Nord-Kivu : Une fillette testée positive à Ebola portée disparue après son enlèvement dans un hôpital, une situation sans précédent

Nord-Kivu : Une fillette testée positive à Ebola portée disparue après son enlèvement dans un hôpital, une situation sans précédent

Butembo, 16 juin 2026 – Les autorités sanitaires du Nord-Kivu ont lancé un avis de recherche urgent pour retrouver une femme identifiée comme Zawadi Manacée et sa fille Christelle Kavugho, âgée de six ans et demi, après leur disparition dans des circonstances particulièrement préoccupantes. Selon le document officiel signé par la Coordination provinciale de la riposte contre la maladie à virus Ebola, la fillette a été déclarée positive à Ebola et devait être transférée vers un Centre de Traitement Ebola (CTE) lorsqu’elle a été emmenée de force par des hommes armés.

Circulaire sanitaire

D’après les informations contenues dans l’avis de recherche, les faits se sont produits au Centre Hospitalier Adventiste Mutiri Wanamahika, dans la zone de santé de Katwa. Des individus armés auraient refusé le transfert médical de l’enfant avant de quitter les lieux avec elle et sa mère.

Cette disparition intervient dans un contexte de plusieurs doutes par la population et de vigilance sanitaire accrue après la confirmation récente d’un nouveau cas d’Ebola déclaré dans la province. Les responsables de la riposte craignent désormais non seulement pour la vie de la fillette, mais également pour les risques de propagation du virus au sein de la communauté.

Une urgence médicale et sanitaire

La maladie à virus Ebola est l’une des fièvres hémorragiques les plus redoutées au monde. Sans prise en charge rapide, l’état du malade peut se détériorer en quelques jours seulement. Les premiers symptômes apparaissent généralement sous forme de forte fièvre, fatigue intense, douleurs musculaires, vomissements et diarrhées avant d’évoluer, dans les cas graves, vers des complications hémorragiques et une défaillance de plusieurs organes.

Les spécialistes indiquent que chez une personne déjà symptomatique et non prise en charge, le décès peut survenir entre 6 et 16 jours après l’apparition des symptômes, avec une moyenne souvent observée autour de 7 à 10 jours dans les formes sévères. Toutefois, cette durée varie selon l’âge du patient, son état général et la rapidité d’évolution de l’infection.

À l’inverse, une prise en charge précoce améliore considérablement les chances de survie grâce aux traitements modernes et aux soins intensifs aujourd’hui disponibles.

Un cas inédit de malade Ebola porté disparu

Au-delà de l’aspect médical, cette affaire soulève une inquiétude pour les autorités sanitaires. Il est extrêmement rare qu’un patient confirmé positif à Ebola disparaisse alors qu’il devait être transféré dans une structure spécialisée pour le soins appropriés.

Même si la RDC a déjà connu plusieurs épidémies d’Ebola marquées par autant de doutes, de résistances communautaires, des attaques contre des centres de traitement ou encore des refus de soins, d’appellations comme « Ebola Business », les autorités considèrent cette situation comme particulièrement exceptionnelle en raison de la disparition d’une personne testée positive et activement recherchée dans le cadre de la riposte.

L’objectif des équipes sanitaires est double : sauver la vie de la fillette grâce à une prise en charge adaptée et empêcher une éventuelle chaîne de transmission au sein de la population.

Appel à la population

Dans son communiqué, la Coordination provinciale de la riposte Ebola appelle toute personne disposant d’informations sur le lieu où se trouvent Zawadi Manacée et sa fille à contacter immédiatement les services de santé ou les forces de sécurité les plus proches.

Les autorités rappellent qu’Ebola demeure une maladie grave mais qu’elle peut être guérie lorsque le patient est pris en charge rapidement. Elles invitent la population à collaborer afin de retrouver la fillette dans les plus brefs délais et d’éviter tout risque supplémentaire pour la santé publique dans la zone.

Cette disparition constitue désormais l’un des défis et principales préoccupations sanitaires du Nord-Kivu, où les équipes de riposte poursuivent activement les recherches pour localiser les deux personnes et sécuriser leur prise en charge médicale.

La Rédaction 

Partager