NOS ADRESSES ET CONTACTS

📍 Siège : RDC ; Ville de Goma ; Comme de Goma ; Q. Les Volcans ; Av. Nzumuka James, N°029

Vous ne trouvez pas ? Contactez-nous

dimanche, mars 1News That Matters

Floribert Bwana Chui : mon élève de 3e année dans le cours de religion à l’école privée des Volcans

Témoignage de l’Abbé Eugène Halerimana Bazimenyera Rédacteur en Chef de « Construire Ensemble », ancien professeur de religion à l’école privée des Volcans.

Rév. Abbé Eugène Halerimana, témoin de Floribert Bwana Chui

Lorsque j’ai vu circuler sur les réseaux sociaux l’annonce officielle de la béatification prochaine de Floribert Bwana Chui, autorisée par le pape François le 25 novembre 2024, j’ai ressenti une joie intérieure profonde. Cette nouvelle a éveillé en moi de vifs souvenirs.

En effet, Floribert a été mon élève en 3ᵉ année dans le cours de religion à l’École Privée des Volcans. L’abbé Innocent Mukambilwa, qui avait traité son dossier, me demandait souvent : « Tu le connaissais, ce jeune homme ? » Je lui répondais toujours : « Bien sûr, il a été mon élève. » Par humilité, je m’étais abstenu de témoigner jusqu’ici. Mais aujourd’hui, alors que tout le monde parle de lui, il est temps pour moi d’honorer sa mémoire.

Né le 13 juin 1981, Floribert était un élève brillant, engagé et soucieux des valeurs spirituelles. Contrairement à d’autres qui négligeaient parfois le cours de religion, il s’y investissait pleinement. Je me souviens qu’il réclamait même un point supplémentaire après avoir brillamment répondu en classe — ce qui lui fut accordé. Il rivalisait avec des camarades comme Jaffar, Jasmin, Bijou, et d’autres, pour obtenir les meilleurs résultats.

Un souvenir marquant fut la journée de récollection à la paroisse Notre-Dame du Carmel à Katindo. À cette époque, en 1996, nous résidions, en tant que grands séminaristes, au couvent des sœurs carmélites thérésiennes, que nous appelions Thérésianum. Le recteur était l’Abbé Richard Tulirwagho, le vice-recteur l’Abbé Jacques Letakamba, et l’économe l’Abbé Désiré Mashago. La récollection s’est tenue dans la salle d’accouchement du nouveau bâtiment du centre de santé du Carmel. Ce jour-là, les élèves, bien habillés, ont écouté avec respect, participé activement et partagé du pain et de la boisson. Floribert aimait évoquer ce souvenir lorsque nous nous recroisions plus tard. Il me rappelait à quel point ce moment l’avait marqué, surtout sachant que plusieurs de ses camarades n’étaient pas catholiques.

J’avais alors 26 ans — l’âge qu’avait Floribert au moment de son martyre. Je n’aurais jamais imaginé qu’il deviendrait un jour un haut responsable, reconnu sur le plan national et international pour son intégrité. Dans un pays rongé par la corruption, il s’est distingué en devenant un martyr de l’honnêteté et de l’intégrité morale.

En classe, il posait de nombreuses questions, parfois si pertinentes qu’elles nous éloignaient du thème du jour ! Le manuel « Le Christ préparé dans l’Ancienne Alliance » nous aidait pour nos échanges. La question du péché originel intriguait particulièrement ces jeunes curieux. Grâce à ma formation en première année de théologie, je m’efforçais de répondre clairement, tout en respectant leur esprit critique.

Je garde aussi en mémoire les anecdotes de notre quotidien, comme celle du séminariste Mbara Faustin, qui avait heurté une voiture VW à vélo à cause du système de freinage inversé. Le chauffeur lui lança : « Kama haujui kamata frein, siku ingine utakufa » (Si tu ne sais pas freiner, un jour tu mourras). Cette phrase devint proverbiale parmi les séminaristes.

À l’École Privée des Volcans, en 1996-1997, Floribert faisait notre fierté. Il termina brillamment ses études secondaires en sciences commerciales et administratives, avant de bifurquer vers le droit à l’université, ce qui témoigne de son intelligence et de sa capacité d’adaptation. Pourquoi ce choix ? Lui seul le savait. Mais il s’y est investi avec excellence.

En partageant ce témoignage, je veux que le monde sache que la grandeur des hommes se manifeste souvent dans les détails les plus modestes. Floribert Bwana Chui, mtoto wa kwetu (enfant de chez nous), nous ne t’oublierons jamais.

Tunachunga uwe mwenyi heri pamoja na wenyi heri wote wa Jamuhuri ya kidemokrasia ya Congo.

(Nous espérons que tu seras bienheureux, avec tous les bienheureux de la République Démocratique du Congo.)

Floribert, martyr de l’honnêteté et de l’intégrité morale, prie pour nous.

La Rédaction

Partager

2 Comments

  • Jean de Dieu

    Moi je connais Bwana Chuyi
    A unigom une garçon tres actif très engagé dans notre mouvement caholique universitaire
    J’aimai sa façon de s’habiller
    Il était tjrs avec Dr Tintine Baabo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *