Homélie de la solennité de la Sainte Trinité

Homélie de la solennité de la Sainte Trinité

Ma nouvelle nomination dans la paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya me donne une occasion de recherche. Avec le Pape François qui exhortait que les homélies soient courtes au maximum 10 minutes, alors comme prêtre de 24 ans, proche de mon jubilé d’argent (25 ans) d’ordination sacerdotale, je peux proposer aux confrères et à d’autres chrétiens de prendre l’essentiel.

Homélie de la solennité de la Sainte Trinité

Chers frères et sœurs, aujourd’hui c’est la solennité de la Sainte Trinité, directement le dimanche suivant la Pentecôte. La Sainte Trinité c’est le mystère d’un seul Dieu en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit reconnues comme distinctes dans l’unité d’une seule nature ou essence ou substance. C’est le Pape Jean XXII qui a introduit cette fête pour toute l’Eglise en 1334. Le concile de Nicée I, en 325 reconnait la divinité de Jésus-Christ. Celui de Constantinople I, en 381, celle du Saint-Esprit. Le Symbole dit de ‘’Nicée-Constantinople’’, affirme la Trinité de Dieu proclamée par la structure ternaire du Credo (Ordo, 2025-2026, p.176).

La Sainte Trinité c’est quand Dieu se révèle selon sa vraie nature. Qui est Dieu ? Une question qui se pose aux humains. Il a fallu longtemps pour le découvrir en vérité. Or, le vrai Dieu ne saurait se révéler qu’au-delà de l’effondrement de toutes les illusions. Les chrétiens affirment que Dieu s’est révélé en Jésus-Christ. Nous croyons qu’à travers sa mort, manifestant la plénitude de l’amour, Jésus nous a donné d’entrevoir celui dont il parlait comme un Père dont il était le Fils, vivant de son Esprit.

Pour beaucoup de croyants, l’énoncé du dogme de la Trinité est difficile à comprendre. Mais celui qui est en recherche de Dieu, il est attrayante lumière nous ouvrant à la perspective d’un prodigieux échange auquel nous sommes invités à rendre part. Donc, chaque Personne a sa fonction : au nom du Père, le Créateur, et du Fils, le Sauveur, et du Saint-Esprit le Défenseur.

Dans la 1ère lecture (Ex 34, 4-6. 8-9), les Hébreux, libérés d’Egypte, sont engagés dans l’alliance sinaïtique, à la Loi. Moïse intercède pour le peuple coupable. C’est alors que le Dieu libérateur se fait connaître sous un aspect jusque-là inconnu : Le Seigneur redoutable est en même temps tendre et miséricordieux…plein d’amour et de fidélité. Première approche d’une révélation qui rebondira en Jésus-Christ. Elle achemine déjà les croyants vers la reconnaissance de la réalité la plus intime de Dieu. « Le Seigneur descendit dans la nuée et vint se placer auprès de Moïse. Il proclama lui-même son nom : ‘’ ADONAI, le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité ‘’». Le peuple à la tête dure, est devenu un peuple choisi. Nous, le nouveau peuple de Dieu, soyons simples pour recevoir les bénédictions du vrai Dieu qui nous aime.

Le cantique des trois jeunes gens dans la fournaise, illustre la façon dont le peuple élu a maintenu la confession du vrai Dieu, malgré les persécutions. Ce chant énonce tous les aspects de l’œuvre divine permettant de saisir la grandeur du Seigneur : « Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères : A toi louange et gloire éternellement ! ».

 Dans la 2e lecture (2 Co 13, 11-13), Paul incite ses correspondants à la perfection de la charité. La fraternité chrétienne est source de paix et de joie. Elle reflète sensiblement la réalité d’un Dieu qui s’est fait connaître comme Seigneur de paix et d’amour. « Vivez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous ». C’est dans cette lecture que nous trouvons la salutation de chaque célébration Eucharistique : « Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint soient avec vous ». Pour l’évêque c’est : « La paix soit avec vous ». En vivant en paix avec tout le monde, c’est un signe que nous sommes sauvés. Malheureusement beaucoup de gens vivent en conflits avec d’autres. Nous sommes dans un pays en guerre ça se remarque que notre vie chrétienne chancèle.

Dans l’Evangile (Jn 3, 16-18), c’est l’entretien de Jésus avec Nicodème. Saint Jean souligne la foi de l’Eglise en Jésus Fils de Dieu, livré pour le salut du monde. Croire en cela, c’est entrer dans la vie, car accéder à la révélation libératrice d’un Dieu qui nous aime. « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». En croyant nous échappons au jugement.

Le dimanche passé, le jour de la Pentecôte, nous avons dit que par le don de l’Esprit, l’Eucharistie devient pour nous ‘’corps et sang du Christ’’. De façon naturelle, l’Eucharistie n’est qu’un simple partage du pain et du vin. C’est la présence de l’Esprit Saint qui donne à ce partage une nouvelle dimension. Il devient participation à l’échange d’amour propre de Dieu. En célébrant la messe, nous prenons conscience de l’importance de notre appel à l’Esprit. C’est lui qui donne son sens au pain et au vin comme corps et sans de Christ.

Célébrer l’Eucharistie, c’est déjà participer à la vie trinitaire. L’Esprit entre dans notre cœur, nous tourne vers le Père et nous donne une conscience de fils. Nous pouvons alors faire nôtre l’action de grâce que Jésus ne cessa de rendre tout au long de son existence. Il le manifesta par le don de lui-même sur la croix. Notre vie toute entière est saisie dans le mouvement de vie de Dieu trinitaire. Tel est le fruit de l’Eucharistie.

Dans notre vie confessons notre foi en Dieu Trinitaire. Puisse cette affirmation ne pas rester parole vide. L’Eucharistie nous donne de vivre vraiment de l’échange même qui caractérise la vie divine.

Au cours de cette Eucharistie où nous confessons un Dieu en trois personnes, demandons la grâce de travailler ensemble pour le salut de l’humanité. En clôturant le mois marial, puisse la Très Sainte Vierge Marie intercéder pour nous auprès de son Fils, afin d’avoir la vraie foi en témoignant de l’amour de Dieu dans l’unité du Saint-Esprit. Dans notre rosaire n’oublions pas les malades atteints par la maladie à virus Ebola. Observons les mesures barrières et que Dieu vous bénisse. Amen.

Abbé Eugène HALERIMANA BAZIMENYERA

Paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya

Nyiragongo, le 31 mai 2026

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