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jeudi, avril 16News That Matters

MBULYE EN ZONE ROUGE: Imbroglio coutumier et menace rebelle; le gouverneur SOMO, appelé à la sagesse

Le groupement Mbulye, dans la chefferie des Batangi à l’ouest de Lubero, vit une double crise qui fragilise la cohésion locale et la crédibilité de l’État. Déjà partiellement occupé par l’Afc-M23, ce territoire est aujourd’hui secoué par une querelle coutumière relancée par une décision controversée du gouverneur militaire, le général-major Somo Kakule Evariste. Un choix administratif qui, loin de résoudre le litige, plonge l’entité dans une zone grise où l’autorité de l’État vacille.

Vue de loin de Mbulye

Depuis plusieurs années, deux prétendants se disputent le trône de Mbulye : Hangi Kalivolo Mukitswama II et Kambale Bulaya Gédéon. Ce dernier avait été confirmé chef coutumier par l’arrêté provincial N°01/303/CAB/GP-NK/2019, signé par l’ancien gouverneur Feller Lutaichirwa.

Mais, contre toute attente, une simple lettre officielle datée du 2 mai 2025, signée par le gouverneur Somo Kakule, ordonne la réhabilitation de M. Hangi Kalivolo, suivant l’avis de la Commission consultative et de règlement des conflits coutumiers (CCRCC).

Cette démarche interroge : en droit administratif, une lettre ne peut en aucun cas annuler un arrêté. Seul un nouvel arrêté aurait pu remettre en cause la décision antérieure. En agissant autrement, le gouvernorat ouvre la voie à des contestations et donne l’image d’une administration qui s’écarte de la légalité.

Pour plusieurs observateurs, cette entorse juridique est plus qu’une simple erreur : elle affaiblit la confiance dans les institutions, déjà minée par les tensions sécuritaires et les interférences politiques dans les affaires coutumières.

La confusion juridique à Mbulye dépasse le cadre d’un conflit de succession. Une partie du groupement est sous contrôle du M23, ce qui rend la situation explosive. Dans un tel contexte, chaque maladresse administrative devient une faille stratégique dont les rebelles peuvent se servir pour diviser les communautés et affaiblir davantage l’État.

La polémique pose une question centrale: le gouverneur Somo Kakule peut-il se permettre de fragiliser davantage l’autorité provinciale au moment où Lubero est sous double menace ?

Rectifier cette erreur par une procédure légale et transparente n’est plus une option, mais une nécessité. Faute de quoi, l’administration provinciale risque de perdre sa crédibilité dans l’arbitrage des conflits coutumiers et de compromettre la cohésion sociale face aux menaces armées.

À Mbulye, l’État joue sa légitimité. Entre rigueur juridique et survie institutionnelle, le gouverneur est désormais face à ses responsabilités.

La Rédaction

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