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dimanche, mars 1News That Matters

RDC : Maillon faible des corridors sud faute de financement routier

Le développement des infrastructures de transport dans les corridors sud de la République démocratique du Congo (RDC), en particulier ceux de Lobito et de Banana, demeure un enjeu majeur pour l’intégration régionale. Ce sujet a occupé une place centrale lors de la dernière édition du salon Expo Béton, tenue à Lubumbashi, qui a réuni plusieurs dizaines d’acteurs des secteurs public, privé et partenaires techniques. Les participants ont insisté sur la nécessité urgente de renforcer les infrastructures routières, qui constituent un maillon stratégique pour la fluidité des échanges commerciaux.

Camion à défi de route délabrée, axe Masisi-Sud Kivu

Sur le corridor de Lobito, qui relie Kolwezi à la frontière angolaise, les conditions de circulation sont catastrophiques. « Pour parcourir les 440 kilomètres, cela peut prendre entre 15 et 30 jours ! Les camions se renversent, les marchandises sont perdues. Beaucoup de transporteurs se sont résolus à suspendre leurs activités sur ce tronçon », témoigne Donat Tshimboj, transporteur basé à Kolwezi. Ces difficultés illustrent le défi plus large du sous-développement du réseau routier national, qui compte environ 156 000 km, dont à peine 4 000 km sont asphaltés.

 

Un appel pressant à des partenariats public-privé.

Face à cette situation, les recommandations issues d’Expo Béton ont été claires : accélérer la mobilisation de financements à travers les partenariats public-privé (PPP). « Nous avons entendu des appels insistants pour renforcer la coopération entre les acteurs étatiques et le secteur privé afin d’investir dans les infrastructures stratégiques, en particulier les routes de desserte économique », souligne Jean Bamanisa, directeur du salon. Les corridors sud représentent un enjeu crucial pour désenclaver les provinces minières et faciliter les exportations régionales vers l’Angola et la Zambie.

Itinéraire routière. Image Sélection.

Le Foner en déficit chronique.

Malgré l’urgence, le principal organe de financement routier, le Fonds national d’entretien routier (Foner), peine à jouer son rôle. Selon son directeur général, Pierre Bundoki, l’institution fonctionne avec un déficit structurel important. Alimenté à 95 % par une redevance sur la consommation des produits pétroliers, le Foner fait face à des pertes massives dues à la fraude et au manque de transparence dans la chaîne logistique. En 2024, sur les 458 millions de dollars attendus, seuls 164 millions ont effectivement été collectés:

« Le premier niveau de fraude se situe à l’arrivée des produits dans les entrepôts : certains volumes n’y arrivent jamais, donc la redevance ne peut être perçue. Le deuxième niveau, c’est au moment de la sortie : tout n’est pas déclaré correctement », explique Pierre Bundoki. Pourtant, pour assurer un entretien régulier du réseau routier national, le Foner aurait besoin d’au moins 950 millions de dollars par an.

Un enjeu de souveraineté et d’intégration régionale.

Au-delà des pertes économiques directes, l’état actuel des routes pénalise la compétitivité de la RDC dans les échanges régionaux. Le pays risque d’être marginalisé dans les nouvelles dynamiques logistiques impulsées par des projets comme le corridor de Lobito, soutenu par les États-Unis et l’Union européenne, ou encore le développement du port en eaux profondes de Banana. Pour la RDC, investir dans ses routes ne relève plus du luxe, mais d’un impératif de souveraineté économique.

La Rédaction.

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