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jeudi, avril 16News That Matters

Goma : Un chauffeur et son convoyeur violemment fouettés pour non-respect des heures du Salongo

Goma, 21 novembre — Une scène de violence impliquant le Maire de la ville de Goma, Katembo Ndalieni Julien, suscite une vague d’indignation après la diffusion d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. On y voit l’autorité urbaine infliger de violents coups de fouet à un chauffeur de taxi-bus ainsi qu’à son convoyeur, les accusant d’avoir circulé au-delà de l’heure fixée pour les travaux communautaires obligatoires, communément appelés Salongo.

Le contexte : des mesures strictes sous les “Wakinanguvu”

Selon les directives imposées par les nouvelles autorités dites “les Wakinanguvu”, les travaux communautaires se tiennent chaque matin de 6h00 à 10h00, avec une période de tolérance permettant aux élèves de circuler entre 6h00 et 8h00 pour rejoindre les écoles.

Toute circulation non justifiée après 8h00 expose les conducteurs à des sanctions sévères. Dans le langage populaire, les habitants rappellent : « Dépasser ce temps, c’est toucher imprudemment à l’anus de la tortue », une manière de dire qu’on s’expose à de graves ennuis.

Des coups de fouet en pleine rue

Le 21 novembre, un taxi-bus transportant des passagers a été intercepté pour avoir dépassé l’heure limite. Le Maire, accompagné de ses agents, a infligé plus de trente coups de fouet au chauffeur et à son convoyeur, « pour recadrer leur cerveau », selon ses propres termes.

La vidéo montre le Maire frappant sans relâche, tel qu’on frapperait du bétail, la vache, au milieu des cris des témoins horrifiés. Le chauffeur, visiblement affaibli, a été ensuite conduit au cachot où, selon l’autorité urbaine, il passera « deux ou trois jours » avant d’être relâché.

Les justifications du Maire

Interrogé par le Média 7Sur7 Magazine après la controverse et arrivé au Bureau du quartier Ndosho, le Maire Katembo Ndalieni Julien reconnaît avoir administré «dix coups de fouet » — alors que les images montrent une séquence beaucoup plus longue — mais soutient qu’il s’agit d’une méthode pour faire respecter l’ordre, discipliner les chauffeurs et assurer la réussite du programme Salongo dans les entités sous contrôle.

Il insiste sur sa volonté de « rendre la ville propre » et d’imposer le respect des heures de travail communautaire.

Un acte jugé arbitraire et dangereux

Cette scène de châtiment corporel, infligé publiquement par une autorité civile, nourrit un débat sur l’usage excessif de la force, les dérives autoritaires et les risques mortels que peuvent représenter de telles sanctions.

Des voix s’élèvent pour dénoncer une méthode «d’un autre âge» qui met en danger la vie des citoyens, tout en rappelant que le maintien de l’ordre ne doit jamais se faire au mépris de la dignité humaine. 

La Rédaction

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