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dimanche, mars 1News That Matters

DIOCÈSE DE GOMA : Abbé Eugène Halerimana Bazimenyera : 24 ans de sacerdoce au souffle de la paix.

De toutes les missions que l’Église lui offre, Eugène dit : « Je suis prêt. » Il existe des vies qui ne traversent pas ce monde en silence. Elles s’imposent par leur présence, laissent des empreintes profondes et, parfois, recousent les déchirures de l’humanité. La vie de l’Abbé Eugène Halerimana Bazimenyera fait partie de celles-là. À 24 ans de sacerdoce en République Démocratique du Congo, son parcours ressemble à un cantique discret, murmuré au cœur des montagnes de Masisi, sur les collines rouges de Rutshuru et dans les cendres encore tièdes du diocèse de Goma.

Un prêtre, mais d’abord un frère

Né à Karambi en paroisse de Nyakariba, dans le territoire de Masisi, le 13 août 1970, Eugène Halerimana Bazimenyera, âgé de 54 ans, devient aujourd’hui une figure qui prend sa place parmi les seniors du diocèse de Goma. Ordonné prêtre le 29 juillet 2001, il célèbre cette année ses 24 ans de sacerdoce, riches en engagements aussi bien spirituels qu’intellectuels.

Dans cette terre que la guerre injuste tente souvent de ravager, Eugène choisit la voie du silence intérieur pour écouter le vacarme du monde contemporain. Très tôt, il s’inscrit à l’école du service : non pas un service qui domine, mais un service qui s’incline, qui lave les pieds, qui relève.

« Le sacerdoce n’est pas un titre, c’est une descente. C’est Dieu qui nous abaisse pour mieux aimer », confie-t-il souvent à ses confrères.

Un sacerdoce enraciné dans l’intelligence du réel.

Diplômé en philosophie et en théologie (Baccalauréat affilié à l’Université Urbanienne), l’Abbé Eugène ne se contente pas d’un savoir livresque. Il veut une foi incarnée, incarnante. C’est pourquoi il s’inscrit en communication des organisations, convaincu que le Verbe a besoin d’un langage audible dans un monde saturé de bruit. Ce double profil, spirituel et académique, lui permet de conjuguer message évangélique et communication stratégique face à ses prochains.

Enseignant, vicaire en paroisse, recteur de la Propédeutique Saint André de Jomba, coordinateur sous-provincial des écoles conventionnées catholiques de Masisi, écrivain… Son parcours ressemble à une vigie qui ne dort pas. De Jomba à Matanda, de Rugari à Birambizo, de Turunga à Rutshuru, de Masisi à la paroisse Saint Kizito, il passe d’une nomination à une autre au service du Seigneur. Non pour fuir son diocèse ni chercher un eldorado ailleurs, mais pour faire lumière auprès des oubliés, entrant dans la spiritualité du prêtre diocésain.

« N’allez pas chez les Samaritains ; commencez par les enfants d’Israël », aime-t-il dire.

Une théologie du pardon et de la paix

Formé à la non-violence active et évangélique par le Mouvement International de la Réconciliation (France), via le Père Alfred Bour, Eugène Halerimana ne croit pas en une foi coupée du cri des peuples. Pour lui, « l’Église ne doit pas seulement célébrer de façon externe, elle doit aussi consoler. Elle doit parler là où le sang a trop coulé ».

Ses écrits, notamment Au-delà des montagnes de Masisi et Le rôle de la musique dans la transformation des conflits, illustrent sa passion pour une Église qui guérit les blessures intérieures grâce à la résilience.

Dans ses homélies, toujours courtes et écrites sur papier, il parle peu de l’enfer pour terroriser les pécheurs, mais beaucoup de la miséricorde. Il ne dénonce pas pour diviser, il questionne pour faire naître. À ceux qui le qualifient de rigoureux, comme les anciens walimu (enseignants) de Rutshuru — ces pères de l’éducation dans l’ancien Kivu — il répond simplement : « Je ne suis pas naïf, je suis croyant ».

Le sacré dans l’ordinaire

Lorsqu’on le rencontre, on est d’abord frappé par la simplicité de son habillement décent. Pas de discours pompeux. Il préfère les proverbes au jargon. Il aime citer saint Augustin : « Aime et fais ce que tu veux », mais surtout, il cite souvent les mamans du village comme de véritables maîtres de sagesse. Pour lui, « la théologie commence dans les larmes d’une mère qui prie pour son fils disparu ».

Une flamme pour demain

À 24 ans de ministère, l’Abbé Eugène reste debout. Non pas comme un héros, mais comme un veilleur. Il n’attend pas l’hommage des hommes, mais la paix des cœurs. Il ne possède ni fondation, ni bâtiment à son nom, mais il plante des graines dans des vies.

Et lorsque vous lui demandez quel est son rêve, il répond sans hésiter :

« Voir les enfants de Masisi jouer sans peur, entendre les cloches d’une messe sonner sans menace, sentir que l’Évangile est encore possible, même au cœur de la nuit ».

Alors, il y a des prêtres. Et il y a l’Abbé Eugène Halerimana Bazimenyera.

Un homme de Dieu. Un homme debout. Un souffle d’Évangile dans une terre en quête de résurrection.

Aujourd’hui encore, depuis sa nomination à la paroisse Saint Kizito à Goma, comme Rédacteur en Chef de Construire Ensemble, il reste fidèle à sa vocation : construire des ponts entre les peuples, les cultures et les générations.

Ce fut ce jour-là, le 29 juillet 2001, que l’Abbé Eugène HALERIMANA reçut le sacrement de sacerdoce. Et de citer  ses confrères, l’ayant aussi reçu : l’Abbé MBARA Faustin, l’Abbé MASOZERA Innocent, l’Abbé NGANGO Célestin, l’Abbé KARANGWA Damien, le Père PLACIDE (Moine de Mojito), et le Père Déo (Moine de Mokoto). 

La Rédaction.

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