En province de l’Ituri, la lutte contre l’épidémie d’Ebola fait face à un obstacle majeur : l’insécurité grandissante autour des dispositifs sanitaires. Les actes de sabotage visant les infrastructures de riposte se multiplient, mettant en péril les efforts déployés pour contenir la propagation de la maladie.
À Mudjibala, situé à une dizaine de kilomètres de Bunia, les équipes sanitaires ont signalé deux attaques successives survenues dans la nuit du 28 au 29 juin 2026. Des individus non identifiés ont d’abord tenté d’incendier une structure du site avant de s’en prendre, la nuit suivante, à la grande cabane ainsi qu’à plusieurs équipements essentiels, notamment les tanks utilisés dans les opérations de terrain.
Ce poste de contrôle constitue pourtant un maillon stratégique de la riposte. Il permet d’assurer le contrôle sanitaire des personnes en provenance de Mungbwalu, une zone particulièrement surveillée, afin de détecter rapidement d’éventuels cas suspects et de limiter la propagation du virus.
Les équipements endommagés jouent un rôle indispensable dans les opérations de désinfection, d’hygiène et de prise en charge préliminaire. Leur destruction réduit considérablement les capacités d’intervention des équipes médicales et augmente les risques pour les populations environnantes.
Ces actes s’inscrivent dans une série d’incidents qui compliquent les interventions sanitaires. Le 13 juin dernier, une équipe de superviseurs et d’investigateurs avait déjà été séquestrée dans cette même zone avant d’être libérée à l’issue de négociations.
Pour les autorités sanitaires, cette insécurité constitue aujourd’hui l’un des principaux défis de la riposte contre Ebola en Ituri. Les attaques contre les infrastructures de santé fragilisent le système de surveillance épidémiologique, perturbent le contrôle des mouvements de population et favorisent le risque de propagation de la maladie.
Face à cette situation, les autorités appellent les services de sécurité et de renseignement à renforcer la protection des sites sanitaires et à identifier les auteurs de ces actes de sabotage afin qu’ils répondent de leurs actes devant la justice.
Au-delà de la protection des infrastructures, c’est également la sécurité des agents de santé qui est en jeu. Exposés aux menaces, aux séquestrations et aux violences, ces professionnels poursuivent leur mission dans des conditions particulièrement difficiles. Garantir leur sécurité demeure une condition essentielle pour assurer la continuité des opérations de surveillance, de prévention et de prise en charge des malades.
Dans un contexte où l’Ituri reste confrontée à une épidémie préoccupante, préserver les dispositifs de riposte apparaît plus que jamais comme une priorité de santé publique.
La Rédaction