Homélie du 30e dimanche du Temps Ordinaire/A

Homélie du 30e dimanche du Temps Ordinaire/A

Ma nouvelle nomination dans la paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya me donne une occasion de recherche. Avec le Pape François qui exhortait que les homélies soient concises, alors comme prêtre qui fête le jubilé d’argent (25ans) d’ordination sacerdotale, je peux proposer aux confrères et à d’autres chrétiens de prendre l’essentiel.

Homélie du 30e dimanche du Temps Ordinaire/A

Chers frères et sœurs, en ce 30e dimanche du Temps Ordinaire/A, la liturgie de la parole vient encore nous inviter à suivre les commandements et à les pratiquer. A ces conditions Dieu va nous écouter quand nous crions vers lui. 

Dans la 1ère lecture (Ex 22,20-26), la Loi de Moïse a pour but d’exprimer les exigences intérieures de l’homme libéré de la servitude. « Tu ne maltraiteras point l’immigré qui réside chez toi, tu ne l’opprimeras point, car vous étiez vous-mêmes des immigrés en Egypte ». Un peuple qui connaît l’expérience de l’esclavage ne peut pas opprimer d’autres peuples. Le code social d’Israël montre combien de fois en pratiquant la loi c’est le comportement de Dieu lui-même face à son peuple. Le cas de l’injustice contre la veuve et l’orphelin, Dieu les protège. « Si tu les accables, et qu’ils crient vers moi, j’écouterai leur cri ». 

En fait, partout au monde, l’immigré, les veuves et les orphelins sont discriminés et on est tenté de prendre leurs biens. Dans nos quartiers nous voyons les inscriptions sur des maisons : « Cette parcelle n’est pas à vendre ». Des conflits fonciers, des conflits de succession qui dérangent les familles. C’est Dieu seul qui peut prendre la défense des opprimés. L’injustice est partout. A nous de détecter et dénoncer. Avons-nous ce courage ?

Quant à prêter l’argent, il ne faut pas imposer des intérêts. Il s’agit d’aider un frère qui est dans le besoin. De même prendre en gage le manteau du prochain. Il faut le rendre avant le coucher du Soleil, car c’est la seule couverture qu’il ait pour dormir. Dans notre vie chrétienne face à l’injustice quelques fois notre comportement est autre. Soyons du côté de la justice sociale. Les cas sont légion, à nous de nous déterminer. 

Dans le Psaume responsorial (Ps 17) qui a pour refrain : « Je t’aime Seigneur, mon libérateur », il s’agit de la prière du roi David qui le libère de ses ennemis. Le Dieu fort l’a libéré des dangers qui le menaçaient. David veut lui rendre grâce en faisant à son tour régner la justice dans le monde. Ainsi les peuples pourront découvrir le Seigneur.

Dans la 2e lecture (1Th 1, 5c-10), Paul a tenté de refléter l’amour de Dieu. « Frères, vous savez comment nous nous sommes comportés chez vous, pour votre bien ». Les Thessaloniciens ont imité Paul et sont devenus un modèle de foi et d’amour pour tous ceux qui les entouraient. C’est grâce à l’écoute de la parole de Dieu qu’ils se sont convertis en se détournant des idoles qui les aliènent. Ainsi, ils peuvent échapper à la colère qui vient. Beaucoup d’idoles nous entourent : l’argent, les plaisirs mondains…et nous rendent esclaves. La solution consiste à servir le Dieu vivant et véritable via son Fils, ressuscité d’entre les morts.

Dans l’évangile (Mt 22,34-40), un docteur de la loi pose une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve à propos du plus grand commandement. En fait, les docteurs de la Loi juive avaient souvent perdu le véritable esprit mosaïque en multipliant les exigences rituelles masquant les commandements essentiels. Ils sombraient dans les querelles d’école. Ils discutaient sans fin de ce que pouvait être le plus grand commandement. Jésus refuse de se laisser entraîner dans leurs polémiques. Il y a deux commandements essentiels qui, en réalité n’en font qu’un : aimer Dieu et aimer le prochain. Le signe d’égalité entre aimer Dieu et aimer le prochain est très important. Dieu on ne le voit pas à l’œil nu, mais on le voit dans le prochain. Celui qui dit qu’il aime Dieu qu’il ne voit pas et qu’il hait son prochain est un menteur nous rappelle saint Jean.

Les gens prétendent aimer Dieu. Mais en face du prochain cela devient un problème. Le prochain ne se tait pas, il parle, il réagit quand on ne l’aime pas. Alors aimer le prochain devient un exercice difficile. Etre chrétien c’est faire cet exercice d’aimer le prochain chaque jour. Rappelons-nous la parabole du Bon Samaritain. Le prochain, c’est n’importe qui qui se présente à nous et qui nécessite notre intervention. La vérité de notre amour pour les autres juge l’amour que nous entendons rendre à Dieu. 

     Au cours de cette Eucharistie, demandons la grâce de la charité fraternelle en imitant le Christ qui avait pitié de son peuple. Bref, l’amour des autres est la manifestation de l’authentique orientation vers Dieu. Puisse la Très Sainte Vierge Marie intercéder pour nous auprès de son Fils afin de mieux comprendre que aimer le prochain c’est aussi aimer Dieu et vice versa. Que ce mois marial nous donne de nouvelles forces de pratiquer les commandements de Dieu qui se résument en deux en évitant la polémique de ceux qui peuvent se présenter comme de nouveaux docteurs de la Loi.  

Abbé Eugène HALERIMANA BAZIMENYERA

Paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya

Nyiragongo, le 25 octobre 2026

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