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jeudi, avril 16News That Matters

Edito: Voyage d’affaires, exil ou abandon ? Interpellation à la diaspora congolaise de France

Ils seraient près de 60 000 Congolais originaires de la République démocratique du Congo à vivre aujourd’hui en France, selon des estimations démographiques récentes. Soixante mille vies, soixante mille histoires, soixante mille départs. Mais derrière ce chiffre froid et mou se cache une réalité brûlante et écarlate: pourquoi sommes-nous partis, et surtout, qu’avons-nous laissé derrière nous ?

Pour les uns, le départ fut présenté comme un voyage d’affaires. Une opportunité, un détour provisoire, une quête de savoir, de stabilité ou de capital. Pour d’autres, il s’agissait d’une fuite, un exil imposé par la guerre, la peur, la persécution ou la misère. Et pour d’autres encore, le départ ressemble à un abandon silencieux de l’Afrique, une rupture assumée avec la terre natale, ses douleurs, mais aussi ses responsabilités.

L’artiste musicien ivoirien Tiken Jah Fakoly aurait-il de chanter: ….Nombreuses mères ne reverrint jamais leurs fils….

Pendant que les Congolais grandissent chez autrui, s’intègrent, réussissent parfois, fondent des familles et construisent ailleurs ce que le pays n’a pas su ou pas pu offrir, l’Est de la RDC brûle. Il brûle sous les feux des armes des FARDC contre les éléments du mouvement AFC/M23, des massacres répétés dans plusieurs zones, des villages vidés de leurs habitants, des femmes violées, des enfants enrôlés ou abandonnés à eux-mêmes. Il brûle dans une indifférence qui fait mal, y compris celle de ses propres fils et filles dispersés à travers le monde.

Les étrangers et expatriés regardent souvent ces drames comme des faits divers lointains, des chiffres dans des rapports humanitaires. Mais ce qui choque davantage, c’est le silence d’une partie de la diaspora congolaise, pourtant informée, connectée, influente. Un silence qui donne l’impression que l’on s’habitue à voir son peuple se mourir, pendant que l’on apprend à vivre ailleurs.

Cette interpellation n’est pas une condamnation. Elle est juste une question de conscience. Peut-on continuer à appeler le Congo « notre pays » tout en laissant d’autres décider de son sort ? Peut-on se dire exilé à jamais sans jamais s’exprimer, s’organiser, dénoncer, plaider, soutenir ? Peut-on réussir individuellement pendant que collectivement, la nation s’effondre ?

La diaspora congolaise de France représente une force intellectuelle, économique et médiatique immense. Se taire, c’est choisir. Regarder sans agir, c’est déjà abandonner. Le Congo n’a pas seulement besoin d’aide humanitaire : il a besoin de voix, de plaidoyers, de solidarité active et d’un lien vivant avec ceux qui sont partis.

Voyage d’affaires, exil ou abandon ?

L’histoire jugera. Mais aujourd’hui encore, il est temps de choisir de ne pas laisser le pays brûler dans l’indifférence, pendant que ses enfants apprennent à vivre loin de lui et parler soigneusement la langue d’autrui pour en être appelés francophiles. 

La Rédaction 

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