L’insécurité continue de semer la mort et la désolation dans le territoire de Beni. Une nouvelle tragédie vient de frapper la population du quartier Ngadi, dans la commune de Rwenzori, où plusieurs civils ont été massacrés au cours d’une attaque armée particulièrement brutale survenue dans la soirée du samedi 30 mai 2026.
Selon des sources locales, au moins six personnes ont été tuées lors de cette incursion sanglante visant un site occupé par des membres de la communauté pygmée. Parmi les victimes figure l’artiste pygmée Nzanzu Mangese, figure culturelle connue et appréciée dans la région. D’après plusieurs témoignages concordants, le musicien aurait été égorgé par ses bourreaux, dans des circonstances qui suscitent une profonde indignation au sein de la population.

Ce nouvel acte de barbarie replonge une fois de plus la région de Beni dans la douleur. Alors que les habitants espéraient un retour progressif à la paix, les groupes armés continuent de frapper des populations civiles sans défense, défiant les dispositifs sécuritaires déployés dans cette partie de la province du Nord-Kivu.
Des témoins rapportent que les assaillants ont fait irruption sur le site en début de soirée avant de s’attaquer aux habitants. Plusieurs personnes ont été exécutées sur place tandis que d’autres demeurent introuvables. Les familles vivent depuis lors dans l’angoisse, ne sachant toujours pas ce qu’il est advenu de leurs proches.
Au-delà des pertes humaines, c’est également un patrimoine culturel qui vient d’être frappé de plein fouet avec la disparition de Nzanzu Mangese. À travers ses chansons et ses prestations artistiques, il contribuait à la valorisation de l’identité et des traditions de la communauté pygmée. Sa mort tragique constitue une perte immense pour le monde culturel local.
Sur les lieux du drame, les images de désolation se succèdent. Des familles endeuillées pleurent leurs disparus tandis que d’autres poursuivent encore les recherches de proches dont elles sont sans nouvelles. Des éléments des forces de sécurité ont été déployés afin de sécuriser la zone et de participer aux opérations de ratissage.
Par ailleurs, des sources locales évoquent également l’enlèvement de plusieurs habitants par les assaillants. Cette information n’a pas encore été officiellement confirmée par les autorités, mais elle alimente davantage la psychose au sein de la population.
Face à cette nouvelle hécatombe, les habitants de Beni expriment leur colère et leur ras-le-bol devant la répétition des massacres qui continuent de faucher des vies innocentes. Beaucoup s’interrogent sur l’efficacité des mesures sécuritaires mises en place pour protéger les civils dans une région meurtrie depuis de nombreuses années par les violences armées.
Alors que les enquêtes se poursuivent pour établir les circonstances exactes de cette attaque et déterminer le bilan définitif des victimes, une question demeure sur toutes les lèvres : à quand les populations de Beni continueront-elles à payer le prix du sang dans une indifférence devenue insupportable ? Où est votre sens d’Humanisme?
La Rédaction