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dimanche, mars 1News That Matters

BUKAVU, La presse en deuil : Fiston Wilondja Mazambi, un jeune journaliste torturé à mort à Bukavu.

C’est le cœur lourd que la communauté journalistique congolaise pleure l’un des siens. Fiston Wilondja Mazambi, jeune journaliste d’une trentaine d’années, a été cruellement arraché à la vie dans des circonstances qui révèlent toute l’horreur de la répression qui sévit à l’Est de la République Démocratique du Congo, pourtant qualifiée de « libérée ». Enlevé, torturé, et abandonné dans son sang, son assassinat rappelle tragiquement les risques accablants qui pèsent sur ceux qui osent encore informer dans les zones d’occupation.

Place Mulamba de Bukavu

Collaborateur engagé au sein de la Centrale de Monitoring des Médias, un programme de veille mis en œuvre par l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC), Fiston a été enlevé dans la soirée du lundi 4 août près de la place Mulamba, dans la ville de Bukavu aujourd’hui sous contrôle de la coalition  AFC/M23. Son corps sans vie, serieusement ligoté et couvert d’hématomes, a été retrouvé à l’aube du lendemain dans une rue du quartier Nguba. Une corde serrée autour de son cou laisse entrevoir les sévices qu’il a endurés avant de succomber dans l’enceinte même de l’hôpital général de référence de BUKAVU, où il n’aura pu être sauvé malgré les tentatives désespérées des habitants qui l’ont secouru.

Selon plusieurs sources recueillies par Journaliste en Danger (JED), Fiston Wilondja faisait partie de ces nombreux journalistes enrôlés de force par les rebelles pour suivre une prétendue « formation idéologique ». Jusqu’au bout, il aura gardé sur lui sa carte de presse, comme pour rappeler l’identité de ceux qu’on fait taire aujourd’hui par la violence.

Darius Kitoga, président de l’UNPC/Sud-Kivu et responsable du programme de monitoring, dit n’avoir été saisi d’aucun signalement préalable de menace, soulignant l’effet de surprise et la brutalité de cet acte abominable.

Face à ce drame, JED se dit profondément indignée. Elle exige que les responsables de l’AFC/M23 fassent une lumière sur cet assassinat, qui ne saurait être traité comme un simple fait divers dans une ville occupée par une force armée illégitime. Ce crime ne peut rester impuni. Il incarne la répression implacable qui s’abat sur les voix libres, dans un climat où la parole se paie désormais de sang.

Et maintenant, d’où viendraient les mesures de protection pour les journalistes de l’Est de la RDC ?

Dans un contexte aussi délétère, où l’autorité de l’État se dissout face aux armes et où les journalistes deviennent les cibles privilégiées de ceux qui craignent la vérité, les appels à la protection ne peuvent plus se limiter à de simples communiqués.

La protection des journalistes à l’Est de la RDC pourrait — et doit — provenir :

1. De l’État congolais, qui a la responsabilité première de garantir la sécurité de ses citoyens, y compris dans les zones temporairement occupées. Une stratégie claire, coordonnée avec les forces loyalistes, doit être mise en place pour surveiller, documenter et sanctionner les exactions contre les professionnels de la presse.

2. De la MONUSCO (ou toute future mission onusienne ou africaine), dont le mandat de protection des civils doit inclure explicitement la protection des journalistes, considérés comme des cibles vulnérables.

3. Des organisations internationales de défense de la presse (comme RSF, CPJ, Reporters Sans Frontières, CFI, etc.), qui doivent intensifier leur plaidoyer auprès des institutions internationales (ONU, Union africaine, UE) pour qu’une zone de sécurité journalistique soit créée dans l’Est de la RDC.

4. Des mécanismes nationaux tels que la Commission nationale de protection des journalistes, qui doivent être activés d’urgence, avec des fonds de soutien, des cellules de veille, et un plan de relocalisation rapide pour les journalistes menacés.

5. Des associations locales de presse, comme l’UNPC ou les réseaux provinciaux, qui doivent bénéficier d’un appui financier, logistique et juridique pour suivre les menaces, offrir des formations en sécurité numérique et physique, et faire pression pour des enquêtes judiciaires crédibles.

Fiston Wilondja Mazambi ne peut être une victime de plus tombée dans l’oubli. Son nom rejoint la longue liste des journalistes congolais assassinés dans l’exercice de leur mission d’informer. Son sang appelle non seulement justice, mais aussi action. Car protéger un journaliste, c’est protéger le droit du peuple à savoir.

Repose en paix, confrère.

La rédaction.

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