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dimanche, mars 1News That Matters

Haut-Uele : un bureau du ministère des Mines digne du Paléolithique

Une image fait le tour des réseaux sociaux et suscite de vives réactions. Elle montre ce qui est présenté comme le bureau administratif du ministère des Mines en territoire de Wamba, province du Haut-Uele. À première vue, il s’agit d’une modeste case, faite de bois, roseaux, boue, feuilles communément appelées  »Mangungu », et dont la toiture est doublement recouverte de bâche ou de paille, avec une porte en planchettes inclinée, visiblement difficile à fermer ou à rouvrir. Sa fenêtre, c’est trou comme où passe les écureuils sauvages de la région. 

En plein 21ᵉ siècle, dans un pays que le monde entier décrit comme un scandale géologique regorgeant d’or, diamant, coltan, cassitérite, tungstène, cuivre, cobalt, manganèse, uranium, fer, lithium, étain, argent, plomb, zinc et pétrole, cette image choque et interroge. Comment expliquer qu’un ministère aussi stratégique que celui des Mines, qui constitue le poumon économique de la République Démocratique du Congo, puisse fonctionner dans de telles conditions précaires ?

Les interrogations qui fâchent

Les questions persistent.

Peut-on encore justifier cette situation en affirmant que le pays est en guerre ? Si tel est le cas, pourquoi avoir construit cette case de fortune au lieu de bâtir un édifice solide ?

Est-ce un simple abri temporaire, un poste militaire abandonné ou un bâtiment officiellement affecté à l’administration des Mines ?

Combien les ouvriers auraient-ils touché pour ériger ce “bureau” ?

Les agents qui y travaillent perçoivent-ils réellement leur salaire de l’État, ou s’agit-il d’un canal supplémentaire de détournement de fonds publics ?

Les autorités issues du Haut-Uele, installées confortablement à Kinshasa, sont-elles conscientes que les documents de l’État sont signés dans une telle bâtisse ?

Une image de l’État en lambeaux

Ce bureau en chaume illustre tristement l’empreinte visible de l’État dans certaines zones rurales. Dans un pays riche de ses ressources minières, mais pauvre de ses infrastructures, cette photo devient un symbole criant du paradoxe congolais : les milliards de dollars qui devraient provenir des minerais ne se traduisent pas en routes, écoles, hôpitaux ou bureaux dignes de ce nom.

Pendant ce temps, les opérateurs miniers étrangers continuent d’extraire et d’exporter les richesses, pendant que les administrations locales se débattent dans la misère, parfois sans locaux, sans moyens et sans infrastructures.

La question demeure : jusqu’à quand ?

Données chiffrées pour appuyer le contraste

Entre 2020 et 2021, le secteur extractif (mines + pétrole) a généré environ 6,1 milliards de dollars de revenus, dont environ 5,8 milliards pour le secteur minier seul. 

Sur ces revenus miniers, 4,3 milliards ont été perçus par les régies financières de l’État. 

Au sein des provinces, le Lualaba a à lui seul mobilisé 332 millions USD, et le Haut-Katanga 180,5 millions USD de ces recettes minières. 

En 2024, la RDC a exporté plus de 89 millions de dollars de diamants, soit une hausse de 11 % par rapport à 2023. 

Selon la Cellule Technique de Coordination et de Planification Minière (CTCPM), au premier trimestre 2025 la RDC a produit ≈ 817 639 tonnes de cuivre, 42 855 tonnes de cobalt, 43 362 tonnes de zinc, 8 153 tonnes de cassitérite, et 6 441 kg d’or. 

La Rédaction

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