifs après l’exil. Mais il faut toujours avoir l’espérance qui ne trompe pas (Rm 5,5). Un jour il y aura la paix qui vient de Dieu.  

Le psaume responsorial 144 qui a pour refrain : « Fais venir ton règne au milieu de nous ! », c’est une prière de louange au Dieu d’Israël, lui qui est bon, si fidèle, si juste. Il mérite d’être loué, toujours et partout.

Dans la 2e lecture (Rm 8,9.11-13), Paul décrit l’opposition fondamentale existant entre l’esprit de la chair et l’esprit du Christ. En effet, c’est la façon dont l’humanité se tourne vers le succès extérieur et celle qui est engendrée par l’Amour divin lui-même. Sous l’emprise de la chair c’est la mort, mais sous l’emprise de l’esprit du Christ nous vivons. C’est cette dette dont parle l’apôtre, celle de vivre sous l’emprise de l’esprit de Jésus. Se rechercher ne peut que nous amener dans beaucoup de problèmes. Il faut absolument aller du côté de la vie avec le Christ. Le découvrir c’est cela le problème. Comme chrétien, il est vrai « Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas ».  

Dans l’Evangile (Mt 11,25-30), ce passage de Matthieu décrit le mystère du royaume. C’est le seul endroit où la relation filiale de Jésus à Dieu Père est totalement explicitée. Dans les autres récits, cette idée centrale du christianisme ne se laisse entrevoir clairement, elle est en filigrane. Aujourd’hui, l’enseignement est clair : « Tout m’a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler ». Jésus est doux et humble de cœur. Il ne s’impose pas. Il s’agit d’une vérité très intime à laquelle ne peuvent accéder que les cœurs ouverts à l’amour et à la paix intérieure. « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos ». 

Dans notre vie de chaque jour, quelques fois on nous impose des doctrines étrangères qui nous déroutent. A nous d’aller vers le Seigneur pour trouver le repos. Il y a un beau chant qui actualise le fait de trouver le repos dans le Seigneur : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi ». Un de ses couplets : « Je me tiens à la porte et je frappe, si tu m’ouvres ton cœur, je ferai chez toi ma demeure » (Ap 3, 20).

Au cours de cette Eucharistie demandons la grâce de vivre en paix avec tout le monde. Evitons le découragement à la manière des Juifs qui venaient de l’exil. Des moments de crise sont au rendez-vous, mais ce sont des occasions de nous relever. « Dieu ne peut pas nous tenter au-delà de nos forces ». Puisse la Très Sainte Vierge Marie intercéder pour nous qui évitons de déposer tous nos fardeaux chez Jésus.

Abbé Eugène HALERIMANA BAZIMENYERA

Paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya

Nyiragongo, le 5 juillet 2026

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