Ma nouvelle nomination dans la paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya me donne une occasion de recherche. Avec le Pape François qui exhortait que les homélies soient concises, alors comme prêtre de 24 ans, proche de mon jubilé d’argent (25 ans) d’ordination sacerdotale, je peux proposer aux confrères et à d’autres chrétiens de prendre l’essentiel.
Chers frères et sœurs, en ce 16e dimanche du Temps Ordinaire/A, la liturgie de la parole nous invite à produire de bons fruits malgré la longueur du temps. Il faut avoir la patience.
Dans la 1ère lecture (Sg 12,13.16-19), l’écrivain sacré, un juif d’Alexandrie vivant au Ier siècle av.J.C, après avoir longuement médité sur la façon dont Dieu s’est comporté vis-à-vis d’Israël, il arrive à une tout autre vision des choses. Il perçoit la patience de Dieu acheminant les ennemis d’Israël eux-mêmes à la conversion finale. « Il n’y a pas de Dieu, en dehors de toi Seigneur, toi qui prends soin de toute chose, et montres que tes jugements ne sont pas injustes ». Le texte utilisé ici résume sa réflexion en montrant que le Seigneur est en définitive plus humain que l’homme. « Tu as enseigné à ton peuple que le juste doit être humain ». Si seulement nous pouvons devenir vraiment plus humains ! Dans la vie courante l’humanisme nous manque. En voyant seulement les conflits violents dans le monde, c’est une preuve de notre inhumanité.
Le psaume responsorial (Ps 85) qui a pour refrain : « Sauve-nous, Seigneur, par ton amour », invoque la pitié de Dieu. Un psaume écrit probablement au moment où le Judaïsme est persécuté par l’Hellénisme (civilisation grecque). Contrairement à des prières plus anciennes qui appelaient à la vengeance sur les ennemis, ce texte dit l’espoir que les païens eux-mêmes viendront rendre gloire au Seigneur. Celui-ci est en effet lent à la colère, plein d’amour et de vérité.
Dans la 2e lecture (Rm 8, 26-27), l’apôtre Paul remarque que laissés à nous-mêmes, nous sommes incapables de nous tourner vraiment vers Dieu. « Frères, l’Esprit-Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il le faut ». En effet, c’est le Seigneur lui-même qui vient nous soulever par son Esprit. Celui-ci nous rend capables de nous ouvrir à l’amour du Père.
Dans l’Evangile (Mt 13,24-43) ou (brève : 24-30), Jésus enseigne en paraboles. Dans la lecture longue il s’agit de la parabole de l’ivraie, la parabole de la graine de moutarde, la parabole du levain. C’était difficile de comprendre ces paraboles. Heureusement que Jésus donne l’explication de la parabole de l’ivraie. « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ; le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais. L’ennemi qui l’a semée, c’est le démon ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges ».
Une question se pose. Pourquoi le maître n’a pas autorisé aux serviteurs d’arracher l’ivraie avant le temps ? La réponse est claire, de peur qu’en enlevant l’ivraie ils n’arrachent le blé. Il faut les laisser pousser ensemble jusqu’à la moisson. Aux serviteurs pressés par le temps, le maître donne le sens du temps. La réalité spirituelle ne s’impose pas brutalement. Elle se crée lentement, au cours d’une histoire. C’est seulement au terme de celle-ci qu’il sera possible de reconnaître le sens définitif des événements. On découvrira alors que ce qui avait pu sembler mauvaise herbe a en réalité donné du bon grain. Dieu est toujours patient. Il fait lever son Soleil sur les bons et sur les méchants.
Ainsi, à chaque Eucharistie, c’est une occasion offerte à nous comme témoignage d’un Dieu qui attend notre retour à lui. Malheureusement, nous nous approchons de la table du Seigneur avec beaucoup de contradictions et nous désespérons. Mais le Seigneur, lui, espère toujours. C’est le sens d’une Eucharistie qui nous est toujours offerte, malgré notre indignité.
Que cette Eucharistie, puisse faire germer en nous la miséricorde divine. Que la Très Sainte Vierge Marie intercède pour nous auprès de son Fils afin d’avoir la force de la patience dans notre vie. Un proverbe nous dit : « La patience est longueur de temps » et « celui qui est patient mange les fruits mûrs ».
Abbé Eugène HALERIMANA BAZIMENYERA
Paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya
Nyiragongo, le 19 juillet 2026