Nord-Kivu – Plus de soixante ans après l’indépendance, certaines traces de la colonisation belge demeurent visibles dans les paysages urbains et ruraux du Nord-Kivu. Dans la localité de Bingi, située dans la collectivité et chefferie de Batangi, territoire de Lubero, les maisons en tuiles, aujourd’hui devenues bicoques, héritées de l’époque coloniale, se dressent encore, défiant le temps et les changements du monde moderne.
Ces bâtiments, reconnaissables à leur architecture en tuiles, rappellent l’ère où la Belgique administrait la région. Autrefois utilisés comme bureaux administratifs, ils sont aujourd’hui habités par des familles ou occupés par des particuliers, souvent sans modification majeure. Pourtant, ailleurs, l’évolution architecturale mondiale a fait place à des constructions modernes, plus adaptées aux besoins et aux standards actuels.

Plusieurs facteurs expliquent cette absence d’évolution. En premier lieu, la crise sécuritaire persistante dans la région, marquée par des décennies de conflits armés, freine les investissements dans l’habitat. À cela s’ajoutent les difficultés économiques et humanitaires qui limitent la capacité des habitants à adopter de nouveaux modèles de construction.
Si autrefois l’État congolais portait un certain intérêt à ces édifices, leur entretien et leur valorisation semblent aujourd’hui relégués au second plan. Le pouvoir local comme national paraît moins préoccupé par la préservation ou la transformation de ces infrastructures, laissant ainsi un pas de l’histoire architecturale se dégrader lentement.
La question demeure : faut-il préserver ces maisons comme témoignage historique de la période coloniale, ou engager une transition vers un urbanisme moderne qui réponde aux réalités actuelles ? Dans un contexte où le monde évolue rapidement, la région se trouve face à un dilemme : conserver l’empreinte du passé ou bâtir l’avenir.
La Rédaction.