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lundi, mai 25News That Matters

Homélie de la solennité de la Pentecôte

Ma nouvelle nomination dans la paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya me donne une occasion de recherche. Avec le Pape François qui exhortait que les homélies soient courtes au maximum 10 minutes, alors comme prêtre de 24 ans, proche de mon jubilé d’argent (25 ans) d’ordination sacerdotale, je peux proposer aux confrères et à d’autres chrétiens de prendre l’essentiel.

Homélie de la solennité de la Pentecôte

Chers frères et sœurs, aujourd’hui c’est la solennité de la Pentecôte, 50 jours après Pâques, une grande fête au cours de laquelle on commémore le don de l’Esprit Saint, qui vient assainir la confusion de Babel. En Jésus, qui a souffert, mort, ressuscité et monté au ciel. C’est maintenant que les peuples arrivent à nouveau à se comprendre dans l’unique langue, celle de l’amour. (Ordo pour les diocèses de la RDC, 2025-2026, p.172). C’est la fin du temps pascal. Le prêtre renvoie l’assemblée avec la double alléluia (Allez dans la paix du Christ alléluia, alléluia).

Bref, le temps pascal atteint sa plénitude en révélant la face cachée qu’est le temps de l’Esprit (Jn 7,39). La pentecôte est une solennité aux multiples aspects : c’est la réplique du Sinaï par le don de la Loi ; c’est l’Eglise l’anti-Babel ; c’est l’effusion de l’Esprit, gage du renouveau pour le monde.

Dans la 1ère lecture (Ac 2,1-11), il s’agit du récit de l’événement de la Pentecôte. Les Apôtres étaient enfermés dans une maison « Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d’eux ». C’est exactement le jour du don de l’Esprit Saint. Les Apôtres avaient conscience de vivre un nouveau Sinaï : des bouleversements cosmiques, le discours de Pierre rappelle les dix paroles de la Loi, l’Alliance entre Dieu et Israël trouve sa contrepartie dans le baptême qui inaugure l’Eglise. La Pentecôte est ainsi la fête anniversaire de l’Eglise qui, née autour des Apôtres sous la mouvance de l’Esprit Saint. L’Eglise est née dans la diversité des langues. « Comment se fait-il que chacun de nous, les entende dans sa langue maternelle ? ». Personne ne peut se croire supérieur à l’autre.

Le psaume responsorial (Ps 103), qui a pour refrain : « O Seigneur envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre » ; les Juifs chantaient l’Esprit de Dieu, expression de son dynamisme, source de la vie de la nature. Pour le chrétien, cet Esprit est source d’une véritable re-création. L’Esprit bouleverse le cœur de l’homme, il redonne son orientation à un monde qui reflète la gloire divine.

 Dans la 2e lecture (1Co 12,3-7.12-13), Paul rappelle que les dons n’ont de sens que dans la mesure où ils aident une communauté à se reconstruire dans l’amour. En fait, les Corinthiens étaient tentés d’attribuer une importance excessive à certains dons extraordinaires. Ici chez nous, le don de guérison est mis en valeur par rapport à d’autres. Pourtant la diversité des rôles n’autorise personne à se penser plus supérieur aux autres. Chacun a sa place irremplaçable dans un tout unifié par l’Esprit. Celui-ci qui se manifeste de façon particulière en chacun. Il tend à réunir tous les hommes dans l’amour.

Les charismes que nous avons c’est pour le bien de tous. « Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous ». Travaillons pour l’unité de l’Eglise dans tout ce que nous faisons.

Dans l’Evangile (Jn 20,19-23), après la mort de Jésus, les disciples avaient peur. C’est pourquoi ils fermaient les portes. Jésus vint au milieu d’eux leur donne la paix et répandit sur eux le souffle de l’Esprit Saint. Il leur donna le pouvoir des clés : « Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus ». C’est ici l’origine du sacrement de confession.

Par le don de l’Esprit l’Eucharistie devient pour nous ‘’corps et sang du Christ’’. De façon naturelle, l’Eucharistie n’est qu’un simple partage du pain et du vin. C’est la présence de l’Esprit Saint qui donne à ce partage une nouvelle dimension. Il devient participation à l’échange d’amour propre de Dieu. En célébrant la messe, nous prenons conscience de l’importance de notre appel à l’Esprit. C’est lui qui donne son sens au pain et au vin comme corps et sans de Christ. C’est un mouvement d’action de grâce qui fut celui de Jésus. Avons-nous ce sens se l’Eucharistie ? A l’église malgré la présence nous faisons beaucoup de bruits, même ceux qui sont proches de l’autel.

Au cours de cette Eucharistie où nous célébrons le temps de l’Esprit soyons attentifs aux sacrements et surtout à ce qu’ils signifient. Fréquentons le confessionnal, car c’est là que nous sommes guéris afin de vivre l’anti-Babel grâce à l’Esprit Saint. Le siècle que nous vivons est devenu un grand désordre mondial par les guerres impopulaires. Que l’Esprit de Pentecôte nous éclaire afin de vivre l’unité dans la diversité. Que la Très Saint Vierge Marie qui était là le Jour de la Pentecôte intercède pour nous. La dernière semaine du mois marial soutenons la Radio Maria à travers le Mariathon. Dans notre rosaire n’oublions pas les malades atteintes par la maladie à virus Ebola. Observons les mesures barrières et que Dieu vous bénisse. Amen.

Abbé Eugène HALERIMANA BAZIMENYERA

Paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kanyaruchinya

Nyiragongo, le 24 mai 2026

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