Goma : Le CAFEDDHU offre une bouillie nutritive à plus de 50 enfants en situation de vulnérabilité à Mugunga

Goma : Le CAFEDDHU offre une bouillie nutritive à plus de 50 enfants en situation de vulnérabilité à Mugunga

L’organisation CAFEDDHU (Carrefour des Femmes pour la Défense des Droits Humains) a organisé, ce vendredi 23 octobre, une activité d’assistance nutritionnelle en faveur de plus de 50 enfants âgés de 8 mois à 10 ans au quartier Mugunga, dans la commune de Karisimbi, à environ 20 kilomètres du centre-ville de Goma, au Nord-Kivu. À travers cette initiative, la structure entend contribuer à l’amélioration du bien-être et de la santé des enfants issus de familles vulnérables, particulièrement ceux exposés aux risques de malnutrition.

Dans cette partie de la ville de Goma, où certaines familles font face à d’importantes difficultés pour répondre aux besoins alimentaires de leurs enfants, cette action du CAFEDDHU vient apporter un soutien aux tout-petits dont la croissance dépend notamment d’une alimentation suffisante, diversifiée et adaptée à leur âge.

Sous la coordination de Madame BERNADETTE MAPENZI LWESSO, cette organisation a procédé à la distribution et à la consommation sur place d’une bouillie nutritive destinée aux enfants présents. L’activité a également permis de sensibiliser les parents sur leurs responsabilités envers les enfants et sur les mesures nécessaires pour préserver leur santé et leur développement.

Une action humanitaire inspirée par les valeurs bibliques

Pour la Coordinatrice du CAFEDDHU, cette assistance est un don gratuit, motivé par la volonté de venir en aide aux personnes les plus vulnérables, sans attendre de contrepartie. Elle explique que cette initiative trouve notamment son inspiration dans les Saintes Écritures, précisément dans l’Évangile selon Matthieu, chapitre 25, versets 35 à 40, qui appelle les croyants à manifester leur amour envers leur prochain à travers des actes concrets de solidarité.

Le passage biblique de Matthieu 25:35-40, dans une formulation courante, rapporte notamment ces paroles de Jésus-Christ :

« Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli ; j’étais nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi. »

Dans ce même passage, Jésus enseigne que les actes de bonté accomplis envers les plus petits sont considérés comme accomplis envers lui-même.

Pour Madame Bernadette MAPENZI LWESSO, cette parole biblique constitue une invitation à transformer la foi en actes de compassion, notamment envers les enfants dont les familles éprouvent des difficultés à assurer les besoins essentiels. L’assistance apportée à Mugunga se veut ainsi une manifestation concrète de la solidarité humaine, dans laquelle chaque enfant mérite de recevoir une attention particulière, indépendamment de la situation économique de ses parents.

Cette démarche souligne également l’importance de l’engagement des organisations communautaires dans la recherche de réponses aux difficultés sociales auxquelles sont confrontées les familles vulnérables.

Sensibiliser les parents pour mieux protéger les enfants

Avant la distribution de la bouillie nutritive, le CAFEDDHU a accordé une place importante à la sensibilisation des parents sur les droits de l’enfant et sur la nécessité de garantir sa protection tout au long de sa croissance.

Cette étape vise à rappeler que chaque enfant a droit à une alimentation adéquate, à la santé, à la protection, à l’éducation et à un environnement favorable à son développement physique, intellectuel et affectif. Ces droits doivent être respectés sans discrimination, y compris pour les enfants issus de familles confrontées à la pauvreté ou à d’autres formes de vulnérabilité.

Les parents ont ainsi été invités à accorder une attention particulière à l’alimentation de leurs enfants, à leur hygiène corporelle et environnementale, ainsi qu’au suivi régulier de leur état de santé. Une alimentation insuffisante ou déséquilibrée, surtout durant les premières années de la vie, peut compromettre la croissance de l’enfant et accroître sa vulnérabilité face aux maladies.

La sensibilisation permet également de rappeler aux familles l’importance de consulter les structures sanitaires dès l’apparition de signes inquiétants, notamment une perte de poids, un amaigrissement visible, une faiblesse inhabituelle ou des difficultés à s’alimenter.

Au-delà des besoins alimentaires immédiats, la protection de l’enfant exige une mobilisation permanente des parents, des communautés, des organisations humanitaires et des services publics concernés. La lutte contre la malnutrition ne peut, en effet, reposer uniquement sur des distributions ponctuelles : elle nécessite également l’accès aux soins, l’éducation nutritionnelle des familles et un accompagnement adapté aux besoins de chaque enfant.

À travers cette sensibilisation, le CAFEDDHU entend donc encourager les parents à jouer pleinement leur rôle dans la prévention des risques auxquels les enfants peuvent être exposés et à faire de leur protection une responsabilité collective.

Un examen des enfants pour identifier les signes de malnutrition

De son côté, Monsieur KALAMO BATENDE Esaïe, chargé de la protection des enfants au sein de la structure, a effectué un passage auprès des enfants bénéficiaires afin d’observer leur état nutritionnel et de repérer d’éventuels signes de malnutrition.

Cette démarche s’inscrit dans la volonté de ne pas limiter l’assistance à la seule distribution alimentaire, mais aussi de porter une attention particulière à l’état de santé des enfants concernés.

Dans son intervention, le chargé de la protection des enfants a souligné l’importance d’identifier rapidement les signes de malnutrition afin que les enfants nécessitant une prise en charge puissent être orientés vers des professionnels de santé.

« Notre préoccupation est de voir ces enfants grandir dans de bonnes conditions et de contribuer à leur protection. Lorsque nous rencontrons des enfants présentant des signes d’amaigrissement ou d’autres manifestations pouvant faire penser à la malnutrition, il est important de ne pas les abandonner à leur sort. Nous devons encourager leurs parents à consulter les structures sanitaires afin qu’ils bénéficient d’une évaluation appropriée et des soins nécessaires », a-t-il expliqué.

L’évaluation de l’état nutritionnel d’un enfant ne repose toutefois pas uniquement sur son apparence physique. Elle nécessite, selon le cas, la mesure du poids, de la taille ou de la longueur, ainsi que l’examen d’autres indicateurs nutritionnels par du personnel qualifié.

Parmi les formes de malnutrition aiguë figurent la malnutrition aiguë modérée et la malnutrition aiguë sévère. Le marasme, quant à lui, est une forme grave de malnutrition caractérisée notamment par un amaigrissement important lié à un déficit prolongé en énergie et en nutriments. Ces situations nécessitent une attention médicale adaptée à leur gravité.

Il convient donc de distinguer le repérage communautaire des signes de malnutrition du diagnostic médical, lequel doit être établi à partir d’une évaluation appropriée. Les enfants présentant des signes inquiétants doivent être orientés sans délai vers une structure sanitaire compétente.

L’intervention de Monsieur Kalamo BATENDE Esaïe met ainsi en évidence l’importance d’associer l’assistance alimentaire à la prévention, au dépistage et à l’orientation des enfants susceptibles de nécessiter une prise en charge spécialisée.

Un appel à la solidarité des partenaires et des personnes de bonne volonté

Face aux besoins des enfants et aux difficultés rencontrées par certaines familles de Mugunga, le CAFEDDHU lance un appel aux organisations partenaires, aux acteurs humanitaires, aux associations et à toutes les personnes de bonne volonté afin qu’ils apportent leur soutien à cette catégorie d’enfants.

Pour l’organisation, la distribution de bouillie nutritive constitue une réponse immédiate à un besoin essentiel, mais les défis liés à la malnutrition et à la vulnérabilité des enfants exigent un accompagnement plus régulier.

Le soutien sollicité pourrait notamment contribuer à la disponibilité de produits alimentaires adaptés aux jeunes enfants, à l’accès aux soins de santé, au suivi nutritionnel et à la sensibilisation continue des parents. Il pourrait également favoriser la mise en place d’actions durables au bénéfice des familles qui rencontrent des difficultés à couvrir les besoins fondamentaux de leurs enfants.

Le CAFEDDHU estime que la protection de l’enfance ne doit pas être considérée comme la responsabilité d’une seule organisation. Elle nécessite une coopération entre les familles, les communautés locales, les structures sanitaires, les organisations de défense des droits humains et les partenaires disposés à accompagner les initiatives en faveur des personnes vulnérables.

En intervenant auprès de plus de 50 enfants à Mugunga, l’organisation réaffirme ainsi son engagement en faveur de la dignité humaine et de la protection des droits de l’enfant.

Dans une communauté où les besoins sociaux restent importants pour certaines familles, cette initiative rappelle que la solidarité peut contribuer à soulager les difficultés immédiates, tout en attirant l’attention sur la nécessité de renforcer les mécanismes de protection et de prise en charge nutritionnelle des enfants.

Le CAFEDDHU appelle donc à une mobilisation collective afin que les enfants les plus vulnérables puissent bénéficier d’une alimentation appropriée, de soins adaptés et d’un environnement protecteur leur permettant de grandir dans de meilleures conditions.

J-Rostand VUSANGI M. 

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