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Tué à cause de sa prise de position, un fils de Goma bouillonne l’Afrique

GOMA, le 13 novembre 2025 — L’Institut Supérieur des Arts et Métiers (ISAM/GOMA) a lancé officiellement son année académique 2025-2026 par une messe inaugurale présidée par Mgr Willy Ngumbi Ngengere, évêque du diocèse de Goma. Une célébration à la fois spirituelle et intellectuelle, marquée par un appel fort à la responsabilité, à la justice et à la culture de la paix.

Dans une ambiance empreinte de recueillement, la communauté académique, composée des enseignants, étudiants et invités, s’est réunie pour placer la nouvelle année sous le signe de l’excellence et de la foi.

Mgr Willy en conférence catechétique sur Floribert à l’ISAM GOMA. 

Une messe pour sanctifier l’année et motiver la jeunesse

Dans son homélie, Mgr Ngumbi a exhorté les jeunes à faire de leur formation un engagement au service du bien commun.

«L’université n’est pas seulement un lieu où l’on apprend les techniques, mais aussi un espace où l’on cultive la paix et la responsabilité »,  a-t-il déclaré. Il ajoute et exhorte les participants de fuir les illusions, les mauvaises conceptions liées à des mauvaises perception humaines

L’évêque a invité les enseignants à l’autoévaluation permanente, et les étudiants à viser l’excellence plutôt que la médiocrité, en développant des objectifs clairs, des efforts constants et un esprit ouvert à l’apprentissage.

Mgr Willy, en célébration eucharistique inaugurale de l’année académique

Première conférence : “Jeunes, soyez artisans de paix et prenez-vous en charge”

Le premier temps fort de la journée a été la conférence du Révérend Père Mate, jésuite depuis 43 ans et prêtre depuis 30 ans, autour du message de Mgr Christophe Munzihirwa, archevêque de Bukavu et martyr de la vérité.

Sous le thème : «Jeunes, soyez artisans de paix et prenez-vous en charge pour préparer votre avenir», le Père Mate a livré un message vibrant.

«La paix est un chantier pour tous. Elle va de pair avec la justice. Là où les droits sont violés, la paix ne peut exister », a-t-il souligné.

Il a rappelé que la formation académique doit être accompagnée d’une culture de la paix et du dialogue, où chacun apprend à corriger ce qui n’a pas été bien maîtrisé, pour mieux grandir en humanité.

Deuxième conférence : Le témoignage du Bienheureux Floribert Bwana Chui Bin Kositi

Le second temps fort fut une catéchèse mémorable animée par Mgr Willy Ngumbi sur la vie du Bienheureux Floribert Bwana Chui Bin Kositi, jeune laïc de Goma, mort assassiné le 8 juillet 2007 pour avoir refusé la corruption.

Né le 13 juin 1981, Floribert travaillait à l’Office de Contrôle du Congo (OCC) comme commissaire aux avaries, responsable de contrôler les marchandises avariées.

Décrit comme un jeune homme pieux, honnête et courageux, il aurait refusé plusieurs sollicitations de commerçants cherchant à faire passer des produits impropres à la consommation.

C’est ce refus qui, selon les témoignages, aurait scellé son destin.

Floribert, tué pour avoir dit non

Les circonstances de sa mort demeurent douloureuses.

Le 7 juillet 2007, alors qu’il sortait d’un magasin à Birere, au centre-ville de Goma, Floribert reçoit un appel téléphonique et disparaît peu après. Son corps est retrouvé deux jours plus tard, sans vie, près de l’hôtel Karibu.

Selon Mgr Ngumbi, plusieurs hypothèses ont circulé sur les raisons de son assassinat : certains pensaient à un motif politique, d’autres à des représailles liées à son poste. Mais les analyses les plus sérieuses montrent que Floribert a été tué pour sa foi et pour son intégrité morale.

 «Il a résisté au mal, refusé les anti-valeurs, et défendu la vérité jusqu’au bout », a rappelé l’évêque de Goma.

Même les témoins de son enlèvement n’ont pas échappé au drame : l’homme qui l’aurait aperçu a été assassiné un mois plus tard, suivi d’un ami photographe le mois suivant — autant de signes que le combat de Floribert dérangeait.

Un exemple qui dépasse les frontières

Pour Mgr Ngumbi, l’héritage de Floribert dépasse la ville de Goma. Il s’agit d’un modèle pour toute la jeunesse congolaise, et plus particulièrement pour les fonctionnaires de l’État souvent tentés par la corruption.

 «Floribert n’est pas un héros local, mais un témoin universel de la foi. Sa dévotion éclaire le monde éducatif et professionnel », a déclaré le prélat.

Son message inspire désormais un changement de mentalité, une lutte contre le tribalisme, les divisions, et le goût du gain facile.

L’évêque a encouragé les étudiants à aimer le travail, à attendre patiemment ses fruits, et à rester fidèles aux valeurs morales malgré les difficultés.

« Faites votre métier avec art, précision, technique et abnégation. Soutenez vos parents qui se sacrifient pour votre avenir », a-t-il insisté.

 Une journée nationale contre la corruption

Fait marquant : le Gouvernement congolais a décrété le 8 juillet comme “Journée Floribert Bwana Chui Bin Kositi”, en mémoire de ce jeune martyr de la vérité.

Chaque année, cette date invite tous les Congolais à rejeter la corruption et à promouvoir l’intégrité dans leurs milieux de vie et de travail.

L’ISAM GOMA, un creuset de valeurs et d’espérance

En clôturant la messe inaugurale, Mgr Ngumbi a salué la mission éducative de l’ISAM Goma, «une institution qui forme non seulement les techniciens et ingénieurs de demain, mais aussi des artisans de paix et de justice ».

Il a encouragé les étudiants à s’inspirer du courage de Floribert Bwana Chui et de l’esprit de Mgr Munzihirwa pour devenir des acteurs de transformation sociale.

Rvd Sr Marie Louise ZAWADI SHAMABALE, PCA de l’ISAM GOMA

Cette journée marquante restera gravée dans la mémoire de l’institution comme un appel fort à la foi, à l’intégrité et à l’excellence; des valeurs qui, aujourd’hui, font bouillonner l’Afrique à partir d’un jeune homme de Goma qui a su dire non à l’injustice et à la corruption matérielle.

La Rédaction. 

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