À l’occasion de sa prise de fonction à la présidence tournante de l’Union africaine (UA), le président burundais Évariste Ndayishimiye a livré un message fort axé sur la souveraineté économique du continent et la responsabilité des dirigeants africains face aux défis du développement.
Dans une intervention aux accents panafricanistes, le nouveau président de l’UA a dénoncé les jugements portés sur l’Afrique, souvent qualifiée de continent pauvre, tout en pointant du doigt les mécanismes internationaux qui, selon lui, contribuent à l’exploitation continue des ressources naturelles africaines.
Le chef de l’État burundais a souligné une contradiction majeure : les mêmes acteurs qui considèrent l’Afrique comme pauvre seraient, d’après lui, ceux qui profitent de ses richesses naturelles. Il a mis en lumière un système économique où les matières premières africaines sont exportées, transformées à l’étranger, générant emplois et valeur ajoutée hors du continent, avant d’être revendues plus cher aux pays africains.
Dans cette logique, il a également évoqué l’attraction exercée sur la jeunesse africaine, incitée à migrer vers ces pays industrialisés, attirée par des opportunités construites, selon lui, à partir des ressources mêmes du continent africain.
Un appel à la transformation locale
Évariste Ndayishimiye a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de franchir une étape décisive : transformer elle-même ses ressources naturelles. Selon lui, les compétences existent. Les cadres africains sont formés. Ce qui manque, a-t-il affirmé, relève avant tout d’une décision politique forte.
Il a ainsi plaidé pour une industrialisation locale capable non seulement de satisfaire les marchés intérieurs, mais aussi d’exporter vers l’extérieur, inversant ainsi les rapports économiques actuels.
Le président de l’UA a également évoqué la question de la corruption et de la mauvaise gestion économique, estimant que certains dirigeants africains intègres seraient parfois mal perçus sur la scène internationale. Il a suggéré que les pressions extérieures pourraient viser les gouvernements qui refusent certaines pratiques ou qui cherchent à préserver l’indépendance économique de leurs pays.
Référence aux expériences passées
Dans son propos, il a cité des exemples de pays africains autrefois considérés comme puissants sur le continent, notamment la Somalie et la Libye, évoquant les crises et destructions qu’ils ont connues. Se référant à une expérience personnelle vécue en Somalie, il a décrit les conséquences visibles des conflits sur le développement et les infrastructures.
À travers cette intervention, Évariste Ndayishimiye a esquissé une vision d’une Afrique souveraine, capable de maîtriser ses ressources, de protéger ses intérêts économiques et de valoriser sa jeunesse.
Son message, centré sur la transformation locale, la lutte contre la corruption et la prise de décisions courageuses, s’inscrit dans une dynamique plus large de réflexion sur l’avenir économique et politique du continent africain.
La Rédaction