NOS ADRESSES ET CONTACTS

📍 Siège : RDC ; Ville de Goma ; Comme de Goma ; Q. Les Volcans ; Av. Nzumuka James, N°029

Vous ne trouvez pas ? Contactez-nous

jeudi, avril 16News That Matters

Sud-Kivu :La nature de Buhozi replonge dans l’angoisse après un nouvel effondrement du sol

Le village de Buhozi, dans le groupement de Mudusa, territoire de Kabare (Sud-Kivu) en RDC, vit un nouveau cauchemar géologique. Deux ans seulement après un premier effondrement dévastateur en avril 2024, le sol s’est de nouveau fissuré et effondré le 11 janvier 2026, détruisant des dizaines de maisons et forçant des familles à l’exil.

La Nouvelle Dynamique de la Société civile de Mudusa (NDSCI) alerte sur cette récidive et implore l’aide urgente des autorités de l’Etat et des humanitaires.

Du désastre de 2024 à l’effondrement surprise de 2026

En avril 2024, le sous-village de Cirhambi avait déjà été ravagé par un effondrement massif du sol, accompagné de fissures géantes qui avaient rendu le site inhabitable. Des maisons, toilettes et terrains cultivables s’étaient écroulés, poussant les habitants à fuir.

Malgré les avertissements, certains résidents avaient regagné la zone, estimant le danger passé. Mais le 11 janvier 2026, la nature a frappé à nouveau. Le sol s’est effondré sous leurs pieds, démolissant des habitations et contraignant les survivants à démolir eux-mêmes leurs maisons pour éviter le pire.

Selon la NDSCI Mudusa, plusieurs ménages sont sinistrés, des familles entières en exil, et le site est devenu un danger public.

« Le gouvernement sortant était informé : services compétents déployés, visite de Sa Majesté Mwami Kabare Désiré Rugemaninzi, du gouverneur et des experts de Lwiro. L’espoir était là, mais aucune aide concrète n’a suivi », déplore Elvis Cirimwami, président de la NDSCI Mudusa, dans un appel vibrant.

L’organisation exhorte le gouvernement en place, les ONG, les associations et les personnes de bonne volonté : « Ne laissez pas passer inaperçu comme en 2024 ! »

Un glissement de terrain actif, aggravé par l’homme

Toussaint Bibentyo, géologue et enseignant-chercheur à l’Université Officielle de Bukavu (UOB), a analysé le site avec les équipes du CIRiiNA-UOB et du CRCN de Lwiro. Son diagnostic est sans appel : il s’agit d’un glissement de terrain actif, en phase d’initiation et d’expansion.

S’agissant d’abord des facteurs naturels, il évoque la proximité de la rivière Kamagema et de la Ruzizi, les fortes précipitations ainsi que l’extension d’une zone instable déjà observée à Buhozi et à Lukula, du côté de la Ruzizi.

Par ailleurs, concernant les facteurs humains, il souligne le déboisement massif et l’urbanisation anarchique, qui fragilisent considérablement les sols.

« Nos projections de 2024 prévoyaient déjà une extension de plus de 25 mètres. Ce qui arrive aujourd’hui est l’évolution normale d’un glissement non stabilisé », explique le géologue.

Ces effondrements ont comme résultat 42 maisons touchées, des routes endommagées et des impacts négatifs sur la biodiversité locale. À cela s’ajoutent des conséquences humaines et sociales notables : familles sans toit, traumatismes profonds. Au-delà des pertes matérielles, c’est une véritable tragédie humaine. Des familles entières ont perdu leur logement et leurs moyens de subsistance.

« Derrière les maisons détruites, il y a des drames psychologiques et sociaux», insiste Toussaint Bibentyo.

Ainsi, les habitants fuient vers des sites d’accueil précaires, aggravant davantage la précarité dans une région déjà minée par l’insécurité.

Solutions urgentes: délocalisation et responsabilité collective

Face à cette situation, le géologue est catégorique: construire sur ce site est suicidaire. Il recommande donc la délocalisation immédiate des populations vers des zones stables, ainsi que la réalisation d’études géologiques systématiques avant toute implantation humaine.

Dans le même sens, la NDSCI Mudusa lance un appel à l’aide humanitaire d’urgence afin d’abriter, nourrir et soigner les sinistrés. Ce double effondrement à Buhozi n’est pas un accident isolé, mais bien un signal d’alarme pour l’ensemble du Sud-Kivu. Sans actions concrètes, d’autres villages pourraient suivre.

Le gouvernement congolais, en ces jours, doit ne ménager aucun effort pour répondre favorablement aux attentes de la population du coin.

La Rédaction 

Autres sources: Naturel.cd

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *