Homélie du 15e dimanche du Temps Ordinaire/A

Homélie du 15e dimanche du Temps Ordinaire/A

Chers frères et sœurs,  en ce 15e dimanche du Temps Ordinaire/A, dans la 1ère lecture (Is 55,10-11), cet extrait du livre de la consolation, écrit au cours de l’Exil, le prophète redonne confiance au peuple. Il annonce la fête à venir en donnant l’exemple de la pluie avec ses avantages. « La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre ». En parallélisme avec la parole de Dieu, le prophète montre les avantages : « Ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne reviendra pas sans résultats ». Le peuple d’Israël doit avoir confiance au Seigneur, car même les nations elles-mêmes se précipiteront pour participer à la fête, reconnaissant la grandeur du Seigneur. L’écrivain sacré arrête alors sa description pour contempler avec admiration la puissance de la parole divine : elle réalise toujours ce qu’elle annonce.

Face à un peuple découragé, nous devons annoncer l’espérance. Un jour Dieu nous sauvera de notre exil. Un bon chrétien doit être confiant. On ne le dira jamais, assez, « Les épreuves vérifient la qualité de notre foi ».

Le psaume responsorial qui a pour refrain : « Oui, l’amour du Seigneur emplit l’univers ! », il s’agit d’une prière de louange à Dieu qui répand l’abondance sur la terre. Tel un bon cultivateur, il la prépare à recevoir la semence. Ce sera bientôt le temps de la moisson et de la fête. 

Dans la 2e lecture (Rm 8,18-23), en changeant le cœur de l’homme, la parole de Dieu tend à reconstituer une création qui s’était désintégrée. « En effet, la création aspire de toutes ses forces à voir cette révélation des fils de Dieu ». L’univers entier se trouve comme orienté par le chrétien. Le dynamisme de l’Esprit vient redonner son sens à un monde où tous les êtres se tiennent. Tous ceux-ci se trouvent saisis dans un même élan les entraînant vers un achèvement dans la gloire. Un discours écologique qui a son sens aujourd’hui où nous subissons les effets du réchauffement climatique. Le Pape François l’avait bien explique dans sa lettre encyclique « Laudato si’, mi’ Signore », – « Loué sois-tu, mon Seigneur », chantait saint François d’Assise. Dans ce beau cantique, il nous rappelait que notre maison commune est aussi comme une sœur, avec laquelle nous partageons l’existence, et comme une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts : « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe ». Cette sœur crie en raison des dégâts que nous lui causons par l’utilisation irresponsable et par l’abus des biens que Dieu a déposés en elle. Nous avons grandi en pensant que nous étions ses propriétaires et ses dominateurs, autorisés à l’exploiter. La violence qu’il y a dans le cœur humain blessé par le péché se manifeste aussi à travers les symptômes de maladie que nous observons dans le sol, dans l’eau, dans l’air et dans les êtres vivants. C’est pourquoi, parmi les pauvres les plus abandonnés et maltraités, se trouve notre terre opprimée et dévastée, qui « gémit en travail d’enfantement » (Bm 8, 22). Nous oublions que nous-mêmes, nous sommes poussière (cf. Gn 2, 7). Notre propre corps est constitué d’éléments de la planète, son air nous donne le souffle et son eau nous vivifie comme elle nous restaure.

 Dans l’Evangile (13,1-23), il s’agit de la parabole du semeur qui est d’abord un message d’espérance. Dieu a abondamment prodigué la parole, et on peut penser qu’elle a été semée en vain. Mais, elle finit par germer en abondance. C’est là une réalité mystérieuse que seuls peuvent comprendre ceux qui sont ouverts à la réalité spirituelle. Les premiers chrétiens aimaient également méditer la portée morale du récit du Christ. Ils ont souligné les obstacles qui, en chacun de nous, font obstacle à la croissance de la graine. Revoir la parole dans la bonne terre devait être notre objectif. C’est le chrétien qui entend la parole et la comprend pour porter des fruits en abondance : « en raison de cent, ou soixante, ou trente pour un ».

Au cours de cette Eucharistie demandons la grâce de l’écoute de la parole de Dieu afin de porter beaucoup de fruits. Il est vrai, tant de désirs, tant d’attachements coupables s’opposent à ce que nous recevions la parole de Dieu dans toute sa profondeur. Puisse la Très Sainte Vierge Marie, celle qui a dit ‘’oui’’ à la parole de l’ange, intercéder pour nous afin d’éviter les obstacles qui sont tendus devant nous dans notre vie quotidienne.

Abbé Eugène HALERIMANA BAZIMENYERA

Paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya

Nyiragongo, le 12 juillet 2026

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