Homélie du 29e dimanche du Temps Ordinaire/A

Homélie du 29e dimanche du Temps Ordinaire/A

Ma nouvelle nomination dans la paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya me donne une occasion de recherche. Avec le Pape François qui exhortait que les homélies soient concises, alors comme prêtre qui fête le jubilé d’argent (25ans) d’ordination sacerdotale, je peux proposer aux confrères et à d’autres chrétiens de prendre l’essentiel.

Homélie du 29e dimanche du Temps Ordinaire/A

Chers frères et sœurs, nous sommes au 29e dimanche du Temps Ordinaire/A. c’est aussi le dimanche de la mission Universelle. Historiquement, institué par le Pape Pie XI, le dimanche de la mission est fixé chaque année à l’avant dernier dimanche du mois d’octobre afin d’exprimer le sens et la finalité de la vie chrétienne. A l’occasion une collecte est organisée pour soutenir la mission universelle. La liturgie de la parole nous est riche d’enseignements.

Dans la 1ère lecture (Is 45, 1.4-6), le peuple vit encore en exil. Mais, le ‘’Second Isaïe’’ perçoit la décadence de Babylone. La force montante c’est l’empire Perse avec Cyrus comme roi qui a la réputation d’humanité et de respect des peuples. Pour le prophète, c’est l’homme providentiel, un instrument de Dieu pour sauver Israël. « Je t’ai rendu puissant, alors que tu ne me connaissait pas, pour que l’on sache de l’Orient à l’occident, qu’il n’y a rien en dehors de moi ». Cependant, très vite, le prophète entrevoit à travers celui qui se montre serviteur de Dieu par son action politique, un autre serviteur qui accomplira en plénitude l’œuvre divine. Il s’agit alors du Messie attendu en la personne de Jésus-Christ. Ce dernier est toujours préparé dans l’Ancienne Alliance. 

 Dans le Psaume responsorial (Ps 95) qui a pour refrain : « Chantons le nom du Seigneur, et rendons gloire à notre Dieu », le psalmiste montre que devant Dieu, Maître de l’univers, tous les pouvoirs humains révèlent leur néant. « Il est grand le Seigneur hautement loué redoutable au-dessus de tous les dieux : néant tous les dieux des nations ». Le Dieu d’Israël, lui seul mérite vraiment le titre de roi, car lui seul peut créer un univers marqué par la justice.

Dans la 2e lecture (1Th 1,1-5b), signalons que la lettre aux Thessaloniciens est avant tout centrée sur l’espérance de la venue triomphante du Royaume de Dieu. Lors de son retour, le Seigneur triomphera définitivement. Thessalonique, importante cité commerciale, fut évangélisé par Paul vers l’an 50 (Ac 17,1-10). Celui-ci n’y séjourna que peu de temps, car la communauté juive déclencha contre lui une violente persécution. Il avait pourtant eu le temps de jeter les bases d’une Eglise vivante, essentiellement composée des païens. La formation était rudimentaire, il envoya d’Athènes Timothée prendre de leurs nouvelles. Celles-ci le comblent de joie.

Paul félicite l’Eglise de Thessalonique qui a très bien accueilli l’Evangile. « En effet, notre annonce de l’Evangile chez vous n’a pas été simple parole, mais puissance, action de l’Esprit Saint, certitude absolue ». Les chrétiens doivent être activement tendus vers le retour du Seigneur par leur foi, leur espérance et leur charité. A travers eux, l’Esprit agit et entraîne le monde vers son achèvement en méditant profondément la parole divine. Combien de fois nous méditons la parole de Dieu dans nos familles ?

Dans l’évangile (Mt 22,15-21), les adversaires de Jésus lui tendent un piège. « Maître…est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? ». Ils veulent le forcer à prendre parti dans leurs conflits politiques. Se mettra-t-il du côté des collaborateurs ou des occupants romains ? Un dilemme. Quoi qu’il choisisse, il sera compromis. Mais Jésus se situe à un autre niveau de compréhension. Par une réponse lumineuse, il souligne la transcendance du Royaume par rapport à la réalité temporelle. « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».

En effet, tout au long des âges, les chrétiens ont témoigné de leur respect et de leur dévouement à l’Etat, mais aussi de leur refus d’accepter la dictature. En cela ils ont suivi Jésus. C’est la grande question du rapport entre la foi et la politique. 

Comme chrétiens, faisons la part des choses. Ce qui est très important dans notre vie c’est la transcendance du Royaume de Dieu.

     Au cours de cette Eucharistie, demandons la grâce de la foi lucide pour lutter contre les adversaires qui nous tendent toujours des pièges afin de nous faire périr face à un mauvais choix. Puisse la Très Sainte Vierge Marie intercéder pour nous auprès de son Fils qui a su échapper aux pièges de ses ennemis. Que ce mois marial nous aide dans nos différents projets spirituels. 

Abbé Eugène HALERIMANA BAZIMENYERA

Paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya

Nyiragongo, le 18 octobre 2026

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