Ma nouvelle nomination dans la paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya me donne une occasion de recherche. Avec le Pape François qui exhortait que les homélies soient concises, alors comme prêtre de 24 ans, proche de mon jubilé d’argent (25 ans) d’ordination sacerdotale, je peux proposer aux confrères et à d’autres chrétiens de prendre l’essentiel.
Chers frères et sœurs, en ce 17e dimanche du Temps Ordinaire/A, la liturgie de la parole, nous donne l’occasion de chercher l’essentiel dans notre vie chrétienne qui constitue le vrai trésor qu’on doit gagner : le Royaume des cieux.
Dans la 1ère lecture (1 R 3,5.7-12), Salomon, roi d’Israël unifié par son père David, au début du Ier millénaire av.J.C, demande la sagesse afin de mieux diriger son peuple. Il est encore jeune pour diriger un grand peuple. « Je suis un tout jeune homme, incapable de se diriger, et me voilà au centre du peuple que tu as élu ». Salomon a demandé le discernement. Une prière de demande qui plut au Seigneur. « Puisque tu as demandé, et non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis…je te donne un cœur intelligent et sage, tel que personne n’en a eu avant toi et que personne n’en aura après toi ».
En fait, le discernement c’est distinguer le bien du mal. On ne peut pas gouverner un peuple sans ce critère de discernement. Sinon on tombe dans l’arbitraire. Le peuple d’Israël n’a pas oublié la sagesse de Salomon, même si par la suite il sombra dans bien de fautes. Pour les grands spirituels, seul le Christ a suivi jusqu’au bout sa mission. Dans nos différentes responsabilités demandons la sagesse afin de mieux servir le peuple de Dieu.
Le psaume responsorial (Ps 118, 57.72.76.77.127-130), qui a pour refrain : « Mon espoir, c’est ta parole, guide-moi, Seigneur mon Dieu », après avoir attendu la réalisation de son espérance de la conquête d’une terre, le peuple d’Israël a découvert que la plénitude de vie viendra de la transformation du cœur de l’homme. Le psalmiste chante longuement la Loi, source de la vraie vie. « Mon bonheur, c’est la loi de ta bouche. Plus qu’un monceau d’or ou d’argent ».
Dans la 2e lecture (Rm 8, 28-30), Paul rappelle au chrétiens qui risquent toujours de se décourager face aux difficultés, qu’ils sont engagés sur la route par Dieu lui-même. « Quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait contribuer à leur bien ». L’Apôtre mentionne les différentes étapes de ce long chemin : la préparation lointaine, l’appel, le bouleversement de l’existence. A l’horizon, pointe une gloire qui, déjà, se laisse entrevoir chez ceux qui sont tournés vers le terme. Que les croyants aillent donc courageusement de l’avant.
Dans l’Evangile (Mt 13,44-52 ou bien : 44-46), Jésus donne certains paraboles du Royaume comparables au trésor caché dans un champ, aux perles fines, au filet qu’on jette dans la mer. Le Royaume des cieux est un bien qui mérite qu’on consacre toute sa vie à l’accueillir. Il exige donc un choix radical orientant toute l’existence. Nulle peine n’est trop grande pour celui qui est plein d’espérance de l’obtenir. Un jour, cette peine se transformera en joie. Dans la parabole du trésor caché dans un champ : « Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ ».
L’Eucharistie est un trésor pour lequel il nous faut savoir renoncer aux fausses richesses. Le trésor de notre vie, c’est le Christ qui nous entraîne dans le mouvement d’amour de la vie divine. Déjà l’Eucharistie est un avant-goût de ce trésor. Mais il s’agit là d’une réalité difficile à découvrir, car nous sommes attirés par des biens plus visibles. Pour l’essentiel est le spirituel qui semble invisible. Pour y accéder il nous faut ‘’vendre’’ beaucoup de biens.
Dans notre vie, essayons de chercher le Royaume des cieux. Il est là et pas encore là. Le déjà-là et le pas-encore. Que chaque Eucharistie puisse nous faire méditer sur le mystère du Royaume des cieux.
Au cours de cette Eucharistie, puisse la Très Sainte Vierge Marie intercéder pour nous afin d’avoir le courage chercher le Royaume avec sagesse et intelligence à la manière de Salomon.
Abbé Eugène HALERIMANA BAZIMENYERA
Paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya
Nyiragongo, le 26 juillet 2026