Homélie du 12e dimanche du Temps Ordinaire/A

Homélie du 12e dimanche du Temps Ordinaire/A

Ma nouvelle nomination dans la paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya me donne une occasion de recherche. Avec le Pape François qui exhortait que les homélies soient concises, alors comme prêtre de 24 ans, proche de mon jubilé d’argent (25 ans) d’ordination sacerdotale, je peux proposer aux confrères et à d’autres chrétiens de prendre l’essentiel.

Chers frères et sœurs,  ce 12e dimanche du Temps Ordinaire/A et Journée mondiale de communications sociales, nous invite au témoignage chrétien en étant courageux. Dans notre vie nous avons beaucoup de moments d’avoir eu peur. C’est par la parole de Dieu que nous pouvons gérer nos peurs. Oui, chacun a ses peurs. Les prophètes ont su dominer leurs  peurs parce qu’ils avaient confiance en Dieu. A nous de les imiter. 

Dans la 1ère lecture (Jr 20,10-13), le prophète est persécuté parce qu’il disait la vérité. On lui avait donné le sobriquet (le surnom), de prophète des malheurs. « L’homme qui voit partout la terreur ». En fait, au moment où s’écroulait le royaume de Juda, au VIe siècle av. J.C., Jérémie connaît un destin tragique. Il voit s’effondrer le monde auquel il est profondément attaché. Il lui faut surtout annoncer la catastrophe à des aveugles, et qui tiennent à le rester. Un peuple qui ne comprend pas ce qui va lui arriver. Chez nous au village un proverbe en Kiswahili nous dit ceci : « Kichwa ya kondoo inasikiaka wakati iko ku moto » (La tête du mouton comprend quand elle est sur le feu). Jérémie voudrait pouvoir se taire, mais l’appel du Seigneur est plus fort. Il parle malgré les persécutions. Ayant perdu tout appui, il connaît la solitude. Plongé dans la plus profonde angoisse, il se tourne avec confiance vers le Seigneur. « Mais le Seigneur est avec moi, comme un guerrier redoutable ; mes persécuteurs s’écrouleront ». Chaque chrétien doit témoigner malgré les persécutions.

Le psaume responsorial 68 qui a pour refrain : « Dans ta grande bonté, écoute-moi » ; un juste accusé à tort, se tourne vers Dieu. C’est une prière que le chrétien peut reprendre en pensant au Christ rejeté et à tous ceux qui ont souffert ou souffrent dans la persécution pour le témoignage qu’ils rendent à la vérité.  

Dans la 2e lecture (Rm 5, 12-15), Paul découvre la tentation de l’homme dans le récit du péché originel. Il souligne que cette faute est bien plus radicale que la désobéissance à la loi de Moïse. Mais le Christ a inversé ce processus. Affrontant la mort, il a manifesté ce qu’était la vie de l’amour. A travers lui, s’affirme un au-delà de la mort, un monde de grâce. Ce monde est ouvert par la foi, antithèse de la peur. « Cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus-Christ ». La mort fait partie de notre finitude, mais nous croyons à la vie éternelle.

Dans l’Evangile (Mt 10,26-33), Jésus invite les Apôtres à ne pas avoir peur des humains. « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l’âme ». Les chrétiens de Syrie auxquels s’adresse Matthieu connaissent la peur. Vivant au sein du judaïsme, ils se sentent menacés, sinon de mort, au moins d’exclusion du monde qui est le leur. En rappelant les paroles de Jésus, lorsqu’il envoya ses Apôtres en mission, l’évangéliste entend redonner confiance à ses contemporains. La pleine vérité du Royaume sera bientôt dévoilée. « Tout ce qui est caché sera connu ». Les persécuteurs ne peuvent détruire la vraie vie. Dieu veille sur les siens. Que les croyants soient donc libérés de toute crainte, et qu’ils proclament la parole.

C’est par nos bonnes œuvres que nous pouvons témoigner du Christ. Le chrétien c’est celui qui vit de la parole de Dieu. C’est en nous aimant les uns les autres que le monde va croire. En cette journée mondiale de communications sociales soyons missionnaires afin que l’évangile arrive jusqu’aux extrémités de la terre. C’est en témoignant publiquement de la parole de Dieu que nous rendons à Dieu l’hommage qu’il attend de nous. « Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux ». Donc, nous sommes avertis, il ne faut pas nier notre foi chrétienne.

Au cours de cette Eucharistie demandons la grâce du courage à l’exemple de Jérémie et des Apôtres qui ont témoigné de la foi. « La vérité blessetoute vérité n’est pas bonne à dire », mais on ne peut pas dire la vérité contre la charité. Dans un pays pleins de discours de haine, demandons à la Très Sainte Vierge Marie d’intercéder pour nous afin de dire la vérité malgré les persécutions.

Abbé Eugène HALERIMANA BAZIMENYERA

Paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya

Nyiragongo, le 21 juin 2026

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