Goma, 24 juin 2026 – Une trentaine de facilitateurs communautaires, leaders religieux et leaders communautaires issus principalement des quartiers Mugunga, Lac Vert et Ndosho, dans la partie Ouest de la ville de Goma, ont pris part ce mercredi à un atelier d’échange d’expériences organisé par Tearfund RDC à l’hôtel Ishango.

Placée sous le thème de la définition de la vision, de l’objectif, du vivre-ensemble, de la transformation communautaire, de l’autoprise en charge et des initiatives communautaires, cette rencontre visait à renforcer les capacités des acteurs de proximité afin qu’ils deviennent des facilitateurs et agents de changement au sein de leurs communautés respectives.
Au cours des travaux, Monsieur Édouard Saidi, Chargé de la mobilisation de l’Église et de la communauté, Facilitateur et Formateur au sein de Tearfund RDC, a rappelé que cette activité réunissait différentes composantes de la société.
« Parmi nous, nous avons les leaders communautaires, les leaders religieux et quelques invités de Goma Ouest, spécialement des quartiers Mugunga, Lac Vert et Ndosho », a-t-il indiqué.
Selon lui, l’objectif principal de cet atelier est d’amener les participants à devenir eux-mêmes des acteurs de leur propre développement, sans dépendre systématiquement d’une assistance extérieure.

Dans cette optique, il a souligné : « Nous souhaitons qu’ils rentrent dans leurs milieux respectifs déjà outillés par notre formation afin qu’ils soient conscients de leurs situations et les transformer eux-mêmes sans attendre de l’aide extérieure. »
Pour atteindre ce résultat, les organisateurs ont d’abord procédé à une évaluation participative des acquis des précédentes formations. Les participants ont été invités à partager leurs expériences de terrain, notamment les réussites enregistrées et les difficultés rencontrées dans l’application des connaissances reçues.
À ce sujet, M. Édouard Saidi a expliqué : « Nous avons d’abord commencé par le partage de la mise en œuvre d’une partie des matières qu’ils avaient reçues avant, comment ils les appliquent. Et là, il s’agit du partage de l’expérience et de réflexion sur ce qui avait marché et ce qui avait échoué ; d’où nous avons soutiré les points à améliorer, de là nous avons identifié les zones de faiblesse à réorienter. »
À l’issue de cette séance de réflexion, les participants ont reçu de nouvelles orientations qui devront être mises en pratique durant les prochaines semaines dans leurs communautés respectives.
« Après cette séance, nous leur donnons un mois d’application pour aller se rassurer de ce qui doit être fait exactement sur le terrain ; qu’ils partent être des facilitateurs de qualité auprès des communautés et des églises afin que celles-ci soient transformées d’une manière holistique », a-t-il poursuivi.
Le formateur de l’organisation Tearfund a également précisé que cette approche s’inscrit dans le cadre de la promotion de la masculinité positive et du renforcement de la cohésion sociale, dans cette zone longtemps secouée par la guerre.
« Ce volet est classé dans la masculinité positive et vise le vivre-ensemble, l’autoprise en charge et d’autres initiatives communautaires qui étaient mal appliquées dans la communauté », a-t-il affirmé.
Pour Tearfund RDC, cette initiative répond à un besoin réel observé sur le terrain. Malgré les différentes formations déjà organisées, plusieurs bénéficiaires, les uns issus de la Communauté des Églises Pentecôtistes et Baptiste au Congo (CEPBC) , les autres des musulmans, éprouvaient encore des difficultés à utiliser correctement les outils mis à leur disposition.
« Et cela part du constat selon lequel nos participants d’aujourd’hui avaient des outils, des formations qu’ils n’avaient pas bien utilisés ou dont ils n’arrivaient pas à bien se servir », a expliqué M. Saidi.
Parmi les notions développées au cours de l’atelier figure notamment la distinction entre la vision et l’objectif, deux concepts souvent confondus au sein des communautés et même dans certaines structures religieuses.
À ce propos, il a déclaré : « En titre d’exemple, nous leur avons appris à distinguer la vision de l’objectif, partant de la cacophonie qui régnait dans leur communauté. Et définir chacun de ces termes pour essayer d’éclairer leurs lanternes. Nous avons remarqué que les Églises veulent s’atteler à transformer le volet spirituel tout en ignorant l’aspect social. »
Pour Tearfund RDC, le développement communautaire doit être global et prendre en compte aussi bien les dimensions spirituelles, sociales qu’économiques.
Le rôle des facilitateurs formés est ainsi de rendre les initiatives plus accessibles aux populations en les accompagnant dans la recherche de solutions adaptées à leurs réalités locales .
« Ces facilitateurs, comme leur nom l’indique, vont rendre facile toutes les initiatives dans la prise en charge des communautés, par la création des AVEC (Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit), par l’approche andragogique », a ajouté le facilitateur.

Les participants ont, quant à eux, salué la pertinence des enseignements reçus.
De surcroît, ils ont particulièrement mis en avant les changements positifs déjà observés dans leurs communautés grâce aux différentes formations reçues de Tearfund RDC. À travers leurs témoignages, plusieurs ont reconnu avoir rompu avec la dépendance à l’aide extérieure pour s’engager dans des initiatives d’autoprise en charge. « Après les différentes formations reçues de Tearfund, nous ne passons plus notre temps à attendre l’aide des autres. Aujourd’hui, nous exerçons déjà des activités génératrices de revenus qui nous permettent de répondre à certains besoins de nos familles », a témoigné l’un des participants. Un autre a renchéri : « Grâce aux likelemba et aux autres initiatives communautaires apprises lors des précédentes formations, nous avons retrouvé confiance en nos capacités et nous contribuons nous-mêmes au développement de nos communautés. » Ces expériences réussies ont constitué le socle des échanges de cet atelier, offrant aux participants l’occasion de partager les acquis, les défis rencontrés ainsi que les bonnes pratiques à consolider pour une transformation durable des communautés.
Parmi eux, Monsieur Moïse Mushaka a reconnu que cette formation lui a permis de mieux comprendre son rôle dans le développement de sa communauté.
« La communauté de Mugunga était presque dépendante ; elle vivait de la mendicité ; peut-être parce qu’elle vient fraîchement de la crise sécuritaire. Par cet atelier, nous avons appris à ouvrir des activités génératrices de revenus (AGR) dont nous allons nous servir pour revivre et construire notre bien-être », a-t-il témoigné.

Même satisfaction du côté de Madame Hawa Kalonji, membre de la communauté musulmane, qui estime avoir acquis des outils pratiques pour améliorer ses conditions de vie ainsi que celles de son entourage.
« Notre communauté vivait dans une pauvreté totale. Elle ne savait pas se prendre en charge et se tourmentait beaucoup de la vie. À travers cet atelier, je sais déjà comment relever les défis et savoir organiser ma vie et celle de la population avec qui je vis », a-t-elle déclaré.
Pour sa part, Madame Gracia Mbombo, également participante à l’atelier, s’est engagée à mettre en pratique les enseignements reçus afin de contribuer efficacement au développement de sa communauté. Elle a remercié Tearfund RDC pour cette initiative qui, selon elle, constitue une véritable opportunité de transformation sociale et économique pour les populations locales. « Nous devons maintenant distinguer les choses. Il y a le temps de prière, et le temps de travailler. Quelqu’un ne peut pas passer tout son temps dans l’église croyant prier et attendre ce que Dieu lui fasse des miracles. Plutôt prier Dieu de bénir le peu d’activité entreprise pour qu’elle soit prospère », a-t-elle enrichit.

Dans sa zone d’intervention, Tearfund RDC continue à promouvoir les communautés dans la résilience pour leur permettre d’identifier elles-mêmes leurs défis, de mobiliser leurs ressources locales et de développer des solutions durables en faveur du bien-être collectif.
J-Rostand VUSANGI M.