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jeudi, avril 16News That Matters

NORD KIVU: Tout savoir sur la tribu Yira ou Nande.

Les Yira, les Nande en République Démocratique du Congo. 

Le premier chef légendaire de l’Empire de Kitara était Ndahura, un roi appartenant à la dynastie des Bachwezi.

Qui était Ndahura ?

Il est considéré comme l’un des premiers souverains de l’Empire de Kitara, qui couvrait une grande partie de l’Afrique des Grands Lacs (Ouganda, Tanzanie, Rwanda, Burundi, et l’est de la RDC).

Il aurait régné au XIVe siècle et est souvent décrit comme un dirigeant sage et puissant.

Il aurait organisé l’administration du royaume et développé l’agriculture et l’élevage.

 L’Empire de Kitara et les Bachwezi

L’Empire de Kitara était l’un des plus grands royaumes de l’époque précoloniale en Afrique centrale et orientale.

Les Bachwezi sont considérés comme des êtres semi-divins dans la tradition orale, et leur règne a été suivi par la dynastie des Babiito, qui a donné naissance aux royaumes actuels comme le Bunyoro et le Toro en Ouganda.

 Après Ndahura, chef légendaire de Kitara.

Il aurait été succédé par son fils Wamara, qui fut le dernier grand roi Chwezi avant le déclin de Kitara.

Après la chute de l’empire, plusieurs groupes, dont les Nande (Yira), se seraient dispersés vers l’ouest, notamment au Nord-Kivu.

Origine des Nande (Yira)

Les Nande, aussi appelés Yira, sont un peuple bantou installé principalement dans le Grand Nord-Kivu (territoires de Beni et Lubero). Leur origine est marquée par une migration ancienne qui les relie aux peuples bantous de l’Afrique de l’Est et de la région des Grands Lacs.

Origine lointaine : Migration bantoue. 

Comme la majorité des peuples bantous, les Nande seraient issus de la grande migration bantoue, qui a commencé entre 2000 et 1500 av. J.-C. depuis l’Afrique de l’Ouest vers l’Afrique centrale et orientale.

Ces migrations étaient dues à la suite des guerres d’une part, à la recherche des pâturages d’une autre part.

Origine régionale : Influence du royaume du Kitara.

Plusieurs sources historiques et traditions orales indiquent que les Nande/Yira seraient issus du royaume du Kitara, un ancien empire bantou qui couvrait une partie de l’actuel Ouganda, Rwanda, Tanzanie et RDC.

Ce royaume était dominé par les Bachwezi, un peuple semi-légendaire qui aurait influencé plusieurs groupes ethniques de la région.

Avec la fragmentation du Kitara aux alentours du XVe siècle, plusieurs clans auraient migré vers l’ouest, donnant naissance aux Nande dans les montagnes du Ruwenzori et au nord du Kivu.m

Organisation sociale et migration vers le Nord-Kivu

Les Nande ont formé plusieurs chefferies (Rwenzururu, Bashu, Batangi, Banande, Bamate, Baswagha, Bambuba, Basukali, Batalinga, etc.) avec une organisation politique décentralisée.

Ils se sont établis principalement dans le Nord-Kivu, en cohabitant avec les Nyanga, Hunde et d’autres peuples locaux.

Certains groupes Yira ont aussi migré vers l’Ouganda, où ils sont connus sous le nom de Bakonzo.

 Influence culturelle et expansion

Les Nande sont connus pour leur organisation commerciale, notamment leur implication dans le commerce entre la RDC, l’Ouganda et le Rwanda.

Ils ont développé une forte culture agricole et un sens communautaire basé sur des clans et des lignages.

Le premier Mwami reconnu de la tribu Yira (Nande) est traditionnellement Mbusa Mukanda-Bantu.

Qui était Mbusa Mukanda-Bantu ?

Il est considéré comme l’ancêtre fondateur et le premier roi (Mwami) des Nande/Yira.

Selon la tradition orale, il aurait conduit les Yira dans leur migration depuis la région de l’Empire de Kitara (actuel Ouganda) vers les montagnes du Nord-Kivu.

Il a établi les premières structures politiques et sociales des Yira, en organisant les clans et chefferies.

Période et contexte

Son règne remonterait à une époque ancienne, probablement autour du XVe ou XVIe siècle, après la chute de Kitara.

Les Yira, alors en quête de nouveaux territoires, se seraient installés progressivement dans les hautes terres de Beni et Lubero.

Son rôle et son héritage

Il est considéré comme le fondateur de la structure monarchique des Yira, qui a donné naissance aux différentes chefferies actuelles (Bashu, Baswagha, Batangi, etc.).

Son nom est encore vénéré parmi les Nande, qui voient en lui le symbole de leur identité et unité.

La tribu Yira, également connue sous le nom de Nande, est un peuple bantou vivant principalement dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), notamment dans les territoires de Beni et Lubero, dans la province du Nord-Kivu. Son histoire est marquée par des dynamiques sociopolitiques, économiques et culturelles qui ont façonné son identité et son rôle en RDC.

Avant 1885, cette tribu fait partie de celles représentées au Kivu, au côté de Hunde, Nyanga, Kumu(Komo), Tembo, Havu, Twa(Pygmées).

Avant la colonisation, ces peuples avaient leurs propres systèmes politiques, parfois sous forme de royaumes ou de chefferies. Ils avaient aussi des relations commerciales et parfois conflictuelles entre eux.

 Période précoloniale (avant 1885) : L’essor du royaume Yira

Avant la Conférence de Berlin de 1885, qui a marqué le partage et la colonisation de l’Afrique par les puissances européennes, les Yira formaient un ensemble de clans dirigés par des chefs locaux (Bakulu b’Obwami). Ils étaient organisés en petites chefferies indépendantes, mais partageaient une langue (Kinande), des traditions culturelles et un système social basé sur le lignage matrilinéaire et l’agriculture.

Leur économie reposait sur :

L’agriculture : Production de bananes, haricots, maïs, patates douces, manioc et autres cultures vivrières.

L’élevage : Chèvres, moutons et volailles étaient couramment élevés.

La pêche : Essentiellement pratiquée dans les rivières et les lacs environnants.

Le commerce : Les Yira échangeaient du sel, des peaux d’animaux, du fer et d’autres biens avec les Hutu du Rwanda, les Hema et les Alur de l’Ituri, ainsi que d’autres peuples du bassin du Nil.

Les Yira étaient aussi réputés pour leurs connaissances en métallurgie et en médecine traditionnelle. Ils fabriquaient des outils agricoles et des armes en fer, et utilisaient des plantes médicinales pour soigner diverses maladies.

 Période coloniale (1885-1960) : Influence belge et résistances

Avec la colonisation belge après 1885, les Yira furent intégrés à l’État Indépendant du Congo (EIC) sous le règne de Léopold II, puis au Congo belge (1908-1960). Cette période marqua un tournant pour la société Yira.

 Administration coloniale et résistances

L’administration belge imposa un système de chefferies centralisées, parfois en contradiction avec les structures traditionnelles Yira. Certains chefs furent cooptés par le pouvoir colonial, tandis que d’autres s’y opposèrent.

Les Yira participèrent également à des mouvements de résistance, notamment contre le travail forcé et la répression coloniale. Certains groupes rejoignirent les rébellions contre les autorités coloniales dans les années 1920 et 1930.

 Impact économique et social

Travail forcé et migrations : De nombreux Yira furent contraints de travailler dans les plantations de café et les mines, notamment à Kilo-Moto en Ituri.

Christianisation et éducation : L’arrivée des missionnaires catholiques et protestants introduisit l’alphabétisation en Kinande et en français, mais aussi des transformations culturelles. Des livres furent traduits en Ki Nande, comme on peut lire la bible dans l’église catholique en diocèse de Butembo-Beni.

Expansion commerciale : Malgré la colonisation, les Yira développèrent un fort esprit entrepreneurial, notamment dans le commerce du café et d’autres produits agricoles.

Leur agriculture en grande échelle cause la déforestation sur des étendus des champs.

 Indépendance et après (1960-1994) : Affirmation politique et tensions

L’indépendance de la RDC en 1960 ouvrit une nouvelle ère pour les Yira, marquée par :

Une forte présence dans le commerce et l’administration.

Des tensions avec d’autres groupes ethniques, notamment les Hutu et les Hunde.

Des conflits fonciers exacerbés par la pression démographique.

Dans les années 1980-1990, le régime de Mobutu introduisit une politique de « zaïrianisation », perturbant l’économie des Yira qui s’étaient investis dans le commerce et l’exportation du café, puis du quinquina.

 Guerres du Congo (1994-2003) : Conflits et massacres observés

Après le génocide rwandais de 1994, l’est de la RDC fut envahi par des réfugiés et des groupes armés rwandais. Les Yira furent pris dans la tourmente des guerres du Congo (1996-2003), où leur territoire devint un champ de bataille entre :

Les forces de Laurent-Désiré Kabila,

Les rebelles du RCD soutenus par le Rwanda,

Les milices Maï-Maï et les groupes armés étrangers comme les ADF (Allied Democratic Forces).

Les massacres de Beni et Lubero se multiplièrent, ciblant souvent les populations Yira accusées tantôt de soutenir le gouvernement, tantôt les milices locales.

 Période contemporaine (2003-aujourd’hui) : Défis et résilience

Depuis la fin officielle des guerres du Congo en 2003, qui a connu, en République Démocratique du Congo le gouvernement 1+4, à citer Joseph KABILA KABANGE Hyppolite KANAMBE, les Yira continuent de faire face à des défis majeurs :

L’insécurité persistante

Les attaques des ADF et d’autres groupes armés dans la région de Beni causent des milliers de morts et des déplacements massifs de population.

Un dynamisme économique et éducatif.

Malgré ces crises, les Yira restent :

Des acteurs clés du commerce dans l’Est de la RDC, notamment à Beni, Butembo et Goma. Et dans les Provinces voisines, comme en Ituri, les Nande font leur expansion aussi commerciale que agricultrice.

Des investisseurs dans l’éducation, avec la création de nombreuses écoles et universités à travers l’Est du pays.

Une diaspora influente, en Afrique et en Occident, qui joue un rôle majeur dans l’économie locale. On signale les Nande en Chine, au Japon, en Australie, au Canada, et dans plusieurs pays d’Afrique.Après la fin des guerres du Congo en 2003, la région Yira reste instable à cause de la présence de groupes armés, notamment les Allied Democratic Forces (ADF), qui mènent des attaques dans la région de Beni. Ces attaques, souvent attribuées à des groupes terroristes, ont causé des milliers de morts et de déplacements.

Les tensions identitaires : Les Yira sont parfois accusés de vouloir un certain « indépendantisme » au sein du Kivu en général, ce qui alimente les tensions avec d’autres groupes ethniques.

Défis identitaires et politiques

Les Yira sont parfois accusés de vouloir une autonomie politique au sein du Kivu, ce qui alimente les tensions avec d’autres groupes ethniques. Les Hutu et les Tutsi venus du Rwanda à la recherche du pâturages et ayant profité de l’hospitalité des Yira croient fermement que cela est un problème des Yira.

L’histoire des Yira depuis 1885 est marquée par une résilience face aux défis : colonisation, conflits, insécurité et enjeux politiques. Malgré ces obstacles, ils ont su préserver leur culture, développer leur économie et renforcer leur influence en RDC.

Aujourd’hui, leur avenir dépend en grande partie de la stabilité politique et sécuritaire de l’est du Congo, ainsi que de la reconnaissance de leur rôle dans l’histoire et le développement du pays.

La Rédaction

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5 Comments

  • Les yira sont reconnus par un esprit d’ auto prise en charge en travers l’agriculture, l’élevage et le commerce. Ils parlent peu, mais travaillent beaucoup. L’insécurité de plus de 30ans, les multiples taxes illégales, les barrières multiples illégales pour le monnayage du peuple, le manque des routes modernes, les massacres, et la politique impactent négativement sur l’économie des yira. Il s’agit d’un peuple très décisive pour atteindre les résultats assignés

    • J-Rostand VUSANGI M,

      Merci beaucoup, Monsieur Jean Bosco. Votre commentaire et Visite de notre site nous rejoint. Nous vous en félicitons et vous encourageons d’apporter d’autres commentaires sur nos publications.
      Aussi, serons-nous toujours réceptifs à vos conseils.

    • J-Rostand VUSANGI M,

      𝗠𝗲𝗿𝗰𝗶 𝗱’𝗮𝘃𝗮𝗻𝗰𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗮𝘃𝗼𝗶𝗿 𝗰𝗼𝗻𝘀𝘂𝗹𝘁𝗲́

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