Kigulube, 6 août 2025 — L’Église catholique du Sud-Kivu est une fois de plus frappée en plein cœur. Le curé de la paroisse de Kigulube, dans le territoire de Shabunda, a été sauvagement tabassé par des hommes armés non identifiés, alors qu’il se rendait à Bukavu pour une mission apostolique et évangélique.
Selon les informations recueillies par BASE INFO 450, l’attaque s’est produite dans une zone isolée, où le prêtre est tombé dans une embuscade tendue par des individus armés. Ces derniers ne lui ont adressé que peu de paroles avant de le passer à tabac, puis de lui extorquer la somme de 2.000 dollars américains. Ils ont ensuite pris la fuite, laissant leur victime grièvement blessée.
Un fidèle de la paroisse de Kigulube, joint par téléphone, témoigne :
« Notre curé est un homme de paix et de prière. Ce qu’il a vécu est inhumain. Même en danger, il reste fort dans sa foi. Nous demandons justice pour lui et pour tous ceux qui vivent dans la peur au quotidien. »
Ce drame survient dans un contexte d’insécurité persistante dans plusieurs zones du territoire de Shabunda, où l’État peine à rétablir son autorité. Les groupes armés locaux et étrangers, profitant de l’isolement géographique, y imposent leur loi, rendant la circulation périlleuse même pour les acteurs religieux, souvent respectés et engagés pour la paix.
Cette agression s’inscrit dans une série d’attaques récurrentes contre des civils et des membres du clergé, mettant en lumière l’échec des dispositifs de sécurité dans cette partie du Sud-Kivu.
BASE INFO 450 appelle avec fermeté :
Les autorités congolaises à ouvrir une enquête crédible pour identifier et punir les auteurs de cette attaque ignoble ;
Les responsables du diocèse de Bukavu à se positionner publiquement pour condamner cette violence ;
Les organisations de défense des droits humains et la société civile à renforcer leur plaidoyer pour la sécurité des religieux, souvent pris pour cible dans des zones abandonnées par l’État.
Le prêtre, dont l’identité est volontairement gardée confidentielle pour sa sécurité, reçoit actuellement des soins dans une structure sanitaire locale, grâce à l’intervention de bénévoles courageux.
La communauté chrétienne de Kigulube, comme beaucoup d’autres au Sud-Kivu, refuse de se taire. Car une Église en danger, c’est toute une population en insécurité.
La Rédaction