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lundi, mai 25News That Matters

Journée mondiale de l’Afrique, de l’OUA à l’Union Africaine, « La renaissance de l’Afrique passera par la prise en charge par les Africains eux-mêmes de leur destin. » Histoire et institutions

 25 mai 2026 : Journée mondiale de l’Afrique, de l’OUA à l’Union Africaine, « La renaissance de l’Afrique passera par la prise en charge par les Africains eux-mêmes de leur destin. » Histoire et institutions

Le 25 mai 1963, trente-deux chefs d’État africains se réunissent à Addis-Abeba, en Éthiopie, pour fonder l’Organisation de l’unité africaine (OUA).

Créée au lendemain des indépendances sous l’impulsion du panafricaniste ghanéen Kwame Nkrumah, la première institution continentale africaine a pour but de faciliter l’union et la solidarité entre pays africains pour parachever la décolonisation et se libérer du racisme de l’apartheid.

 Mais les manœuvres des puissances coloniales et les enjeux de la guerre froide accentuent les clivages entre les membres de l’OUA qui ne parvient pas à empêcher les conflits ni à révoquer les régimes dictatoriaux.

En 1999, les 53 chefs d’État de l’OUA signent la Déclaration de Syrte pour lancer le projet d’Union africaine.

Les objectifs de cette nouvelle structure sont de renforcer l’union politique et le développement socio-économique du continent, de promouvoir la démocratie et les droits humains, et de favoriser l’intégration de l’Afrique sur la scène internationale.

Quarante ans après la fondation de l’OUA, l’Union africaine est officiellement créée en 2002 à Durban, en Afrique du Sud. Depuis 2017, elle réunit l’ensemble des 55 pays africains.

LE CHEMIN VERS L’UA

Mue par le panafricanisme, la communauté d’États veut renforcer l’unité africaine et parachever la décolonisation du continent.

À peine créée, l’OUA soutient les mouvements de libération dans les colonies portugaises et fonde un « comité de libération » contre la suprématie de la minorité blanche en Namibie et en République d’Afrique du Sud.

Les trente-deux pays signataires de la Charte de l’OUA sont : l’Algérie, le Bénin, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, l’Éthiopie, le Gabon, le Ghana, la Guinée, le Kenya, le Liberia, la Libye, Madagascar, le Mali, le Maroc, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la République du Congo, le Rwanda, le Sénégal, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan, le Tchad, le Togo, la Tunisie et l’Ouganda. L’Afrique du Sud est exclue en raison de sa politique d’apartheid.

Quelques événements choisis

1964/ Adhésion du Malawi, de la Tanzanie et de la Zambie

L’OUA condamne les pays occidentaux fournisseurs d’armes à l’Afrique du Sud.

Six ans auparavant, une résolution contre l’apartheid avait été adoptée lors du sommet du Caire. Par la suite, l’organisation réaffirmera régulièrement son soutien à la lutte anti-apartheid. Mais bridée par sa politique de non-ingérence, elle ne pourra exercer d’action efficace permettant l’abolition du régime ségrégationniste.

En avril, au cours de son IIe sommet extraordinaire au Nigéria, l’OUA adopte le Plan d’action de Lagos (PAL).

Ce plan s’inscrit dans le cadre d’une politique visant à redynamiser le développement économique de l’Afrique.

 Il sera suivi d’autres mesures dont la Charte africaine d’Arusha pour la participation populaire et le développement en 1990, le Traité d’Abuja en 1991 instituant la Communauté économique africaine (CEA), et l’Agenda du Caire en 1994. L’échec de ces plans conduira à la création du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) en 2001.Cette année-là, le Zimbabwe intègre l’OUA.

L’OUA reconnaît la République arabe sahraouie démocratique créée par le Front Polisario.

Deux ans plus tard, ce nouveau pays membre, représenté par son chef d’État, siège à la conférence d’Addis-Abeba.

Le Maroc se retire de l’OUA en réaction à cette nouvelle adhésion, en raison du conflit qui oppose les deux pays au sujet du Sahara occidental.

Levée du drapeau du Front Polisario au Sahara occidental à l’occasion du cinquième anniversaire de la République arabe sahraouie démocratique, le 27 février 1981.

Le 7 avril 1994, un génocide contre les Tutsis démarre au Rwanda. Il entraîne la mort de près d’un million de personnes.

Un an plus tôt, au Caire, l’OUA condamnait la tentative de coup d’État au Burundi et l’assassinat du président Ndadaye qui a marqué le début d’une période de conflits interethniques causant plus de 150 000 morts.

Consciente que les guerres et instabilités politiques représentent un fléau et un véritable frein au développement de l’Afrique, l’OUA mettait alors en œuvre un « mécanisme de paix ».

Ces mesures se révéleront inefficaces face aux massacres qui se dérouleront au Rwanda pendant plus de trois mois.

1994 L’Afrique du Sud rejoint l’OUA

L’apartheid est aboli et Nelson Mandela, élu président depuis peu, représente son pays au cours du XXXe sommet à Tunis.

Nelson Mandela, le premier président noir de la République d’Afrique du Sud, est accueilli par le président tunisien Ben Ali, à l’aéroport de Tunis, le 12 juin 1994.

Le 9 septembre 1999, au cours de son IVe sommet extraordinaire, l’Organisation de l’unité africaine adopte la Déclaration de Syrte qui lance le projet de l’Union africaine.

Affiche du sommet de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) qui s’est tenu du 8 au 9 septembre 1999 à Syrte, en Libye.

Le 11 juillet 2000, l’Acte constitutif de l’Union africaine est signé à Lomé, au Togo.

Un an plus tard, le XXXV IIe et dernier sommet de l’OUA se tient à Lusaka, en Zambie. Une quarantaine de chefs d’État ratifient la transformation de l’organisation qui prendra le nom d’Union africaine.
La mise en place du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) se fait le 23 octobre 2001.

Le 12 juillet 2001, à l’issue du sommet de l’OUA, le président nigérien Ahmadou Tandja (à gauche) et le président tchadien Idriss Deby quittent Lusaka.

La première session inaugurale de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine se tient le 9 juillet 2002 à Durban, en Afrique du Sud.

Cette photo montre  le  logo du sommet de l’Union africaine (UA) le 9 juillet 2002 à Durban, en Afrique du Sud.

En juillet 2003, les institutions majeures de l’Union africaine – la Commission, le Parlement panafricain et le Conseil exécutif – sont mises en place au cours du sommet de Maputo.

Sur le modèle des Nations unies, l’UA se dote aussi d’un Conseil de paix et de sécurité (CPS), qui sera actif à partir de 2004, et envisage de mener des interventions militaires et des opérations de maintien de la paix en Afrique.

L’Ivoirien Amara Essy, président intérimaire de la Commission de l’Union africaine, ici en avril 2003, à Bujumbura, au Burundi.

2007 Au cours du IXe sommet de l’Union africaine à Accra, au Ghana, la création d’un gouvernement africain fait l’objet de débats houleux.

Le Sénégal et la Lybie prônent, sans succès, l’idée d’une Union politique africaine.

Élu président de l’UA en 2009, Mouammar Kadhafi défendra tout au long de son mandat sa vision des « États-Unis d’Afrique », sans réussir à concrétiser ce projet.

Le Soudan du Sud est officiellement reconnu comme un État et adhère à l’UA.

Le 16 juillet, Nkosazana Dlamini-Zuma, ministre de l’Intérieur sud-africaine, devient la première femme élue à la tête de la Commission de l’Union africaine.

La ministre sud-africaine de l’Intérieur Nkosazana Dlamini-Zuma (G), nouvellement élue et première femme à la tête de la Commission de l’Union africaine (UA), est félicitée par son prédécesseur, le Gabonais Jean Ping, le 16 juillet 2012 lors du 19e Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba.

Lors des cérémonies de son cinquantenaire, le 27 mai 2013, l’Union africaine annonce la création d’une force d’intervention rapide et prévoit de mettre en place la Capacité africaine de réponse immédiate aux crises (CARIC) au cours de l’année 2014, précédant la création de la Force africaine en attente, projetée pour 2015.

Les chefs d’État de l’Union africaine réunis à Addis-Abeba, le 27 janvier 2013.

Extrait du discours du président guinéen, Alpha Condé, prononcé à l’ouverture des cérémonies du cinquantenaire de l’OUA : « La renaissance de l’Afrique passera par la prise en charge par les Africains eux-mêmes de leur destin. » 

Au cours de l’année 2014, l’Union africaine intervient lors de deux graves crises qui ont frappé le continent.

Face à la flambée d’Ebola, l’Organisation panafricaine se mobilise tardivement, en septembre, alors que l’épidémie s’est déclarée depuis plusieurs mois déjà. Au Burkina Faso, l’Union africaine accompagne la transition politique du pays après la fuite du président Compaoré fin octobre.
Mais l’UA est critiquée pour son silence face aux dirigeants qui cherchent à modifier les Constitutions pour se maintenir au pouvoir.
Quelques mois plus tôt, en juin, lors du XXIIIe sommet de l’Union africaine en Guinée équatoriale, les débats avaient entériné et précisé la mise en place, en deux temps, de la future force africaine. Le 30 janvier 2014, le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz était élu à la présidence de l’Union africaine.

Les pressions de la rue ont précipité la chute du président burkinabè Blaise Compaoré, provoquant sa démission le 31 octobre 2014.

2015  Renforcement de la collaboration entre l’Union africaine et les Nations unies

Alors que l’Union africaine fait face aux nombreuses crises qui frappent le continent – Libye, région des Grands Lacs, Mali, Sahel, Soudan du Sud, Somalie, Darfour et Boko Haram –, la IXe réunion annuelle entre le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA et le Conseil de sécurité des Nations unies est l’occasion pour les deux institutions de discuter des moyens visant à renforcer leur partenariat pour consolider la paix et la sécurité en Afrique.L’année 2015 marque aussi le lancement de l’« Agenda 2063 », le plan d’action que se donne l’Union africaine d’ici au centenaire de sa création en matière de développement inclusif et durable.

Des enfants affluent pour récupérer les restes des largages de nourriture près du village de Nyal, dans l’État d’Unité, au Soudan du Sud, le 24 février 2015.

2017 : Signature d’un accord-cadre entre l’Union africaine et les Nations unies

En janvier 2017, le président de la Commission de l’Union africaine, le Tchadien Moussa Faki Mahamat signe, avec Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, un accord-cadre qui renforce la collaboration des deux institutions en matière de paix et de sécurité sur le continent africain. La question des financements des opérations conjointes reste cependant à finaliser.

Après trente-deux ans d’absence, le Maroc fait son retour au sein de l’Union africaine. Rabat avait quitté l’Organisation de l’unité africaine en 1984 en réaction à l’admission de la République arabe sahraouie démocratique avec laquelle il était en conflit au sujet du Sahara occidental.

Le roi du Maroc, Mohammed VI, à la tribune de l’Union africaine, le 31 janvier 2017

2018 Année de réformes au sein de l’Union africaine

Le chef de l’État rwandais Paul Kagame, qui assure la présidence tournante de l’UA, lance un vaste projet de réformes visant le fonctionnement de l’organisation panafricaine, notamment à travers la refonte de sa Commission ; la restructuration de son financement par le biais de mesures d’autofinancement mais aussi de plans de lutte contre la corruption. En mars 2018, quarante-quatre pays africains signent l’accord établissant la ZLEC, la zone de libre-échange continentale pour la création d’un marché commun de plus de 1,2 milliard d’habitants.

Le président rwandais Paul Kagame et président de l’Union africaine s’exprime lors de la XXXe session de l’Union africaine à Addis-Abeba, le 29 janvier 2018.

L’Union africaine face à la pandémie de Covid-19

L’Afrique a été plutôt épargnée lors de la première vague de Covid-19 en 2020, en grande partie grâce à l’anticipation du CDC (Centre de prévention et de contrôle des maladies de l’Union africaine). Anticipation attribuable à l’expérience acquise après l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest ainsi qu’à la mise en place d’une stratégie continentale conjointe.

 Mais les vagues suivantes frappent durement l’économie du continent qui peine à vacciner sa population, avec moins de 3 % totalement immunisée. L’Union africaine parvient à obtenir 270 millions de doses de vaccins en bénéficiant du dispositif Covax lancé par l’OMS.

 Dans un même temps l’Afrique du Sud, le pays du continent le plus touché par la pandémie, lance la construction de la première usine de fabrication d’un vaccin « africain pour l’Afrique et pour le monde entier ».

La compagnie ferroviaire sud-africaine Transnet a transformé le train en un centre de vaccination Covid-19 pour aider le gouvernement à accélérer le déploiement de la vaccination dans les communautés reculées du pays. Ici à la gare de Springs sur l’East Rand, en Afrique du Sud, le 30 août 2021.

2021-2022 : le Président Félix TSHISEKEDI de la RDC exerce un mandat d’un an à la tête de l’Union Africaine du 6 février 2021 au 5 février 2022. Il a succédé au Sud-Africain Cyril Ramaphosa et a été remplacé par le Sénégalais Macky Sall ( 2022-2023).

2023-2024 : Azali Assoumani ( Comores) et 2024-2025 ( Mohamed Ould Ghazouani ( Mauritanie), 2025-2026 ( Joao Lourenço/Angola) et depuis le 14 février 2026 le président Burundais Evariste Ndayishimiye.

Origine de la journée de l’Afrique

Cette journée commémore la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) le 25 mai 1963 à Addis-Abeba, en Éthiopie. Cette organisation, fondée par 32 États africains nouvellement indépendants, avait pour objectif de favoriser l’unité et la coopération entre les nations du continent, tout en soutenant les mouvements de libération contre le colonialisme et l’apartheid.

En 2002, l’OUA a été remplacée par l’Union africaine (UA), qui poursuit les mêmes objectifs en mettant davantage l’accent sur l’intégration économique et le développement durable. La journée mondiale de l’Afrique reste un symbole fort de l’unité africaine et de la volonté des États du continent de renforcer leur autonomie politique et économique.

Pourquoi cette journée ?

La célébration de cette journée vise plusieurs objectifs :

  • Promouvoir l’unité et la coopération entre les pays africains.
  • Sensibiliser aux défis du développement économique, de la paix et de la sécurité sur le continent.
  • Mettre en avant la richesse culturelle et patrimoniale de l’Afrique.
  • Encourager les échanges entre l’Afrique et le reste du monde pour renforcer les partenariats internationaux.
  • Soutenir les initiatives en faveur de la jeunesse africaine, de l’éducation et de l’innovation.

Chiffres clés et faits marquants

  • L’Union africaine compte aujourd’hui 55 États membres, couvrant l’ensemble du continent.
  • L’Afrique représente environ 1,4 milliard d’habitants en 2024, soit près de 17 % de la population mondiale.
  • Le continent africain possède 30 % des ressources minérales mondiales et 60 % des terres arables non exploitées.
  • En 2018, l’Accord de libre-échange continental africain (ZLECAf) a été signé, visant à créer un marché unique pour stimuler le commerce intra-africain.
  • De nombreux pays africains affichent une croissance économique soutenue, avec un PIB en hausse et une émergence de pôles technologiques et industriels.

Chaque année, la Journée mondiale de l’Afrique est célébrée à travers diverses initiatives :

  • Conférences et forums : débats sur les enjeux politiques, économiques et sociaux du continent.
  • Événements culturels : expositions, concerts, projections de films et festivals mettant en avant la diversité culturelle africaine.
  • Rencontres diplomatiques : réunions entre chefs d’État et représentants d’organisations internationales pour renforcer la coopération.
  • Initiatives éducatives : programmes de sensibilisation dans les écoles et universités pour mieux faire connaître l’histoire et les perspectives du continent.
  • Mobilisation de la diaspora : événements organisés par les communautés africaines à travers le monde pour promouvoir les liens avec leur pays d’origine.

Cette journée est un moment clé pour célébrer les avancées du continent, tout en rappelant les défis à relever pour un avenir plus prospère et solidaire.

Contexte

Le premier congrès des États africains indépendants se tenait à Accra, au Ghana, le 15 avril 1958. Il est convoqué par le premier ministre du Ghana, Kwame Nkrumah, et y figurent une délégation de l’Égypte (à l’époque partie constituante de la République arabe unie), de l’Éthiopie, du Ghana, du Liberia, de la Libye, du Maroc, du Soudan, de la Tunisie et de l’Union des populations du Cameroun.

L’Union d’Afrique du Sud n’est pas invitée. La conférence présente les progrès des mouvements de libération du continent en tant que symboles de la détermination des peuples d’Afrique à se libérer de la domination et de l’exploitation étrangère. Quoique le Congrès panafricain eut œuvré à des fins similaires depuis sa fondation en 1900, c’est la première fois qu’une telle réunion est organisée sur le sol africain.

La conférence appelle à la création d’une « journée africaine de la liberté », un jour pour « marquer chaque année le progrès du mouvement de libération et pour symboliser la détermination des peuples d’Afrique à se libérer eux-mêmes de la domination et de l’exploitation étrangère »

La conférence préfigure les réunions ultérieures des chefs d’État et de gouvernement africains, celles du « groupe de Casablanca » et du « groupe de Monrovia », qui précèderont la création de l’OUA en 1963.

Tiré de Chronique de l’Agence catholique de presse DIA-CENCO

Sources : Site UA

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