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vendredi, mars 13News That Matters

NUCLÉAIRE CIVIL : LA RDC VEUT PESER AU SOMMET MONDIAL DE PARIS ET RELANCER SON AMBITION ÉNERGÉTIQUE

La République démocratique du Congo (RDC) entend se positionner comme un acteur stratégique dans le domaine du nucléaire civil en Afrique à l’occasion du deuxième Sommet mondial sur l’énergie nucléaire civile, organisé ce mardi 10 mars 2026 à Paris, en France. Cette rencontre internationale se tient en collaboration avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et réunit plus de 60 chefs d’État, responsables gouvernementaux, institutions financières et experts du secteur énergétique.

Selon les informations rendues publiques lors de la 81ᵉ réunion du Conseil des ministres, la ministre de l’Enseignement supérieur, Universitaire, Recherche scientifique et Innovations, Marie-Thérèse Sombo, représente la RDC à ces assises de haut niveau. L’objectif pour Kinshasa est clair : réaffirmer son statut d’acteur historique du nucléaire civil sur le continent africain et ouvrir une nouvelle étape dans la modernisation de ses infrastructures scientifiques et énergétiques.

Un héritage nucléaire souvent méconnu

La participation de la RDC à ce sommet ne relève pas d’un simple exercice diplomatique. Le pays possède en effet une histoire particulière dans le domaine du nucléaire, héritée de plusieurs décennies de recherche scientifique.

Depuis les années 1950, la RDC dispose du Centre Régional d’Études Nucléaires de Kinshasa (CREN-K) situé à l’Université de Kinshasa, où se trouve notamment le réacteur de recherche TRICO II. Cet équipement scientifique, utilisé principalement à des fins académiques et médicales, permet de réaliser des travaux en physique nucléaire, en radiobiologie ou encore dans le domaine de la médecine nucléaire.

Historiquement, le territoire congolais a également joué un rôle majeur dans l’histoire mondiale du nucléaire. Le minerai d’uranium extrait de la mine de Shinkolobwe, dans l’actuelle province du Haut-Katanga, avait contribué à alimenter les premiers programmes nucléaires au milieu du XXᵉ siècle. Cette dimension historique place la RDC parmi les pays africains ayant une tradition scientifique dans le domaine nucléaire, même si celle-ci est restée longtemps sous-exploitée.

Les ambitions de Kinshasa : modernisation et partenariats

À Paris, la délégation congolaise veut mettre en avant plusieurs priorités stratégiques. Le gouvernement souhaite notamment :

moderniser les infrastructures de recherche nucléaire existantes ;

renforcer la sûreté et la sécurité nucléaires selon les standards internationaux ;

attirer des partenariats scientifiques et financiers ;

développer des applications civiles du nucléaire dans la médecine, l’agriculture et l’énergie.

Pour les autorités congolaises, la coopération internationale apparaît comme une étape indispensable pour relancer un secteur qui nécessite des investissements lourds, des compétences techniques pointues et un encadrement réglementaire strict.

La présence de la RDC au sommet de Paris est également perçue comme une opportunité de dialogue avec les institutions financières internationales et les grandes entreprises technologiques impliquées dans les innovations énergétiques.

Le nucléaire civil au cœur de la transition énergétique mondiale

Le sommet de Paris s’inscrit dans un contexte global marqué par la recherche de solutions énergétiques plus durables face au changement climatique et à la hausse de la demande mondiale en électricité.

Les discussions porteront notamment sur :

« le rôle du nucléaire dans la transition énergétique mondiale ; les mécanismes de financement des projets nucléaires ; les innovations technologiques, notamment les petits réacteurs modulaires (SMR), présentés comme des solutions plus flexibles et moins coûteuses pour les pays en développement ».

Ces technologies pourraient intéresser des États africains confrontés à un déficit chronique d’électricité, tout en cherchant à réduire leur dépendance aux énergies fossiles.

Pourquoi cette question concerne directement les Congolais

Pour la population congolaise, l’enjeu dépasse largement le domaine scientifique. La question énergétique demeure l’un des principaux défis du développement national.

Malgré son immense potentiel hydroélectrique, la RDC fait face à un taux d’accès à l’électricité encore très faible, particulièrement dans les zones rurales. Les débats internationaux autour du nucléaire civil pourraient donc ouvrir de nouvelles perspectives en matière : d’accès à l’énergie ; de développement industriel ; de formation scientifique et technologique des jeunes Congolais; et d’applications médicales avancées, notamment dans la lutte contre le cancer grâce à la radiothérapie.

Toutefois, plusieurs experts soulignent également la nécessité d’un cadre rigoureux de gouvernance, de transparence et de sécurité, afin d’éviter les risques environnementaux et de garantir une utilisation strictement pacifique de la technologie nucléaire.

Un rendez-vous diplomatique et scientifique stratégique

Pour Kinshasa, le Sommet mondial sur l’énergie nucléaire civile constitue donc une tribune diplomatique importante pour repositionner la RDC dans les débats internationaux sur l’énergie et la recherche scientifique.

Au-delà des discours, la réussite de cette démarche dépendra de la capacité du pays à transformer ces échanges internationaux en projets concrets, investissements durables et programmes de formation pour les chercheurs congolais.

La participation congolaise à Paris pourrait ainsi marquer une étape dans la redéfinition de la politique scientifique et énergétique nationale, à condition que les retombées profitent réellement à la population.

La Rédaction 

Autres SSources consultées: DIA-CENCO, dépêche du 10 mars 2026

Actualité.cd.

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