Homélie du 26e dimanche du Temps Ordinaire/A

Homélie du 26e dimanche du Temps Ordinaire/A

Ma nouvelle nomination dans la paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya me donne une occasion de recherche. Avec le Pape François qui exhortait que les homélies soient concises, alors comme prêtre qui fête le jubilé d’argent (25ans) d’ordination sacerdotale, je peux proposer aux confrères et à d’autres chrétiens de prendre l’essentiel.

Homélie du 26e dimanche du Temps Ordinaire/A

Chers frères et sœurs, en ce 26e dimanche du Temps Ordinaire/A, la liturgie de la parole nous invite à éviter l’hypocrisie dans notre vie. Quand nous nous sommes trompé faire un retour en interrogeant notre conscience à la manière du premier fils qui s’est repenti en allant travailler dans la vigne de son père.  

Dans la 1ère lecture (Ez 18, 25-28), le Prophète Ezéchiel est en face d’un paradoxe entre la conduite du juste et la conduite du méchant. En effet, pendant des siècles les hébreux ont identifié leur destin individuel et celui de la collectivité. La récompense ou le châtiment touchent une communauté à cause de la solidarité. Au moment de l’exil à Babylone, cette façon de penser le problème ne tient plus. L’idée d’une responsabilité collective entraînant la punition des bons comme des méchants semble insupportable. Ezéchiel affirme le principe de la responsabilité personnelle. Chacun sera jugé selon ses actes. « Si le juste se détourne de sa justice…c’est à cause de sa perversité qu’il mourra. Mais si le méchant se détourne de sa perversité…il sauvera sa vie ».

Dans nos sociétés on a tendance de faire l’amalgame face à la justice. Les justes sont sanctionnés avec les méchants, pourtant le péché reste individuel. Dans le sacrement de la réconciliation tâchons de confesser nos péchés et pas ceux des autres. 

 Dans le Psaume responsorial (Ps 24) qui a pour refrain : « Guide nos pas, Seigneur, au chemin de la paix », le psalmiste nous montre que devant les difficultés, il se sent dérouté. Il se tourne vers le Dieu de tendresse et de bonté. Il attend le pardon et la lumière qui lui permettront de reprendre la route à l’appel de son Seigneur. 

Dans la 2e lecture (Ph 2,1-11), Paul est prisonnier, mais continue d’encourager la communauté qu’il a évangélisée. Que les chrétiens renoncent à tout sentiment de supériorité conduisant à juger les autres. « Ne soyez jamais intrigants, ni vantards, mais ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. ». Les chrétiens doivent s’accepter les uns les autres et se soutenir devant les difficultés de la vie. Ils illustreront ainsi par leur vie l’attitude de Jésus venu accomplir l’œuvre divine en se faisant esclave, soumis à la mort par amour de ses frères et sœurs. « Lui qui était dans la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur ».

Dans notre vie nous avons tendance de dominer les autres par notre complexe de supériorité. Il suffit d’une petite parcelle d’autorité et nous devenons arrogants. Personne ne peut parler, personne de peut proposer, on devient ‘’one man show’’ (un homme qui fait tout, on peut tout faire), pourtant la communauté chrétienne est là pour nous aider. On ne peut pas être au four et au moulin. Il faut une grâce de l’humilité.  

Dans l’évangile (Mt 21, 28-32), Jésus ne cesse de se heurter aux leaders juifs (chefs des prêtres, des anciens), toujours prêts à brandir les grands principes pour contrer son action. Il dénonce ces gens qui ont accaparé le pouvoir spirituel, écrasent les autres de leur supériorité et négligent finalement d’accomplir la volonté divine. C’est l’image de deuxième fils qui a dit ‘’oui’’ mais n’est pas allé travailler dans la vigne de son père. 

En fait, Jésus propose aux leaders religieux tous les pauvres gens qu’ils méprisent. Ici chez nous on peut donner l’exemple motards qui transportent 5 sacs de braise. On les appelle les ‘’courageux’’. Ceux-là se mettent effectivement à l’œuvre en répondant à l’appel à la conversion. C’est l’image du premier fils qui a répondu : « Je ne veux pas. Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla ». Les propos de Jésus sont inadmissibles pour des gens enfermés dans leur bonne conscience.

Combien de fois nous participons à l’Eucharistie sans changement ? Il peut y avoir une manière de participer à l’Eucharistie qui nous condamne, tout comme l’appel à la loi condamnant les Juifs qui se donnaient bonne conscience par leurs discours. Nous ne nous interrogeons jamais assez sur la vérité de notre présence à la célébration dominicale. Pourtant c’est un grand rendez-vous de conversion et de service auprès de nos frères et sœurs. Selon Lumen Gentium n° 2 concernant le dessein de Dieu qui veut sauver tous les hommes, « ceux qui ont la foi dans le Christ, il a voulu les rassembler en la sainte Eglise ».   

     Au cours de cette Eucharistie, demandons la grâce de la conversion et de reconnaitre nos péchés individuels. Puisse la Très Sainte Vierge Marie intercéder pour nous auprès de son Fils qui « s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort de la croix ». A nous d’imiter son exemple dans notre petite vie de chaque jour.

Abbé Eugène HALERIMANA BAZIMENYERA

Paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya

Nyiragongo, le 27 septembre 2026

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