SMAM/PRONANUT/Nord-Kivu : Dr Pascal Nyandwi alerte sur les conséquences du non-allaitement et appelle les médias à renforcer la sensibilisation

SMAM/PRONANUT/Nord-Kivu : Dr Pascal Nyandwi alerte sur les conséquences du non-allaitement et appelle les médias à renforcer la sensibilisation

À l’occasion de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel (SMAM), un café de presse organisé au Nord-Kivu a placé l’allaitement maternel au cœur des échanges entre professionnels de la santé et journalistes. Parmi les intervenants, Monsieur Pascal Nyandwi,  Coordonnateur du PRONANUT, a insisté sur les conséquences que peuvent entraîner les mauvaises pratiques d’allaitement chez les nourrissons et sur la responsabilité des médias dans la sensibilisation des communautés.

Selon le médecin, le non-respect des bonnes pratiques d’allaitement peut exposer l’enfant à plusieurs conséquences sur sa santé et son développement. Il a particulièrement attiré l’attention sur les situations dans lesquelles certaines mères ne donnent pas suffisamment le sein à leurs enfants simplement parce que ceux-ci sont calmes et pleurent rarement.

« Un enfant calme ne signifie pas qu’il n’a pas besoin du sein»

Dr Pascal Nyandwi a déploré cette perception qui peut conduire certaines mères à négliger l’alimentation de leurs nourrissons. Un enfant qui pleure peu ou qui paraît particulièrement calme peut néanmoins avoir besoin d’être allaité régulièrement.

Cette négligence peut, à terme, contribuer à une alimentation insuffisante et exposer l’enfant à la malnutrition. L’Organisation mondiale de la Santé souligne d’ailleurs que l’allaitement maternel constitue une source essentielle d’énergie et de nutriments pour le nourrisson et contribue à le protéger contre plusieurs maladies infectieuses.

Pour le médecin, les mères doivent donc apprendre à ne pas attendre systématiquement les pleurs de l’enfant avant de lui proposer le sein.

Allaiter à la demande plutôt que suivre une heure fixe

Autre message important livré au cours de ce café de presse : il n’existe pas une heure fixe universelle à laquelle un nourrisson doit être allaité.

L’allaitement doit répondre aux besoins de l’enfant. L’OMS recommande ainsi l’allaitement à la demande, c’est-à-dire aussi souvent que l’enfant le réclame, de jour comme de nuit.

Pendant les six premiers mois, le lait maternel constitue l’alimentation recommandée pour le nourrisson. L’OMS et l’UNICEF recommandent un allaitement exclusivement maternel durant cette période, sans eau ni autres aliments ou liquides, avant l’introduction, à partir de six mois, d’aliments complémentaires adéquats tout en poursuivant l’allaitement jusqu’à deux ans ou au-delà.

Les conséquences d’un allaitement inadéquat

Au-delà de la question alimentaire, les mauvaises pratiques d’allaitement peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé de l’enfant. Un allaitement précoce, exclusif et poursuivi de manière appropriée contribue notamment à réduire les risques de diarrhée, de pneumonie et d’autres infections, tandis que le lait maternel demeure une source importante de nutriments pendant les premières années de vie.

L’enjeu est donc non seulement de faire allaiter les enfants, mais également d’améliorer les connaissances des parents et de combattre certaines croyances ou habitudes susceptibles de compromettre leur nutrition.

Les médias, un acteur essentiel du changement de comportement

Face à ces défis, Dr Pascal Nyandwi a également insisté sur le rôle des médias.

Pour lui, les journalistes ne doivent pas se limiter à couvrir les activités organisées dans le cadre de la SMAM. Ils doivent contribuer à informer régulièrement les familles, à déconstruire les fausses croyances et à diffuser des messages scientifiquement fondés sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant.

Les médias peuvent notamment expliquer aux communautés l’importance de l’allaitement exclusif pendant les six premiers mois, rappeler l’importance de l’allaitement à la demande et sensibiliser les pères, les grands-parents et l’ensemble de la communauté afin qu’ils soutiennent les mères allaitantes.

Dans un contexte où les familles peuvent être confrontées à de nombreuses difficultés sociales et économiques, cette sensibilisation apparaît comme un outil important de prévention de la malnutrition infantile.

Informer pour sauver des vies

Le café de presse a ainsi rappelé que la promotion de l’allaitement maternel ne relève pas uniquement du secteur de la santé. Elle concerne également les médias, les familles, les communautés et les décideurs.

À travers une information régulière, claire et scientifiquement fondée, les professionnels des médias peuvent contribuer à faire évoluer les comportements et à protéger la santé des enfants.

Au Nord-Kivu, le message de la SMAM est donc sans ambiguïté . Il dévoile que allaiter son enfant, c’est aussi contribuer à sa croissance, à sa protection contre certaines maladies et à son avenir.

J-Rostand VUSANGI M, 

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