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MONUSCO : Un mandat de 25 ans sans paix durable dans l’Est de la RDC — Le départ de Bintou Keita relance le débat sur un échec prolongé

Depuis 1999, l’Est de la République démocratique du Congo n’a jamais connu la paix malgré la présence continue de la MONUSCO. Plus de deux décennies d’opérations, d’immenses moyens financiers et humains, mais le sang continue de couler jour après jour dans plusieurs villes et villages, les violences persistent et les populations restent abandonnées à une insécurité chronique.

C’est dans ce contexte d’échec persistant que Bintou Keita, bien qu’elle serait une femme battante,  quitté la RDC, le dimanche 30 novembre 2025, après près de cinq ans à la tête de la mission onusienne.

Son départ, anticipé de plusieurs mois et présenté par l’ONU comme une « décision personnelle », intervient au moment où la transition de la mission reste fragile et où les attentes de la population congolaise demeurent insatisfaites.

Nommée en février 2021, Bintou Keita a dirigé la MONUSCO dans l’une des périodes les plus tourmentées : retour du M23 qui s’est doublé  en AFC (Alliance Fleuve-Congo), montée de la contestation populaire dans toute la République Démocratique du Congo, pressions diplomatiques, retrait progressif exigé par Kinshasa, catastrophes humanitaires à répétition.

Malgré ses compétences diplomatiques et ses trente années d’expérience, son mandat n’a pas inversé la tendance visible: la situation sécuritaire s’est même aggravée dans plusieurs zones, alimentant la perception d’une mission inefficace depuis son implantation en RDC, moins encore « accusée de complicité ».

Dès les premières semaines de sa prise de fonction, l’ééruption volcanique du Nyiragongo est venue rappeler l’instabilité de la région. « Cette catastrophe naturelle était un signal fort d’instabilité ».

Sous sa coordination, des milliers d’employés de l’ONU ont été relocalisés, des axes ouverts et l’eau rétablie dans quelques zones. Mais ces interventions ponctuelles, bien que vitales, n’ont pas suffi à répondre aux enjeux sécuritaires plus profonds qui ravageaient le Kivu:

Devant l’arme, l’eau n’a rien à éteindre dans nos camps de déplacés.

Face au M23, elle a multiplié les démarches : présence sur le terrain, évacuations critiques, contacts ponctuels avec les rebelles, dénonciation des ingérences extérieures. Ses prises de position lui ont valu respect et hostilité. Cependant, malgré ces efforts, la réalité reste que le M23 a gagné du terrain, ce qui a renforcé l’idée que la MONUSCO, après tant d’années, n’a jamais su empêcher l’extension des groupes armés.

Sous sa direction, la mission s’est retirée du Kasaï, du Tanganyika et du Sud-Kivu. Elle martelait que «le départ de la MONUSCO ne signifie pas le départ de l’ONU». Mais pour les Congolais de l’Est, cette restructuration n’a pas changé l’essentiel : l’insécurité demeure, les massacres continuent, au Sud de Lubero et à Beni par exemple, et la paix promise depuis 1999 n’a jamais été réalisée.

Elle a aussi mené une lutte contre la désinformation et les violences visant les Casques bleus. Toutefois, ces actions n’ont pas apaisé la colère d’une population témoin des affres de guerre qui, depuis des années, ne voit que des bilans sanglants, des villages attaqués et des familles endeuillées, malgré la présence de la mission onusienne.

Son mandat a mis l’accent sur les femmes, les enfants et les initiatives communautaires, donnant à la mission une dimension plus humaine. Mais ces avancées sociales n’ont pas suffi à répondre au principal besoin : assurer la sécurité et protéger les civils, objectif que beaucoup estiment largement non atteint.

Alors que Bintou Keita se retire vers une nouvelle étape de sa carrière, la MONUSCO entre dans une phase de gestion intérimaire en attendant son successeur.

Elle laisse l’image d’une femme,  dirigeante engagée, mais également celle d’un symbole : celui d’une mission internationale qui, malgré les années, les moyens et les promesses, n’a pas réussi à ramener la paix dans une région meurtrie depuis plus de 30 ans.

La Rédaction 

Sources: Bertin K.Agence DIA CENCO, MONUSCO, RFI.fr

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