La résurgence de la peste des petits ruminants (PPR) dans l’espace Grand Kasaï remet en lumière la vulnérabilité du secteur de l’élevage en République démocratique du Congo. Lors du Conseil des ministres du vendredi 10 juillet 2026, le ministre de la Pêche et Élevage a dressé un ttableau tant préoccupant que inquiétant de la situation zoo-sanitaire dans plusieurs provinces du centre du pays.
Selon les informations présentées, le territoire de Lusambo, dans la province du Sankuru, a enregistré une nouvelle flambée de cette maladie animale hautement contagieuse. En seulement cinq jours, 315 chèvres ont péri. Cette situation illustre la rapidité avec laquelle la peste des petits ruminants peut décimer un cheptel lorsqu’elle n’est pas rapidement maîtrisée dans la zone.
Le gouvernement indique que cette situation ne se limite pas au Sankuru. D’autres provinces comme le Kasaï, le Kasaï Central, le Kasaï Oriental et la Lomami connaissent également une recrudescence de pathologies animales qui affectent les élevages. À cela s’ajoute la propagation de la rage canine, déjà responsable de plus de trente décès humains dans cette partie du pays.
Au-delà des chiffres, cette crise représente un véritable défi économique et social. Dans plusieurs ménages ruraux, les chèvres, moutons et volailles constituent la principale source de revenus, d’épargne et de sécurité alimentaire. Leur disparition prive les familles de moyens de subsistance, réduit les revenus des éleveurs, compromet la scolarisation des enfants et fragilise davantage des populations déjà confrontées à la pauvreté.
Si une telle épizootie venait à s’étendre à l’ensemble des 26 provinces de la République Démocratique du Congo, les conséquences pourraient être particulièrement encore lourdes. Une propagation nationale entraînerait notamment:
– une diminution importante de la production de viande, avec un risque de pénurie sur plusieurs marchés ;
– une hausse des prix des produits d’élevage, réduisant l’accès des ménages aux protéines animales ;
– des pertes financières considérables pour les éleveurs et les commerçants du secteur ;
– une aggravation de l’insécurité alimentaire dans les zones rurales comme urbaines ;
– un recul des activités économiques liées à l’élevage et aux marchés à bétail ;
– une augmentation des dépenses publiques consacrées aux interventions vétérinaires d’urgence ;
– un risque accru pour la santé publique en raison de la circulation d’autres maladies animales, notamment la rage.
Même si la peste des petits ruminants n’est généralement pas transmissible à l’être humain, son impact économique peut être dévastateur. La disparition massive du cheptel affecte directement les moyens de subsistance de millions de familles vivant de l’élevage et peut ralentir durablement le développement du secteur agricole.
Face à cette menace, le ministre de la Pêche et Élevage a insisté sur la nécessité d’accélérer la deuxième phase de la campagne nationale de vaccination contre les principales épizooties. Il a également plaidé pour la poursuite régulière des campagnes de vaccination à grande échelle afin de protéger le cheptel national et de prévenir de nouvelles flambées.
Cette situation rappelle l’importance de renforcer durablement les services vétérinaires, d’améliorer la surveillance épidémiologique, de sensibiliser les éleveurs aux mesures de prévention et d’assurer une disponibilité suffisante des vaccins sur toute l’étendue du territoire national. Une réponse rapide et coordonnée demeure essentielle pour éviter que cette crise sanitaire animale et sociale ne se transforme en une crise économique et alimentaire de grande ampleur pour la République Démocratique du Congo.
J-Rostand VUSANGI M,