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dimanche, mars 1News That Matters

Nord-Kivu : L’élevage, moteur d’un entrepreneuriat rural en pleine expansion

Dans les collines verdoyantes du Nord-Kivu et de l’Ituri, l’élevage nande connaît une transformation remarquable. Autrefois perçu comme une simple tradition, il s’affirme aujourd’hui comme un véritable levier économique, porté par des entrepreneurs audacieux qui exploitent la diversité des espèces animales pour répondre aux besoins croissants du marché.

Qualité de chèvres chez le Yira.

Une diversité d’élevage au service du développement

L’élevage bovin, dominé par la vache (Bos taurus), demeure un symbole de prestige et de prospérité. Avec une demande croissante en produits laitiers, certains agripreneurs investissent dans des fermes modernes, misant sur des races améliorées pour accroître la production de lait et développer une industrie fromagère locale :

« Avec le niveau de vie, je préfère la race améliorée. Elle s’adapte aussi vite que possible et se s’intimide pas par les défis de la ferme. (… ) »

Parallèlement, la chèvre (Capra aegagrus hircus) s’impose comme une alternative plus accessible, notamment pour les petits exploitants. Résistante aux maladies et peu exigeante en alimentation, elle représente un atout économique majeur pour les familles rurales, qui tirent profit de la vente de viande et de lait sur les marchés de Butembo et Beni.

« La chèvre est depuis familière à l’homme. Accessible, sa viande est la plus consommée dans toutes les fêtes de la tribu. Coutumièrement la chèvre est l’objet mis en valeur pour le cadeau de la dot. »

Qualité de bêtes chez les Yira

Dans les régions montagneuses, les éleveurs misent sur la brebis (Ovis aries), une espèce prisée pour sa viande savoureuse et, dans une moindre mesure, pour sa laine. Bien que moins répandu, cet élevage trouve un marché prometteur auprès des restaurants et des hôtels en pleine expansion. Comme en ville de Goma, la population se soucient d’acheter sa brochette le long de la route :

« Avoir une brochette en main quand je sirote ma bouteille c’est mon reflet quand je m’assieds avec les amis. »

L’élevage porcin connaît, quant à lui, une véritable révolution. Le cochon (Sus scrofa domesticus), réputé pour sa croissance rapide et son rendement élevé, attire de plus en plus de jeunes entrepreneurs. Des initiatives locales voient le jour pour structurer la filière, notamment à travers la mise en place d’abattoirs modernes et de circuits de distribution bien organisés :

« L’idée nous est venue pour développer le secteur entrepreneurial dans notre zone. Sa viande est recherchée pour en produire des saucisses de grands hôtels. »

Le secteur avicole, dominé par la poule (Gallus gallus domesticus), le canard (Anas platyrhynchos), l’oie (Anser anser domesticus) et le pigeon (Columba livia domestica), connaît une croissance fulgurante. Depuis belle lurette, les femmes, en particulier, trouvent dans l’élevage de volailles une opportunité d’autonomisation économique, grâce à la vente d’œufs et de viande sur les marchés locaux.

« Dans notre culture, la poule accompagne notre vie. Elle est d’honneur espace à nos visiteurs. La coutume nous enseigne que, une fois la poule est égorgée, il fait griller sa partie de la queue et l’apporter au visiteur. Ce fait prouve au visiteur qu’on lui a égorgé une gallinacée. Aujourd’hui, la poule est le secteur jugé le plus facile, à développer à domicile.

Le dindon (Meleagris gallopavo), bien que moins répandu que le poulet ou le canard, gagne progressivement en popularité dans l’élevage au Nord-Kivu. Apprécié pour sa viande tendre et savoureuse, il est particulièrement prisé lors des grandes cérémonies et fêtes traditionnelles, comme après le ‘’mukumo’’.

L’élevage de lapins (Oryctolagus cuniculus) et de cobayes (Cavia porcellus), bien que moins développé, séduit progressivement les consommateurs. Réputée pour sa viande maigre et nutritive, la chair de lapin suscite un intérêt croissant et rapide, ouvrant la voie à une diversification du secteur agroalimentaire. Au Nord Kivu, 70% des familles Yira peuvent en élever.

Les volailles chez les Yira

Enfin, le chien (Canis lupus familiaris) et le chat (Felis catus), longtemps perçus uniquement comme des animaux de compagnie ou de garde, commencent à intégrer un marché émergent. L’essor des élevages spécialisés et des services vétérinaires témoigne d’un changement de mentalité, avec une valorisation accrue des races domestiques et de leur rôle dans la société.

Un secteur en mutation, entre défis et opportunités.

Malgré son potentiel économique, l’élevage au Nord-Kivu fait face à de nombreux défis. Les maladies animales, telles que la peste porcine africaine ou la trypanosomiase, la grippe représentent une menace constante pour le cheptel. L’insécurité persistante expose également les éleveurs aux razzias des groupes armés, mettant en péril des années d’investissement.

Toutefois, des solutions émergent. L’adoption de techniques modernes, la structuration des éleveurs en coopératives et la valorisation des produits dérivés ouvrent de nouvelles perspectives. La mise en place d’abattoirs modernes comme celui de Kituku à Goma, de Kirumba au Sud de Lubero, la transformation du lait en yaourt et fromage, comme dans la cité de Kitsombiro dans le territoire de Lubero, ou encore la production de charcuterie artisanale à Beni-Ville sont autant d’initiatives qui contribuent à la création de richesse et d’emplois.

Un avenir prometteur pour l’élevage congolais

Avec une demande croissante en produits d’origine animale, l’élevage au Nord-Kivu a le potentiel de devenir un moteur clé du développement économique régional. En misant sur la modernisation des pratiques, la formation des éleveurs et l’accès aux financements, la République Démocratique du Congo peut transformer ce secteur en un modèle de réussite pour toute l’Afrique.

Le défi est grand, mais l’opportunité est encore plus vaste. L’élevage nande, autrefois une simple tradition, est en passe de devenir un pilier incontournable de l’économie locale et nationale.

La Rédaction.

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