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dimanche, mars 1News That Matters

Analyse : Pourquoi la CENCO rejette la peine de mort prononcée contre Joseph Kabila

Dans une déclaration rendue publique ce lundi 6 octobre, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), par la voix de son président, Mgr Fulgence Muteba, Archevêque de Lubumbashi, a réaffirmé son opposition catégorique à la peine de mort, notamment après la condamnation à mort de l’ancien président Joseph Kabila par la Haute Cour Militaire. Pour les évêques, Dieu seul est maître de la vie et nul ne peut s’arroger le droit d’ôter la vie à un autre être humain.

La vie humaine, un don sacré de Dieu

S’appuyant sur le passage biblique de la Genèse (« Dieu créa l’homme à son image »), la CENCO rappelle que toute vie humaine est sacrée et inviolable. La peine de mort, quelle qu’en soit la raison, viole le commandement divin : « Tu ne tueras point » (Ex 20, 13).

En rejetant cette sentence, les évêques veulent rappeler à la nation que la vie n’appartient qu’à Dieu et que la société congolaise doit s’inspirer de cette vérité fondamentale pour bâtir un État de droit respectueux de la dignité humaine.

Une mise en garde contre la division nationale

La CENCO se dit préoccupée par le caractère « expéditif » du procès de Joseph Kabila et redoute que cette décision ne ravive les tensions politiques et sociales.

Pour elle, la justice ne doit pas devenir un instrument de règlement de comptes, mais un espace de vérité et de réconciliation.

Rejeter la peine de mort, c’est donc, selon la CENCO, préserver la cohésion nationale et encourager la paix, dans un pays où les divisions internes constituent déjà une menace à l’unité.

Une justice de réconciliation, non de vengeance

La CENCO plaide pour une justice réparatrice, axée sur le pardon et la réinsertion, plutôt que sur la vengeance et la suppression du coupable.

Cette vision, conforme à l’enseignement social de l’Église catholique, met en avant la conversion du cœur et la réhabilitation morale comme véritables chemins vers la paix durable.

Les évêques rappellent que la société congolaise doit choisir la voie de la miséricorde et non celle de la violence.

Respect de la Constitution et des droits humains

La Conférence Épiscopale souligne également que la Constitution congolaise reconnaît la vie comme un droit fondamental (articles 16 et 61).

Ainsi, exécuter un individu, quelle que soit sa faute, constitue une violation directe de ce texte suprême.

La CENCO en appelle au respect des lois du pays et à la primauté de la dignité humaine sur toute autre considération politique ou judiciaire.

Une voix prophétique au service de la paix

En se positionnant contre la peine de mort, la CENCO reste fidèle à sa mission prophétique.

L’Église, disent les évêques, « ne se confond pas avec la communauté politique », mais elle demeure la conscience morale de la nation.

Reprenant les paroles du Pape François — « L’illusion qu’une paix juste peut être obtenue par la force des armes est suicidaire et irresponsable » —, la CENCO invite les dirigeants à privilégier le dialogue et la justice sociale comme fondements d’une paix durable.

Un appel à l’unité et à la défense de la vie

Enfin, la Conférence Épiscopale appelle le Gouvernement, l’Opposition, la Société civile et tout le peuple congolais à rejeter la culture de la mort et à défendre la vie comme don sacré de Dieu.

Pour les évêques, seule une paix fondée sur la justice, la vérité et la réconciliation permettra d’éviter la balkanisation du pays et d’assurer l’avenir commun de la nation.

La déclaration s’achève sur une prière à la Vierge Marie, Notre-Dame du Congo, afin qu’elle intercède pour la RDC et lui obtienne la grâce de la miséricorde, de la justice et de la paix véritable.

La Rédaction

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