Nyiragongo, 15 juin 2026 – À l’occasion de la célébration de la Journée Internationale de l’enfant africain 2026, qui intervient le 16 juin, l’Organisation Sote Kwa Umoja, Maendeleo na Amani (SUMA ASBL), à travers sa branche Protection Cluster, en collaboration avec la MONUSCO dans son domaine de Protection de l’enfant, a organisé une séance de sensibilisation à l’intention de 60 élèves du Complexe Scolaire Tunda, dans le territoire de Nyiragongo.

Placée sous le thème : « Garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour chaque enfant en Afrique », cette activité a permis aux enfants d’approfondir leurs connaissances sur les bonnes pratiques d’hygiène ainsi que sur leurs droits fondamentaux, particulièrement dans un contexte en conflits armés.
La première partie de la sensibilisation a porté sur l’accès à l’eau potable, l’assainissement et l’hygiène. Intervenant devant les élèves, Madame Stella Bahizire, Coordinatrice de SUMA ASBL, a insisté sur l’importance de consommer une eau propre afin de prévenir plusieurs maladies liées à l’insalubrité.
«Chers enfants, l’eau propre est celle qui protège votre santé. Évitez de boire une eau dont vous ne connaissez pas la provenance. Même si vous l’estimez claire. Prenez toujours l’habitude de consommer de l’eau potable afin de prévenir les maladies telles que la diarrhée, le choléra et d’autres infections liées à l’insalubrité», a-t-elle expliqué aux enfants, les invitant à toujours distinguer l’eau propre de l’eau sale avant toute consommation.
Abordant la question de l’assainissement et de l’hygiène, elle a également encouragé les écoliers à adopter des comportements responsables favorisant la propreté de leur environnement et la prévention des maladies.
«La propreté commence par chacun de nous. Lavez-vous régulièrement les mains avec de l’eau propre et du savon, gardez vos maisons et votre école propres et respectez les mesures barrières chaque fois qu’une maladie menace la communauté, notamment Ebola. La prévention reste notre meilleure protection», a-t-elle ajouté, rappelant notamment l’importance du respect des mesures barrières face aux maladies à virus Ebola et autres épidémies récurrentes dans la région.

La seconde partie de la rencontre a été consacrée aux six violations graves commises contre les enfants en période de conflit armé. Cette thématique a été développée par Monsieur Ledia, agent de la MONUSCO intervenant dans le domaine de la Protection de l’enfance.
Au cours de son exposé, il a présenté les six violations graves reconnues par les Nations Unies, à savoir :
Le recrutement et l’utilisation des enfants par les groupes ou forces armés, le meurtre et les mutilations d’enfants, les violences sexuelles commises contre les enfants, les enlèvements d’enfants, Les attaques contre les écoles et les hôpitaux, le refus ou l’entrave à l’accès humanitaire destiné aux enfants.
L’intervenant a expliqué les conséquences de chacune de ces violations sur le développement physique, psychologique et social des enfants, tout en les encourageant à dénoncer toute situation mettant en danger leur sécurité ou celle de leurs camarades.

Cette activité s’inscrit dans la continuité des efforts déjà entrepris par les acteurs de protection de l’enfant dans la province du Nord-Kivu. Comme le relève la Journaliste Madame Aline Kataliko dans son article intitulé « Des acteurs de la société civile formés sur le monitoring des violations des droits de l’enfant », publié à Goma le 20 avril 2026, plusieurs organisations de la société civile avaient été formées sur la collecte, la documentation, la vérification, l’analyse et la transmission sécurisée des informations relatives aux violations graves des droits de l’enfant, conformément aux normes et protocoles du Mécanisme de Monitoring et de Rapportage (MRM).
Après le renforcement des capacités des acteurs communautaires, l’étape actuelle consiste à rapprocher ces informations des premiers concernés, les enfants eux-mêmes.
Très attentifs tout au long des échanges, 60 écoliers, filles et garçons, ont participé activement aux discussions en répondant aux questions posées par les intervenants et en partageant leurs expériences.
«Aujourd’hui, nous avons appris beaucoup de choses sur nos droits et sur les dangers auxquels les enfants peuvent être exposés pendant les conflits. Je suis heureuse de savoir que nous pouvons aussi contribuer à notre propre protection», a déclaré une élève.
«J’ai compris qu’il est important de toujours boire de l’eau propre et de me laver les mains régulièrement. Je vais partager ces conseils avec mes frères, mes sœurs et mes amis à la maison», a témoigné un autre participant.
«Les explications sur les violations graves commises contre les enfants nous ont beaucoup marqués. Nous demandons à tous les adultes de protéger les enfants afin qu’ils puissent étudier, grandir et vivre en paix», a ajouté un troisième enfant, saluant l’initiative des organisateurs.

Les organisateurs se sont réjouis de l’intérêt manifesté par les apprenants et ont réaffirmé leur engagement à poursuivre les activités de sensibilisation et de protection de l’enfant dans les communautés affectées par les conflits.
Cette sensibilisation intervient dans un contexte sécuritaire particulier où le territoire de Nyiragongo ainsi que la ville de Goma demeurent sous le contrôle de l’AFC/M23. Une situation qui continue d’avoir des répercussions sur les conditions de vie des populations, notamment celles des enfants, souvent les premières victimes des conséquences des conflits armés.
À travers cette activité, SUMA ASBL et la MONUSCO ont voulu rappeler que chaque enfant a droit à la protection, à la santé, à l’éducation et à un environnement sain, quelles que soient les circonstances dans lesquelles il vit.
J-Rostand VUSANGI M.