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jeudi, avril 16News That Matters

Tanzanie : une répression sanglante secoue le pays après des élections sans opposition

La Tanzanie est plongée dans une spirale de violences depuis le 29 octobre, date des élections présidentielle et législatives organisées en l’absence d’opposition. Les deux principaux adversaires de la présidente sortante, Samia Suluhu Hassan, ayant été soit emprisonnés, soit disqualifiés, le scrutin s’est transformé en affrontement entre un pouvoir accusé d’autoritarisme et une population frustrée. À Dar es Salaam, par exemple, capitale économique du pays, des tirs nourris ont été entendus alors que des manifestants incendiaient un commissariat. La contestation s’est rapidement étendue à d’autres régions, notamment à Mwanza, dans le nord du pays.

Selon le parti d’opposition Chadema, environ 700 personnes auraient péri dans ces affrontements, dont 350 à Dar es Salaam et plus de 200 à Mwanza, comme on peut lire dans Jeune Afrique. Ce bilan dramatique, jugé « plutôt crédible » par des sources diplomatiques et sécuritaires, illustre l’ampleur de la répression menée par les forces de l’ordre. Amnesty International dénonce un contrôle du narratif imposé par les autorités, qui auraient déployé des agents dans les hôpitaux pour empêcher toute divulgation du nombre réel de victimes. L’accès à Internet reste fortement restreint, rendant difficile la circulation de l’information et accentuant la peur au sein de la population.

Face à la montée de la contestation, le gouvernement justifie le blocage d’Internet par la volonté d’éviter la « propagation des rumeurs et du chaos ». Pendant ce temps, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits humains appelle les forces de sécurité tanzaniennes à la retenue et à ne pas recourir à une force disproportionnée. Malgré un confinement décrété à Dar es Salaam, des centaines de manifestants continuaient encore à marcher dans les rues ce vendredi, réclamant la fin des violences et la démission de la cheffe de l’État.

Samia Suluhu Hassan, qui avait succédé en 2021 à John Magufuli, est aujourd’hui la principale cible de la colère populaire. Louée à ses débuts pour son ouverture politique, elle est désormais accusée d’avoir instauré un régime de peur et de censure. Alors que la télévision nationale diffuse les premiers résultats donnant une large avance au parti au pouvoir, le CCM, les principaux médias locaux sont restés muets depuis plusieurs heures. Le silence de la présidente face à la crise actuelle renforce le sentiment d’injustice dans un pays où, selon plusieurs opposants, « il n’y a jamais eu d’élection crédible depuis 1995 ».

La Rédaction

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