Alors qu’il recevait en audience les membres du conseil d’administration de la Fondation de l’Observatoire du Vatican, ce lundi 11 mai, le Pape a réaffirmé que foi et science qui sont les deux ailes qui conduisent à la vérité. Dans son discours, Léon XIV a salué le travail de l’Observatoire du Vatican et mis en garde contre les dérives d’un monde qui «nie l’existence même d’une vérité objective».
Devant les membres du conseil d’administration de la Fondation de l’Observatoire du Vatican, le Pape a d’abord exprimé sa gratitude pour leur «soutien fidèle et généreux». Cette une institution «au service du Saint-Siège et de l’Église universelle» incarne une place particulière. Revenant sur l’histoire de cette institution, Léon XIV a rappelé que son prédécesseur le Pape Léon XIII avait refondé l’Observatoire il y a 135 ans afin que «chacun puisse voir clairement que l’Église et ses pasteurs ne s’opposent pas à la science vraie et solide, qu’elle soit humaine ou divine, mais qu’ils l’embrassent, l’encouragent et la promeuvent avec le plus grand dévouement possible» (Ut Mysticam, 14 mars 1891).
À une époque où la science était présentée comme «une source de vérité rivale de la religion», l’Église voulait montrer que foi et science «ne sont pas ennemies», mais qu’elles peuvent s’embrasser, s’encourager et se promouvoir mutuellement. C’est ce qu’a voulu démontré le Pape Jean-Paul II en 1998 dans son encyclique Fides et Ratio soutenant que « la foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent à l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vérité».
Aujourd’hui, a estimé Léon XIV, le défi a changé, les deux voies sont confrontées à une même ennemie commune. «La science et la religion sont confrontées à une menace différente et peut-être plus insidieuse: celle de ceux qui nient l’existence même d’une vérité objective», a-t-il expliqué. Le Pape a dénoncé le refus de reconnaître ce que la science et l’Église enseignent clairement, soulignant que responsabilité de protéger la planète pour le bien-être de tous revient à chacun.
Dans ce contexte, «l’adhésion de l’Église à une science rigoureuse et honnête reste non seulement précieuse, mais essentielle», a insisté le Pape. Il a ensuite souligné la place particulière de l’astronomie dans cette mission. «La capacité de contempler avec émerveillement le soleil, la lune et les étoiles est un don offert à chaque être humain, quelle que soit sa condition ou sa situation», a-t-il affirmé. Cette contemplation des cieux suscite «la crainte révérencielle» et aide l’homme à regarder «ses peurs et ses défaillances à la lumière de l’immensité de Dieu».
Dans un monde où les divisions dominent, le ciel nocturne demeure, et, selon lui, «l’une des dernières sources de joie véritablement universelles», un «trésor de beauté ouvert à tous, riches et pauvres confondus, dans un monde si douloureusement divisé».
Le Pape a toutefois regretté que cette expérience soit aujourd’hui menacée. En paraphrasant le Pape Benoît XVI, il a observé que «nous avons rempli notre ciel d’une lumière artificielle qui nous empêche de voir les lumières que Dieu y a placées» (cf. Homélie, 7 avril 2012). Une image qui, selon lui, reflète également «le péché lui-même», capable d’obscurcir le regard de l’homme sur Dieu et sur la création.
Léon XIV a salué le rôle de la Fondation, qui permet aux scientifiques du Vatican «de dialoguer de manière constructive avec le grand public et avec la communauté scientifique mondiale». Grâce à son soutien, l’Observatoire peut partager «les merveilles de l’astronomie avec des étudiants du monde entier» et organiser des ateliers pour les écoles et les paroisses catholiques. Les télescopes et laboratoires deviennent ainsi «des lieux où la gloire de la création de Dieu est rencontrée avec révérence, profondeur et joie».
«Notre religion est celle de l’Incarnation»
Dans la dernière partie de son discours, le Pape a replacé la recherche scientifique dans une perspective théologique. «Notre religion est celle de l’Incarnation», a-t-il rappelé. L’Écriture enseigne que Dieu «s’est fait connaître à travers les choses qu’il a créées» (cf. Rm 1, 20) et qu’il «a tant aimé cette création qu’il a envoyé son propre Fils pour y entrer et la racheter» (cf. Jn 3, 16). Ainsi, la recherche scientifique peut devenir un chemin spirituel qui étanche «cette soif de comprendre plus pleinement la création et le reflet de ce désir ardent de Dieu qui réside au cœur de chaque âme humaine».
La Rédaction
Sources:DIACENCO