Ma nouvelle nomination dans la paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya me donne une occasion de recherche. Avec le Pape François qui exhortait que les homélies soient concises, alors comme prêtre qui fête le jubilé d’argent (25ans) d’ordination sacerdotale, je peux proposer aux confrères et à d’autres chrétiens de prendre l’essentiel.
Chers frères et sœurs, en ce 17e dimanche du Temps Ordinaire/A, la liturgie de la parole est riche d’enseignements, et surtout en ce moment où nous faisons une messe d’action de grâce pour notre jubilé d’argent, 25 ans d’ordination sacerdotale. Il y a eu des hauts et des bas, mais nous résistons encore.
Dans la 1ère lecture (Jr 20,7-9), nul prophète de l’Ancien Testament ne semble avoir eu une vie tragique que Jérémie. On l’a surnommé ‘’prophète des malheurs’’. Il est le trouble-fête, maudit de ses contemporains à qui il ne cesse d’annoncer la catastrophe proche. Il vit dans un intense sentiment d’abandon et de rejet. S’enfonçant dans la nuit, il crie son désespoir, avant que ne rejaillisse l’affirmation d’une espérance apparemment impossible. Il voudrait se taire, échapper à Dieu. Mais celui-ci l’a séduit. « Seigneur tu as voulu me séduire, et je me suis laissé séduire ». En fait, Jérémie parle d’une autre séduction. La vraie version dans l’âme de Jérémie c’est : « Seigneur tu m’as trompé, et je me suis laissé trompé ». Jérémie a accomplit la vocation du serviteur souffrant qui sera celle de Jésus.
Le prophète Jérémie a été beaucoup de fois persécuté. « A longueur de la journée, je suis en butte à la raillerie, tout le monde se moque de moi». Mais le prophète a résisté. Il ne s’est pas découragé. Comme Jérémie, en 25 ans nous avons eu des moments de découragement. « A longueur de journée, la parole du Seigneur attire sur moi l’injure et la moquerie ». C’est cela la vie d’un vrai prophète. « Mais il y avait en moi comme un feu dévorant, au plus profond de mon être ». Jérémie doit être notre modèle malgré les difficultés d’annoncer la Bonne Nouvelle à nos contemporains qui ne font que nous juger.
Dans le Psaume responsorial (Ps 62) qui a pour refrain : « Mon âme a soif de toi, Seigneur mon Dieu », il s’agit de la prière d’un fidèle, accablé par l’épreuve, qui lance son appel vers Dieu présent dans son sanctuaire. C’est là qu’il trouvera le repos. Cette certitude lui donne confiance, dans un monde difficile où son entourage tente de le détourner de la source de vie. Pour le chrétien, cette prière exprime l’attitude de Jésus devant ses ennemis et amis qui voudraient le détourner de sa mission.
Dans la 2e lecture (Rm 12,1-2), Paul donne des conclusions pratiques dans sa lettre. « Ne prenez pas pour modèle présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir quelle est la volonté de Dieu ». En s’offrant en sacrifice spirituel à son Seigneur, le croyant rompt avec la façon spontanée de penser des hommes.
Le monde présent a beaucoup d’idoles. Ces derniers temps la nouvelle éthique mondiale détruit notre vie chrétienne en commençant par tuer la famille. Il faut vraiment faire attention. Cette éthique tue notre pays et notre Eglise.
Dans l’évangile (Mt 16,21-27), Pierre qui venait de dire : « Tu es le Messie, le Fils de Dieu vivant », il veut le détourner de sa route vers la croix. « Cela ne t’arrivera pas ». Pierre malgré qu’il ait su reconnaitre la vérité concernant la personne de Jésus, il est encore loin d’avoir renoncé à une conception tout humaine du succès. Seule la passion l’arrachera à ses illusions et le rendra capable de vivre réellement sa foi. « Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ».
Dans notre vie nous voulons manger les omelettes sans casser les œufs. Nous voulons une vie facile sans épreuves. Porter notre croix devient difficile si nous ne sommes pas avec Jésus. Demandons la grâce de porter notre croix avec joie. Particulièrement à nos 25 ans de sacerdoce demandons la force de porter la croix du sacerdoce avec sérénité.
Au cours de cette Eucharistie, puisse la Très Sainte Vierge Marie intercéder pour nous auprès de son Fils afin d’accepter notre vocation sacerdotale malgré les vents contraires.
Abbé Eugène HALERIMANA BAZIMENYERA
Paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya
Nyiragongo, le 30 août 2026