À l’occasion de la Journée internationale de la femme africaine (JIFA), célébrée chaque 31 juillet, la Synergie Femmes, Paix et Sécurité a réuni, ce vendredi à la Maison de la Femme de Goma, plus de 70 organisations féminines du Nord-Kivu. Cette rencontre a constitué un cadre d’échanges et de réflexion sur le rôle déterminant et important de la femme dans la consolidation de la paix, la protection de l’environnement et le développement durable.
Placée sous le thème « Femme africaine, pilier du développement durable, actrice du changement pour l’Afrique de demain », cette journée a permis aux participantes de partager leurs expériences et de formuler des recommandations en faveur d’une participation remarquable des femmes dans les processus de décision et de transformation sociale.

Parmi les principaux sujets abordés figure la compréhension du rôle de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée à Dar-Es-Salem en 1962. Cette résolution reconnaît l’impact particulier des conflits armés sur les femmes et les filles tout en soulignant leur rôle essentiel dans la prévention des conflits, la consolidation de la paix, la médiation et la reconstruction post-conflit. Elle encourage les États et les organisations à garantir une participation pleine et effective des femmes à tous les niveaux de prise de décision liés à la paix et à la sécurité.
Intervenant au cours des échanges, Mme Yvette a estimé que cette résolution constitue un véritable instrument de promotion du leadership féminin. «Cette résolution valorise la femme et l’encourage à participer activement aux décisions prises dans les plus hautes instances. Elle favorise également le réseautage entre les organisations féminines afin de renforcer leurs actions », a-t-elle expliqué.»
Pour sa part, la représentante d’ONU Femmes a insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de protection des femmes victimes de violences: « Il faut dénoncer les abus commis contre les femmes, se faire accompagner par des femmes et des hommes leaders, tout en ne négligeant pas l’implication des hommes. Il est également indispensable d’associer les organisations féminines qui œuvrent pour la valorisation de la femme », a-t-elle déclaré.»
La deuxième grande thématique de la rencontre a porté sur la protection de l’environnement, considérée comme un levier du développement durable. Les participantes ont rappelé que la sauvegarde de la nature est une responsabilité collective. Elles ont encouragé le reboisement, la bonne gestion des déchets et la préservation des ressources naturelles afin de protéger la maison commune au bénéfice des générations futures.
Une participante, membre de l’organisation GCD, a souligné que la femme joue donne sa part dans cette mission.« La protection de l’environnement commence dans nos familles. Lorsque les femmes sont sensibilisées, elles transmettent les bonnes pratiques à leurs enfants et contribuent à bâtir des communautés plus responsables face aux défis climatiques », a-t-elle affirmé.»

Les échanges ont également mis l’accent sur l’éducation comme fondement de la paix. Les participantes ont plaidé pour une éducation fondée sur la cohésion sociale, le vivre-ensemble et le respect mutuel.
«On dit souvent qu’éduquer une femme, c’est éduquer toute une société. La femme doit transmettre à son entourage le savoir-vivre, le savoir-faire, le respect mutuel et les valeurs de paix, car c’est par elle que naît la vie », ont rappelé plusieurs intervenantes.»
Répondant aux médias, Mme Rachel MULULU, point focal de la Synergie Femmes, Paix et Sécurité, a indiqué que cette célébration devait être perçue comme un appel à renforcer la participation des femmes dans tous les secteurs de la vie nationale.
Elle a exhorté les pouvoirs publics, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations de la société civile à soutenir davantage les initiatives visant l’autonomisation des femmes et leur implication dans les mécanismes de prévention des conflits, de consolidation de la paix et du développement durable.
À l’occasion de la Journée internationale de la Femme africaine, notre priorité est de promouvoir la protection des enfants ainsi que la paix et la sécurité. Nous estimons que les femmes doivent jouer un rôle central dans toutes les initiatives liées à la protection de l’enfant, à la consolidation de la paix et à la sécurité, tant au niveau national qu’international.

Et elle d’ajouter :
La défense des droits des femmes et des enfants demeure au cœur de notre engagement. Les femmes, en tant que mères, éducatrices et actrices de développement, disposent des capacités nécessaires pour contribuer efficacement à la prévention des conflits, aux négociations de paix et à la promotion de la cohésion sociale. C’est pourquoi nous encourageons leur participation active dans tous les processus de prise de décision relatifs à la paix et à la sécurité.
Madame RACHEL MULULU pour la JIFA
Notre organisation œuvre également pour la protection de l’environnement depuis 2016. Depuis sa création, elle mène diverses actions de sensibilisation et d’encadrement des communautés afin de promouvoir la préservation de l’environnement et une bonne gouvernance environnementale. Malgré les nombreux défis rencontrés, nous poursuivons notre mission avec détermination.

Dans le contexte des résolutions nationales, africaines et internationales relatives aux droits des femmes, nous renforçons les capacités des femmes afin qu’elles participent pleinement à la gouvernance, à la protection de l’environnement et aux initiatives de développement durable. Nous poursuivons ce travail avec la conviction que le développement, la paix, la sécurité et la protection de l’environnement ne peuvent être pleinement assurés sans une implication effective des femmes.
Pour nous, la Journée internationale de la Femme africaine est avant tout une occasion de réaffirmer l’importance de défendre les droits des femmes, de reconnaître leur contribution essentielle à la paix et à la sécurité et de renforcer leur participation dans tous les domaines de la vie publique. C’est cette mission qui guide nos actions au quotidien.
Plusieurs participantes ont également partagé leurs expériences.
Mme Léa ZIRALI, femme vivant avec albinisme, a appelé à une plus grande inclusion des personnes vivant avec albinisme dans les politiques publiques.
« Les femmes vivant avec albinisme doivent être considérées comme des actrices à part entière du développement. Nous voulons participer aux décisions, faire entendre notre voix et contribuer à la construction de la paix comme toutes les autres femmes. »
De son côté, la représentante des femmes des peuples autochtones (Pygmées) a plaidé pour une meilleure prise en compte des réalités de sa communauté.
« Les femmes autochtones sont souvent confrontées à la pauvreté, à l’exclusion et aux conflits. Pourtant, nous avons aussi des connaissances et des valeurs qui peuvent contribuer à la paix, à la protection de l’environnement et au développement durable. Nous demandons que notre voix soit davantage entendue. »

Enfin, Madame Léa MUSAFIRI, Coordinatrice de l’organisation FAFEV du territoire de Nyiragongo a réaffirmé l’engagement de sa structure en faveur des droits des femmes, de la paix et de la protection de l’environnement.
Intervenant au nom de la FAFEV (Fondation Assistance aux Femmes et Enfants Vulnérables), elle a plaidé pour une participation effective des femmes aux différents processus de dialogue en cours en République démocratique du Congo. Selon elle, les femmes, premières victimes des conflits armés mais également premières artisanes de la résilience au sein des communautés, doivent être pleinement associées aux négociations et aux mécanismes de prise de décision. « Les femmes ne doivent plus être de simples observatrices des dialogues organisés en RDC. Elles doivent y prendre une part active, car leurs expériences, leurs propositions et leur leadership sont indispensables pour bâtir une paix durable, inclusive et bénéfique pour toutes les communautés », a-t-elle déclaré.

La cérémonie s’est achevée dans un climat de solidarité et d’engagement. Les participantes ont exposé des œuvres de leurs travaux. Elle veulent poursuivre le travail en synergie afin de faire de la femme africaine une véritable actrice de la paix, du développement durable et de la transformation sociale en République démocratique du Congo.
J-Rostand VUSANGI M,