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dimanche, mars 15News That Matters

Des femmes autour de l’évêque de Goma.

Plus de mille femmes venues de différentes confessions religieuses, autour de Willy Ngumbi Ngengele, évêque du diocèse, se sont rassemblées, ce dimanche 15 mars 2026. Cette rencontre, organisée dans le cadre du mois dédié à la promotion des droits de la femme, s’est voulue un espace d’enseignement, d’échange et de dialogue en présentiel sur les valeurs fondamentales de la femme dans la société.

Dans son intervention principale, le prélat a centré sa catéchèse sur plusieurs thèmes majeurs : l’amour, l’unité, la fraternité, le pardon et la réconciliation. Il a rappelé que la femme détient la consolidation de la paix et de l’harmonie familiale.

« Le pardon n’est pas un signe de faiblesse ni de peur face à l’autre », a expliqué l’évêque. « Les Écritures nous invitent à pardonner autant de fois que nécessaire. Le pardon est une source de bonne santé spirituelle et psychologique, comme le disent certains psyhologues. Il permet à l’âme de s’épanouir et contribue même à rétablir la santé intérieure », a-t-il ajouté. Selon lui, le pardon doit toujours conduire à la réconciliation afin que les personnes concernées puissent avancer ensemble.

Questions économiques et fiscales

À l’issue de l’exposé, une série de questions-réponses a permis aux participantes d’aborder plusieurs préoccupations sociales et économiques.

Une femme engagée dans les petites et moyennes entreprises a notamment interrogé l’évêque sur la question de la fiscalité :

« Pourquoi une maman qui exerce une petite activité commerciale doit-elle payer des taxes alors que son capital est très limité ? »

En réponse, l’évêque a rappelé que chaque citoyen est tenu de respecter les lois de son pays. Toutefois, il a souligné que certains mécanismes d’exonération existent pour soutenir les activités à faible capital.

Une autre préoccupation soulevée par les participantes concernait les comportements de préférence linguistique dans les marchés locaux. Certaines commerçantes ont dénoncé une forme de tribalisme dans les transactions commerciales, où les clients privilégient ceux qui parlent la même langue qu’eux.

Face à cette réalité, l’évêque a invité les femmes à ne pas se laisser troubler par les propos ou les attitudes discriminatoires. « L’essentiel est de rester digne et concentré sur son travail », a-t-il conseillé.

Les tensions familiales et la vie communautaire

Pourquoi le silence au foyer comme si on était au cimetière ?

Selon, le Prélat, les tensions fréquentes entre belles-mères et belles-filles dans les familles sont sources de mésententes ; et ont également été évoquées les femmes. Pour le prélat, la famille doit rester un espace de dialogue et non un lieu de silence imposé.

« La famille n’est pas un cimetière où le silence règne. Elle doit être un lieu d’échanges et de compréhension mutuelle », a-t-il insisté.

Il a par ailleurs encouragé les femmes à participer activement aux initiatives communautaires destinées à promouvoir la santé et la solidarité au sein des communautés.

Gouvernance des associations et autonomie économique

Une participante de l’Eglise Anglicanne a posé une question sur la gestion des associations d’épargne et de crédit communautaires (AVEC). Elle a voulu savoir quelles stratégies mettre en place pour éviter les détournements de fonds et renforcer l’autonomie financière des femmes.

Le prélat a encouragé les femmes à privilégier la transparence, la formation et la responsabilité dans la gestion des ressources collectives. Il souligné que l’autonomie économique constitue un levier pour l’émancipation féminine.

Le rôle de l’homme et de la femme dans le foyer

Une représentante de l’Église Armée sur Salut, a interrogé l’évêque sur la manière d’aider les hommes à comprendre leurs responsabilités au sein du foyer.

Dans sa réponse, l’évêque a mis en avant la complémentarité entre l’homme et la femme. « La femme représente l’amour et la paix, tandis que l’homme incarne l’autorité. Il doit exister une harmonie entre les deux pour que la famille puisse fonctionner correctement», a-t-il expliqué.

Promouvoir la paix et la dignité humaine

Une participante de l’Église Orthodoxe a souhaité savoir comment promouvoir la paix familiale dans laquelle difficultés sociales et économiques sont à la base du chaos ; et où la femme s’est déjà livrée à la pratique du mal, et l’homme aux drogues.

L’évêque a rappelé l’importance du respect de la dignité humaine dans toutes les actions de la vie sociale, un point également soulevé par une fidèle de l’Église Kimbangu :

« Respectez votre dignité partout où vous êtes. La dignité humaine est la base d’une société juste et harmonieuse », a-t-il affirmé.

Dialogue interreligieux et lutte contre la stigmatisation

La question de la stigmatisation religieuse a aussi été abordée par une participante de la communauté musulmane. Elle a évoqué le mois du Ramadan, période durant laquelle les musulmans invitent souvent leurs voisins à participer aux œuvres de charité et manger ensemble.

Elle a cependant déploré que certains musulmans soient parfois qualifiés de « sorciers ».

En réaction, l’évêque a appelé à éviter les jugements abusifs. «Dans toutes les communautés religieuses, il peut y avoir des personnes qui agissent mal. Mais cela ne doit jamais conduire à stigmatiser toute une religion », a-t-il souligné.

Veuves, entraide féminine et harcèlement sexuel

Des femmes catholiques ont également soulevé la question de la contribution financière des veuves à l’Église.

L’évêque a répondu que chacun est invité à donner selon ses possibilités, sans contrainte. « L’important est de participer avec ce que l’on a, même si cela est peu », a-t-il précisé, en référence des saintes Écritures où la femme n’avait donné que ce qu’elle avait.

Les participantes ont aussi insisté sur la nécessité de renforcer la solidarité entre les femmes de la région des Grands Lacs et d’intensifier la lutte contre les harcèlements sexuels dans les milieux éducatifs et professionnels.

Sur ce point, l’évêque a été clair : dans les écoles catholiques, toute victime de harcèlement est invitée à dénoncer les faits. «Une enquête est immédiatement ouverte et les sanctions peuvent aller jusqu’au renvoi de la personne mise en cause», a-t-il affirmé.

Délinquance juvénile et situation des femmes en difficulté

Les femmes ont également interrogé l’évêque sur la délinquance juvénile liée aux enfants vivant dans la rue ainsi que sur la situation des femmes ayant eu des enfants hors mariage et qui se voient parfois refuser l’accès aux sacrements.

Ces préoccupations, a indiqué l’évêque, exigent une approche pastorale empreinte de discernement, de compassion et d’accompagnement, jusqu’à sauver l’image de Dieu.

La rencontre s’est achevée dans un climat d’écoute et de fraternité, les participantes saluant l’initiative du diocèse qui leur a permis d’exprimer librement leurs préoccupations tout en recevant des orientations spirituelles et sociales pour leur vie quotidienne. La célébration de l’eucharistique a clôturé cette journée.

La Rédaction 

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